La promotion du mécénat pour sauver le patrimoine wallon
- Session : 2025-2026
- Année : 2025
- N° : 13 (2025-2026) 1
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Question écrite du 09/09/2025
- de MAILLEN Vincent
- à LESCRENIER Valérie, Ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Petite enfance
La situation de l'abbaye du Val-Dieu illustre avec force les défis auxquels sont confrontés de nombreux gestionnaires de sites patrimoniaux en Wallonie. Malgré les subsides régionaux, les besoins en rénovation dépassent largement les moyens disponibles, et les charges d'entretien courant pèsent lourdement sur les structures gestionnaires.
Dans ce contexte, la volonté de Mme la Ministre d'encourager les mécanismes de financement public-privé, et notamment le recours au mécénat, apparaît comme une orientation pertinente et nécessaire. L'exemple de la campagne de levée de fonds lancée par l'abbaye du Val-Dieu, en partenariat avec la Fondation Roi Baudouin, montre qu'il existe un réel potentiel à mobiliser les acteurs privés autour de la sauvegarde du patrimoine.
Quelles actions concrètes envisage Mme la Ministre pour structurer et promouvoir le mécénat en faveur du patrimoine classé en Wallonie ?
Des incitants fiscaux ou des dispositifs de reconnaissance publique sont-ils à l'étude pour encourager les entreprises à s'engager dans cette voie ?
Réponse du 23/09/2025
La diversification du financement de la restauration du patrimoine est à elle seule un vaste chantier auquel je veux m’atteler sur la législature, conformément aux objectifs fixés dans la Déclaration de politique régionale (DPR).
Les efforts de la Région pour financer les travaux dans le secteur sont permanents. Depuis de nombreuses années, des initiatives telles que les accords-cadres, l’appel à projets du Plan de relance, et cetera permettent d’entrevoir des issues positives à des monuments en attente de restauration, parfois depuis des dizaines d’années. Cependant, avec plusieurs milliers de monuments classés en Wallonie, l’enjeu budgétaire reste un défi en ces temps où des efforts doivent être consentis à tous les niveaux. Je vais donc m’attacher à susciter de nouveaux modes de financement alternatif de la restauration du patrimoine dans laquelle l’apport privé aura sa place.
Parmi les outils de cette diversification, le mécénat est en effet une piste. Que ce soit le mécénat d’entreprise ou le mécénat des particuliers, il peut venir compléter le financement d’un projet, mais il est rarement, à lui tout seul, la solution pour initier la restauration d’un monument. Je constate en effet que des exemples de campagne de mécénat ont porté leurs fruits, certes, mais souvent modestement et plus rarement de manière conséquente. Il faut généralement qu’un projet soit bien avancé dans sa conception et soutenu par des acteurs très investis sur la durée pour parvenir à réunir suffisamment d’argent pour amorcer des travaux. À mon niveau, et avec le soutien de partenaires tels l’ASBL Prométhéa, je dois veiller à ce que les procédures soient rapides, mais aussi à maintenir la part du financement public pour donner confiance aux acteurs qui s’engageraient à compléter celui-ci par du mécénat.
Pour donner une nouvelle dimension au mécénat, il faudrait sans doute adopter des mesures fiscales spécifiques pour renforcer le mécénat d’entreprise. L’heure n’étant pas à créer de nouvelles niches fiscales, il me semble nécessaire d’explorer d’autres pistes orientées vers l’investissement et les partenariats publics-privés. C’est ce que je vais m’attacher à faire en relançant l’alliance Patrimoine-Emploi, dont un des axes majeurs sera celui du financement alternatif.