Le phénomène des coulées de boues et de ruissellement en zones agricoles

  • Session : 2012-2013
  • Année : 2012
  • N° : 29 (2012-2013) 1

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  • Question écrite du 10/10/2012
    • de HOUDART Catherine
    • à DI ANTONIO Carlo, Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine

    En juin dernier, de nombreuses coulées de boues et ruissellements de terrain se sont produites en raison des fortes précipitations et orages qui se sont abattus en zones rurales ou semi-rurales wallonnes. J'ai pu constater pas mal de dégâts dans certaines communes du grand Mons, mais je sais que ce cas de figure s'est présenté dans de nombreux autres endroits en Wallonie.

    Il y aura bientôt dix ans que la Région wallonne a mis en place le plan « P.l.u.i.e.s. » pour améliorer la connaissance des risques d'inondations, la gestion des catastrophes et diminuer la vulnérabilité des zones inondables. Nous savons qu'en matière de mesures agro-environnementales, pour réduire les risques de coulées de boue ou de ruissellements, des solutions existent mais ne sont pas forcément transposables d'un endroit à l'autre.

    Bien entendu nous savons que le labour des champs peut contribuer, dans des cas fréquents, à l'érosion et au ruissellement des sols. Les experts en la matière proposent d'ailleurs plusieurs solutions à cela, comme la diversification des types de culture ou le réaménagement des fossés le long des champs.

    Dans ce domaine, je voudrais savoir quels sont les moyens utilisés par l'administration de Monsieur le Ministre pour sensibiliser les agriculteurs à ce type de pratique ? Et d'une façon plus générale, comment envisage-t-il, suite aux précipitations de cet été et aux préjudices causés à de nombreux habitants dans les zones rurales ou semi-rurales, prendre des mesures, en matière d'agriculture et de travaux, pour tenter de remédier à ces inconvénients ?

    Je me demandais également quel est le rôle, pour cette problématique, de la cellule Gestion intégrée sol, érosion, ruissellement (GISER), qui a été initiée en 2011, en partenariat avec l'Université de Liège- Gembloux Agro-Bio Tech et l'Université catholique de Louvain ? Puisque, rappelons-le, cette cellule a pour objectif de sensibiliser et de proposer un appui aux communes et aux agriculteurs afin de réduire l'érosion des sols et les inondations par ruissellement.

    Enfin, je voudrais savoir si les communes wallonnes peuvent bénéficier de subsides dans le cas où elles mettent en place des initiatives destinées à promouvoir la protection contre l'érosion des terres agricoles ? Et si oui, que couvriraient ces subsides ?
  • Réponse du 30/10/2012
    • de DI ANTONIO Carlo

    La première information vers le milieu agricole se fait par la déclaration de superficie agricole. La notice qui accompagne cette déclaration détaille les normes érosions à respecter : interdiction de culture de plantes sarclées (sauf si l’exploitant implante une bande enherbée en bas de la parcelle à risque) et couverture obligatoire du sol durant l’interculture.

    Depuis cette année, chaque agriculteur reçoit de mon administration, un plan spécifique informatif (PSI) indiquant pour chacune de ses parcelles, celles qui sont en risque « érosif » et quelle partie de parcelle est visée. Un non respect des ces obligations entraîne une réduction des aides agricoles.

    En matière de sensibilisation pour les agriculteurs mais aussi les communes des colloques et visites de terrain sont organisés dans les zones agricoles sensibles. Par ailleurs, de nombreux contacts et séances d’informations ont été organisés (contrats Rivière, les conseillers MAE, certaines intercommunales (diverses associations comme par exemple Inter-Environnement Wallonie).

    Avant de limiter les dégâts, il convient d’empêcher l’érosion. La première mesure à prendre est de développer des pratiques agricoles qui permettent de maintenir la terre dans les parcelles.

    Dans ce cadre, mon prédécesseur et moi-même soutenons des projets qui visent à développer de nouvelles pratiques. Un bel exemple est le projet « interbuttes » en culture de pommes de terre. Ce projet initié en 2007 en collaboration avec les acteurs de terrain comme la FIWAP a donné des résultats très encourageants, avec une réduction de l’érosion de plus de 90% dans certaines situations et ce, sans diminution de la qualité de la récolte.

    Pour réduire les dégâts, des actions sont donc menées tant en amont pour réduire l’érosion sur la zone agricole via l’adoption de meilleures pratiques, qu’en aval par le stockage et la gestion des eaux de ruissellement.

    En amont, les pratiques recommandées sont : la gestion des assolements pour limiter annuellement les surfaces en cultures à risque, le travail du sol, les bandes enherbées, les fascines (branchages, paille), etc.

    En aval, mon administration met en place depuis de nombreuses années des bassins d’orage et des zones d’immersion temporaire.

    Dans le cadre des périmètres de remembrement, en collaboration avec les communes et les agriculteurs concernés, des dispositifs pilotes plus légers tels que fascines de paille, digues en terre en bas de parcelles ou bandes d’herbe ou de céréales pour couper de grands blocs de parcelles, sont actuellement testés avec succès.

    La cellule GISER (Gestion Intégrée Sol Erosion Ruissellement) a été initiée par mon prédécesseur pour répondre à cette problématique de l’érosion.

    Elle s’adresse tout particulièrement aux communes et travaille en collaboration avec les agriculteurs. Son rôle consiste à émettre des avis techniques, à définir des méthodes de Gestion intégrée Sol-Erosion-Ruissellement, à proposer des aménagements anti-érosifs, à accompagner leur mise en œuvre, et à améliorer par son volet « Recherche » les connaissances sur les phénomènes érosifs en Wallonie.

    Depuis 2009, ce sont 59 communes qui ont fait appel aux services de la cellule GISER suite à des problèmes d’inondations par ruissellement et coulées boueuses.

    Par ailleurs, les communes peuvent bénéficier de subsides via un arrêté du Gouvernement wallon du 18 janvier 2007. En fonction des projets, la subvention varie de 60 à 80 % du montant des travaux.