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La valorisation de la viande porcine bio

  • Session : 2018-2019
  • Année : 2018
  • N° : 111 (2018-2019) 1
  • Question écrite du 05/12/2018
    • de STOFFELS Edmund
    • à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région
    La mise sur pied d’une filière intégrant tous les maillons de la chaîne de production de viande de porc est actuellement en négociation. Celle-ci est menée par plusieurs acteurs du monde bio.

    Le but est de donner une plus grande visibilité à une production différenciée, mais également de valoriser la production sur un marché où 50 % de la viande provient de l’importation.

    En effet, une filière incorporant les éleveurs, les transformateurs et les vendeurs permettrait de garantir un approvisionnement traçable, continu et garanti au secteur de la viande.
    Les grandes enseignes étendent leur offre de produits bio.

    Aujourd’hui, un porc sur deux, bio ou non, vendu en Belgique provient de l’importation. La pression sur les prix ne permet pas aux éleveurs d’être rétribués au prix juste.

    Selon le patron de la Färm : « Mettre en place une vraie filière prend du temps, notre problème actuellement est qu’il manque un acteur de transformation afin de valoriser la production. Nous n’avons pas d’atelier de transformation suffisamment transparent et maîtrisé par les éleveurs pour que la filière puisse voir le jour aujourd’hui. »

    Le Gouvernement wallon peut-il venir en aide aux producteurs afin de mettre en place une filière transparente et intégrée depuis la production jusqu’à la vente ?

    J’estime que les producteurs méritent d’être aidés, faute de quoi il sera difficile pour eux de négocier d’égal à égal avec la grande distribution.
  • Réponse du 19/12/2018
    • de COLLIN René
    La filière porcine wallonne se redynamise effectivement ces dernières années après avoir connu un léger recul depuis 2010. La filière bio wallonne comptait 57 éleveurs de porcs bio en mai 2018. Ceci représente environ 2% de l’ensemble des porcs en Wallonie. Il est vrai que la plupart des filières de commercialisation sont toujours importatrices de porcs bio provenant d’autres États membres de l’Union européenne (Pays-Bas principalement, Allemagne et Luxembourg). Le secteur bio wallon importe en moyenne pour l’ensemble des filières un tiers des porcs abattus. La demande du marché bio est à la hausse et la production actuelle ne permet pas d’y répondre, d’où le recours aux importations.

    Le développement de la filière porcine bio est donc un enjeu stratégique important pour la Wallonie et pour le secteur bio. Plusieurs acteurs sont soutenus pour progresser dans cet objectif.

    Premièrement, j’ai accordé à l’Union Nationale des Agrobiologistes belges (UNAB) dès 2016 une double subvention visant d’une part à redynamiser la filière du porc bio en Wallonie par le biais de la création d’un Groupement de Producteurs et d’autre part pour développer ce « Groupement de producteurs (GP) Porcs Bio » selon 4 axes principaux : la formation, la planification, la commercialisation et la communication. En 2017, le « GP Porcs Bio » de l’UNAB s’est allié avec la coopérative d’alimentation Bio Färm dans l’objectif de construire une filière de production et de distribution de porc bio wallon équitable. La capacité du « GP Porcs Bio » est aujourd’hui de 25 à 30 porcs/semaine et ils pourraient atteindre 50 porcs/semaine.

    Cependant, il ne faut pas cacher les difficultés que rencontrent les démarches de valorisation aujourd’hui. Suite à la crise VEVIBA, tous les ateliers de découpe et de transformation bio de dimension intermédiaire, qui pouvaient travailler avec les volumes adaptés à la filière, sont en exploitation maximale. De plus, compte tenu du contexte lié à la peste porcine africaine, les producteurs ne souhaitent pas se lancer actuellement dans un projet de vente au détail et préfèrent maintenir leur fonctionnement actuel avec la vente de carcasses ou de demi-carcasses. Dans le but de renforcer le secteur, j’ai attribué des moyens supplémentaires à l’Association wallonne de l’élevage (AWE) afin d’engager un conseiller supplémentaire pour assurer un encadrement technique des producteurs de porcs de qualité différenciée, notamment de porcs bio.

    D’autre part, outre les coopératives Porc Qualité Ardenne (PQA) et Coprobio qui semblent bien se développer, j’ai bon espoir que des projets de halls-relais agricoles impliquant des producteurs de porcs bio soient sélectionnés dans le cadre de l’appel à projet actuellement en cours et puissent se mettre en œuvre en Wallonie.