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Les nouvelles interrogations concernant le Plan de Mobilité de Charleroi Métropole (PMCM) et la réalisation de la RN54

  • Session : 2023-2024
  • Année : 2024
  • N° : 615 (2023-2024) 1

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  • Question écrite du 23/04/2024
    • de MENGONI Sophie
    • à HENRY Philippe, Ministre du Climat, de l'Energie, de la Mobilité et des Infrastructures
    Depuis la réunion de la Commission de l'énergie, du climat et de la mobilité du 8 avril 2024, durant laquelle nous avons pu auditionner les pétitionnaires, représentés par M. Cédric Carnaille, Monsieur le Ministre a pu constater comme nous les nombreuses réactions au sujet du dossier de la RN54.

    La plus significative est certainement celle des autorités françaises et, en l'occurrence, des président et vice-président de la Communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre, du maire de Jeumont et du maire de Maubeuge. Ils ont envoyé un courrier à tous les candidats locaux se présentant aux prochaines élections.

    Dans le cadre du PMCM, et sachant que Charleroi Métropole est intrinsèquement lié à l'agglomération Maubeuge-Val de Sambre en termes économiques et sociologiques, échangeant d'ailleurs de nombreux objectifs de développement en commun, avez-vous initié des échanges avec nos voisins français pour implémenter les données de l'enquête publique qui s'est terminée le 22 février dernier ? Sinon, comptez-vous le faire ?

    En parlant de cette enquête publique, nombre d'élus locaux nous ont signalé les nombreuses difficultés que leurs concitoyens ont eues pour déposer en ligne leur avis. Des formules papier ont d'ailleurs été partagées par différentes communes pour que la participation citoyenne ne soit pas victime d'une éventuelle complexité informatique et puisse s'exprimer sans contrainte.

    Monsieur le Ministre pourrait-il nous donner quelques chiffres sur cette participation citoyenne, ce que représente la mobilisation en formule papier et en formule numérique ?

    Pense-t-il que cette enquête publique est une réussite et pourrait-elle servir d'exemple pour d'autres enquêtes de ce type ?

    Concrètement, a-t-il pu analyser les principales demandes en ce qui concerne le trafic routier ? A-t-il pu tirer à ce stade certaines conclusions ?

    Compte-t-il interdire la rue à Dettes à Anderlues et la rue des viviers à Lobbes ?
    Si oui, sait-il que cette mesure renverrait entre 7 000 et 10 000 véhicules dans le centre de Lobbes et vers Thuin-Biercée ?
  • Réponse du 06/05/2024
    • de HENRY Philippe
    Nous sommes bien conscients de la situation dans la Haute Sambre et les problématiques soulevées par M. Carnaille ont bien évidemment été communiquées au bureau d’études qui travaille sur le PMCM.

    Dans ce cadre, le bureau d’études a également contacté nos voisins français pour échanger avec eux sur la modernisation de leur réseau routier.

    Une des conclusions de l’étude est d’ailleurs qu’il faut absolument renforcer ces échanges puisqu’il y a un manque important de données concernant les flux transfrontaliers, principalement en ce qui concerne les origines et destinations.

    La récolte de ces données et des rencontres plus fréquentes devront être organisées plus régulièrement dans le cadre de la mise en œuvre du plan. C’est d’ailleurs le cas pour toutes les relations transfrontalières.

    À propos de l’enquête publique, les modalités sont définies par le décret relatif à la mobilité durable et à l'accessibilité du 1er avril 2004.

    L’organisation de cette enquête publique a été calquée sur les modalités de l’enquête publique du PUM - Plan urbain de mobilité de Liège dont le procédé n’a pas récolté de critique.

    Pour Charleroi-métropoles, je n’ai pas eu connaissance de problèmes de connections, en tout cas ce n’est pas remonté jusqu’à moi.

