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Les difficultés rencontrées par les producteurs de pommes et de poires

  • Session : 2018-2019
  • Année : 2019
  • N° : 142 (2018-2019) 1
  • Question écrite du 09/01/2019
    • de MOUYARD Gilles
    • à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région
    Le 23 octobre dernier lors de l’assemblée générale du Collège des producteurs, les producteurs fruitiers se sont manifestés pour faire entendre leur appel de détresse face à l’assemblée et aux autorités wallonnes agricoles qui étaient présentes.

    Les revendications du secteur sont les suivantes :
    - que l’Europe prenne ses responsabilités et trouve des solutions pour rééquilibrer le marché ;
    - l’établissement d’un prix juste en fonction des normes de production contraignantes ;
    - l’écart entre les coûts de production et les prix de vente n’a jamais été aussi grand. L’intérêt des producteurs doit repasser au premier plan ;
    - de moins en moins de produits phyto sont disponibles, il faut donc des solutions de lutte durable
    - la main-d’œuvre saisonnière devient de plus en plus difficile à trouver, il faut envisager l’élargissement du système saisonnier de 65 jours à 100 jours. 

    Le 21 novembre dernier, Monsieur le Ministre a présenté le nouveau Plan stratégique pour la filière horticole comestible de Wallonie, à savoir la filière fruits et légumes. Ce programme décennal, prévoit de mobiliser 6,1 millions d’euros avec un objectif de croissance, d’ici 2028, de l’ordre de 35 % du chiffre d’affaires actuel du secteur, qui est pour l’heure de 130 millions d’euros.

    Pour le secteur, il s’agit là d’une bonne nouvelle, cependant pour pouvoir bénéficier de ce programme à long terme, les producteurs vont devoir tenir le coup ces deux prochaines années, ce qui n’est pas certain au vu de la situation actuelle.

    Quelle est son analyse de la situation ?

    Pourrait-il nous présenter de manière précise le Plan stratégique pour la filière horticole comestible de Wallonie ?

    Ce plan sera-t-il en mesure de répondre aux différentes revendications du secteur ?

    Pourrait-il faire le point sur l’embargo russe ?

    D’autres mesures urgentes sont-elles envisagées pour soutenir ce secteur ?
  • Réponse du 29/01/2019
    • de COLLIN René
    Les producteurs de pommes et de poires connaissent effectivement des difficultés structurelles liées aux déséquilibres des marchés, ainsi qu’aux faibles prix qui en découlent. Cette situation se cumule aux problèmes climatiques des dernières années (tempêtes en 2016, le gel de printemps en 2017 et sécheresse en 2018).

    Dans ce cadre et compte tenu du fait que la consommation annuelle de fruits et légumes en Wallonie représente un marché de 724 millions d’euros, dont 600 millions d’euros d’imports, il m’a semblé important, au travers d’un plan stratégique, de favoriser un effet de levier dont j’espère des retombées à court terme pour les producteurs en crise et à long terme pour le secteur fruits et légumes.

    Ce plan stratégique se décline en quatre axes majeurs :
    - la commercialisation, afin de développer les outils logistiques et renforcer la compétitivité de nos producteurs et la valorisation en Wallonie ;
    - l’encadrement, en proposant des suivis techniques et des formations ;
    - la promotion, au travers d’actions ciblées et spécifiques au secteur ;
    - la recherche scientifique, pour continuer de développer de nouvelles variétés de fruits et de trouver des alternatives aux pesticides.

    À ces axes, il faut ajouter quelques actions clefs comme le soutien à l’investissement des producteurs, l’amélioration de la collecte de données pour mieux piloter le développement du secteur et l’accompagnement des évolutions réglementaires.

    Je me dois également de rappeler qu’un label « Prix Juste au Producteur » a été mis en place par le Collège des Producteurs et que je soutiens toute initiative de concertation entre les acteurs des filières pour accéder à cette labélisation dans leurs relations commerciales.

    Vis-à-vis de l’embargo russe, il n’y a pas de reconduction des mesures d’aides directes de l’Europe, mais des mesures d’accompagnement aux groupements de producteurs sont mises en place pour faciliter l’accès à des marchés plus importants, notamment au travers de prospection pour les marchés asiatiques, d’Amérique du Nord, Canada, Brésil,….

    D’autres mesures sont prises dans le cadre des actions de l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W) pour soutenir le secteur et notamment : action « croque local », Beau Vélo de RAVeL, soutien de la participation des producteurs à des manifestations diverses, vidéos de recettes…