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Le développement de la filière ovine en Wallonie

  • Session : 2018-2019
  • Année : 2019
  • N° : 135 (2018-2019) 1
  • Question écrite du 20/12/2018
    • de PREVOT Patrick
    • à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région
    Seuls 13 % de la production ovine consommée en Wallonie viendrait de l’agriculture locale. Il manquerait en effet de nombreux éleveurs de brebis et moutons en Wallonie. La Région wallonne a donc décidé de débloquer 1 300 000 euros pour inciter les agriculteurs à se lancer dans cette filière ovine porteuse d'avenir.

    Comment sera répartie cette enveloppe de 1 300 000 euros ?

    Qu’est-ce qui explique le peu d’élevage wallon actuellement ?

    Comment Monsieur le Ministre compte-t-il y remédier concrètement ?

    Quels sont les objectifs fixés et avec quelles échéances ?
  • Réponse du 10/01/2019
    • de COLLIN René
    La faiblesse de la production ovine en Wallonie s’explique avant tout par l’abandon de la spéculation au sein de notre paysage agricole depuis la fin du 19e siècle. L’élevage ovin a fortement décliné en Wallonie, entre autres suite à son image dépréciée en comparaison à celle du bovin : le mouton était alors considéré comme « vache du pauvre ». Ce manque de considération reste encore aujourd’hui marqué. Il est donc important de pouvoir mettre en avant le potentiel d’agriculture écologiquement intensive que représente la spéculation ovine aujourd’hui.

    C’est ainsi qu’une des actions du Plan stratégique de développement du secteur porte sur le maintien et le renforcement de la formation professionnelle, mais aussi sur la sensibilisation de l’ensemble du monde agricole à cette spéculation, et ce dès l’enseignement agricole secondaire. Un quart de l’enveloppe allouée au cours de ces 10 prochaines années concernera cet axe.

    Le développement et la professionnalisation du secteur doivent également pouvoir s’appuyer sur un encadrement technique de qualité. Les compétences techniques de l’éleveur influencent directement son revenu disponible. Enfin, une technicité élevée ainsi qu’un accès facilité aux techniques modernes d’élevage participeront à revaloriser l’image de la spéculation auprès du monde agricole, mais également auprès de l’aval de la filière. Une des actions majeures du Plan stratégique sera le renforcement de l’encadrement technique.

    Enfin, le problème principal rencontré par la filière actuelle n’est pas la demande, mais bien le manque d’offres et de structuration de celle-ci. Le maintien, voire le renforcement du développement de la spéculation ovine, nécessite d’être accompagnés de perspectives de marché. Certaines actions du Plan stratégique visent donc à améliorer cette rencontre entre l’offre et la demande, telles que le soutien à la mise en place de Groupements de producteurs ou le renforcement d’actions de promotion ciblées.

    Ces actions, déjà largement initiées par les acteurs du secteur, seront progressivement renforcées dès cette année 2019.

    Les objectifs fixés par le Plan stratégique sont avant tout un maintien de la dynamique de développement observée au cours des dernières années, couplé à une redirection de l’offre vers le marché wallon (abattages et valorisation en Wallonie). Plus précisément, ces objectifs portant sur 10 ans sont :
    - +200 % d’éleveurs ovins professionnels - soit environ 30 nouveaux installés annuellement - (soit maintien de la dynamique d'installation observée entre 2010 et 2015) ;
    - +130 % de taille moyenne du cheptel ovin professionnel - soit une taille moyenne de cheptel de 115 brebis - (soit une dynamique de progression inférieure à celle observée entre 2010 et 2015) ;
    - 55 % des ovins wallons abattus en Wallonie (contre 20 % en 2015) ;
    - 50 % de la production issue des troupeaux professionnels distribuée en boucheries indépendantes.

    Ainsi, à l’horizon 2029, la Wallonie espère pouvoir viser un taux d'autoapprovisionnement de 35 % en viande ovine et de 20 % en lait de brebis.