    Les citoyens étaient invités à se prononcer sur le plan par 4 voies principales :
    - le formulaire en ligne ;
    - l’envoi d’un mail directement à destination de la direction de la planification de la mobilité au SPW ;
    - l’envoi d’un courrier papier à destination de la direction de la planification de la mobilité au SPW ;
    - les communes pouvaient également récolter les avis pour les transmettre au SPW.

    Le PMCM pouvait être consulté en ligne et dans les communes. Une vidéo était également disponible pour appréhender la philosophie du plan. De plus, 5 réunions d’informations au public ont été organisées, réparties sur le territoire de la Métropole, pour une compréhension optimale.

    Il nous semble que tout a été mis en place pour informer le citoyen et lui permettre de s’exprimer.

    Des communes ont effectivement distribué des formulaires papier, mais il faut tout de même préciser que ces formulaires n’étaient pas toujours neutres puisqu’ils comportaient d’office une mention pour la réalisation de la N54.

    Les chiffres clés de la participation citoyenne sont les suivants :
    - 316 formulaires remplis en ligne ;
    - 157 messages électroniques reçus ;
    - 750 courriers papier ;
    - 7 avis reçus via les PV de clôture de l’enquête publique.

    Le succès d’une enquête publique à cette échelle dépend de plusieurs facteurs, comme l’information, la logistique, les modalités de participation et l’implication des acteurs concernés.

    Même si l’enquête publique a rempli son rôle, il est clair que le dispositif mis en place peut être amélioré, mais il est important de faire le bilan à tous les niveaux.

    Nous avons pu analyser les demandes concernant le trafic routier et nous remarquons d’ailleurs que la majorité des avis concernent le trafic routier.

    La première analyse montre que beaucoup de citoyens pensent qu’il est impossible de remplacer la voiture par un autre mode. Il y a une incompréhension par rapport au plan qui a été largement véhiculée et entretenue depuis le début du processus.

    Le plan n’implique pas de supprimer des voitures, mais bien d’offrir un panel de solutions pour mettre à disposition des citoyens différents modes de transport alternatifs.

    L’intermodalité est un concept qui est encore mal compris et peu intégré au sein de la population, mais nous nous y attelons. Il ne s’agit pas de remplacer une voiture par un vélo, mais bien d’utiliser le mode de déplacement adéquat pour le trajet prévu. En ce compris la voiture quand elle reste nécessaire.

    En termes d’infrastructures, la majorité des remarques portent sur la réalisation de la N54 et la nécessité de trouver une solution pour gérer le trafic sur la N5.

    La conclusion à en tirer, est qu’il est probablement nécessaire de réaliser la N54 à travers une infrastructure légère de 1 bande dans chaque sens, ou des contournements de village ou encore une combinaison des deux. Il conviendra en effet d’objectiver la meilleure solution à réaliser en fonction notamment des flux d’origine et de destination et des réalités de terrain. Mais il est nécessaire de savoir quelle part du trafic sera effectivement reportée sur l’infrastructure.

    Quelle partie du trafic, actuellement, dessert une entreprise, un commerce, un zoning qui se situe dans les zones problématiques ? C’est cette question qui doit être résolue pour apporter la réponse adéquate.

    Pour répondre à l’autre question : « Comptez-vous interdire la rue à Dettes à Anderlues et la rue des viviers à Lobbes ? Si oui, savez-vous que cette mesure renverrait entre 7 000 et 10 000 véhicules dans le centre de Lobbes et vers Thuin-Biercée ? », j’ajouterais que la clé du problème est bien l’objectivation de la part de transit et la connaissance des origines et destination pour trouver une solution globale et pas résoudre une problématique localement en reportant le problème (que ce soit via le report sur d’autres itinéraires et/ou la réalisation d’une nouvelle infrastructure).

    À cet effet, l’administration rédige actuellement la méthodologie adéquate pour collecter et analyser les données nécessaires à l’objectivation et à la compréhension des flux de trafic pour mettre en œuvre une solution durable et adaptée.