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La création de bassines à usage agricole

  • Session : 2022-2023
  • Année : 2022
  • N° : 131 (2022-2023) 1

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  • Question écrite du 04/11/2022
    • de SCHYNS Marie-Martine
    • à BORSUS Willy, Ministre de l'Economie, du Commerce extérieur, de la Recherche et de l'Innovation, du Numérique, de l'Aménagement du territoire, de l'Agriculture, de l'IFAPME et des Centres de compétences
    Depuis quelques jours, nos voisins français s'enflamment autour du débat sur la création de bassines à usage agricole. Ces retenues d'eau artificielles sont construites par des agriculteurs afin de pouvoir stocker l'eau durant les périodes de recharge et l'utiliser en période de pénurie hydrique.

    Le réchauffement climatique et la répétition de périodes de plus en plus longues de sécheresse poussent certains producteurs à se tourner vers ces bassines afin de garantir une irrigation suffisante de certaines cultures particulièrement gourmande en eau, notamment le maïs.

    Le débat entre partisans et opposants à ces aménagements est particulièrement vif, les premiers avançant qu'il s'agit d'une manière la plus écologique d'assurer l'irrigation des cultures, les seconds soulignent les pertes liées à l'évaporation lors des périodes de forte chaleur et l'impact sur les ressources hydriques de ses prélèvements.

    Si le débat est moins vif dans notre région, la question ne s'en pose pas moins, on a notamment pu noter un dossier de création d'un bassin agricole illégale dans la Commune d'Assesse.

    À l’initiative de Monsieur le Ministre ou avec son accord, des réflexions sont-elles en cours au sein des services publics sur le déploiement de cette technique en Wallonie ?

    Une concertation est-elle en cours avec sa collègue en charge de l'Environnement dans le cadre de la Stratégie sécheresse ?

    Va-t-il associer les différents acteurs du secteur (secteur de l'eau, associations agricoles, associations de protection de la nature…) à cette réflexion ?

    Envisage-t-il de renforcer le conseil à nos agriculteurs afin de les orienter vers des pratiques agricoles plus adaptées au changement climatique et qui ne nécessitent pas de bassines ?

    Va-t-il renforcer les contrôles afin d'éviter la création illégale de ce type de structures comme dans le cas d'Assesse ?
  • Réponse du 28/11/2022
    • de BORSUS Willy
    Les problèmes de sécheresse répétée sont bien pris en compte en Wallonie, notamment par diverses initiatives, telles que la mise en place d’une cellule de crise dédiées à la sécheresse et, depuis juillet 2021, par l’approbation par le Gouvernement de la Stratégie Intégrale Sécheresse (SIS).

    Cette stratégie a pour objectif de fédérer toutes les compétences wallonnes, d’une part pour retenir l’eau le plus longtemps possible afin de résister au mieux à la sécheresse et, d’autre part pour gérer la demande en eau et pour réduire les fuites dans les réseaux, et enfin, pour mieux répartir la ressource en eau.

    Une des 76 mesures de cette stratégie concerne la création de retenues d’eau collinaires, c'est-à-dire de structures telles que les bassines. Je reste donc particulièrement attentif à la problématique de création de ces bassines destinées à permettre l’irrigation en période estivale, après un stockage hivernal.

    Une cellule sécheresse a également été mise en place dès 2017, sous l’égide du Centre régional de crise.

    Les administrations participent aux réunions périodiques de cette cellule. Les acteurs de l’eau font bien sûr partie de cette cellule.

    La problématique de l’usage de l’eau y a été abordée, ainsi que la possibilité de recycler les eaux usées épurées, en sortie de stations d’épuration, à destination de l’agriculture. Par ailleurs, la mise en place de structures de stockage de l’eau en période hivernale, à l’instar des bassines, a été abordée.

    Par ailleurs, pour aider les producteurs dans la gestion des risques liés à la sécheresse, le SPW a développé un nouveau site de vulgarisation. Celui-ci, alimenté de manière continue, contient des informations utiles pour adapter l’agriculture aux changements climatiques. Par exemple, les résultats des essais en sorgho y sont relatés. En outre, plusieurs structures telles que les centres pilotes encadrent les producteurs dans leurs démarches innovantes face aux défis climatiques.

    De plus, des dérogations à certaines obligations (par exemple concernant le verdissement) sont mises en place lors des sécheresses afin d’adapter les pratiques à la réalité agronomique et économique.

    Quant au renforcement des contrôles, s’agissant de travaux de modification sensible du relief du sol et de l’établissement de digues, les bassines nécessitent l’obtention préalable de permis d’urbanisme. Ces demandes de permis se doivent également d’être dûment motivées eu égard au régime hydrologique des cours d’eau destinés à remplir adéquatement ces systèmes de stockage d’eau. Les contrôles sur sites sont donc nécessaires, comme d’ailleurs pour tout autre projet de construction.