La stratégie et les moyens de soutien à l'économie sociale en Wallonie
Session : 2024-2025
Année : 2024
N° : 22 (2024-2025) 1
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Question écrite du 02/10/2024
de CREMASCO Veronica
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
La nouvelle stratégie régionale pour l'économie sociale, annoncée dans la Déclaration de politique régionale (DPR), semble marquer une volonté de soutenir ce secteur.
Je voudrais dès lors demander d'emblée à Monsieur le Ministre quelques éclaircissements quant à la mise en œuvre et aux moyens alloués à la nouvelle stratégie.
Quelles sont les grandes lignes de la nouvelle stratégie pour l'économie sociale ? Quelles seront les principales priorités et innovations, notamment en termes d'inclusion et de croissance des entreprises sociales ? Quelle sera l'ampleur des moyens financiers alloués à la politique de l'économie sociale par rapport à la législature précédente ? Sur quels critères cette politique sera-t-elle évaluée ?
D'autre part, le Gouvernement promet d'améliorer l'accès au financement via des critères élargis et adaptés aux entreprises sociales. Comment ces nouveaux critères se différencieront-ils de ceux appliqués aux entreprises classiques et quelles spécificités auront-ils ?
Monsieur le Ministre annonce la création de guichets uniques pour faciliter l'accès à l'information des entrepreneurs sociaux. Quelles seront leurs missions précises et comment s'articuleront-ils avec les dispositifs actuels ?
Concernant le soutien aux filières courtes et à l'économie circulaire, quels besoins spécifiques va-t-il rencontrer ? Quels seront les moyens budgétaires alloués à ces initiatives ?
Enfin, le Gouvernement souhaite renforcer les passerelles entre économie sociale et économie classique. Quelles mesures concrètes seront mises en place pour favoriser cette collaboration ?
Réponse du 25/10/2024
de COPPIETERS Yves
Depuis de nombreuses années, la Wallonie soutient le développement des entreprises d’économie sociale en ce compris, le modèle coopératif.
C’est la raison pour laquelle le Gouvernement s’est engagé dans la Déclaration de politique régionale, à continuer à bien soutenir ce secteur qui place l’humain au centre de sa préoccupation, en le développant et en le valorisant.
Avec le Gouvernement, j’entends mettre en œuvre une véritable stratégie pour l’économie sociale, en nous dotant d’une vision 2030. Cette stratégie doit d’abord se construire sur base de l’analyse de l’existant.
Le Gouvernement précédent s’était doté d’une feuille de route « Alternativ’ES Wallonia », qui avait fixé 5 secteurs prioritaires, 3 axes stratégiques et 10 mesures transversales. Cela s’est traduit par 29 actions concrètes.
J’ai demandé à mon Administration de réaliser une évaluation de cette stratégie sur la période 2020-2024. Il conviendra ensuite de réaliser une réflexion stratégique sur les résultats de cette étude, afin de capitaliser sur les enseignements de cette première initiative et de faire ressortir les besoins du terrain.
Concernant les moyens mis en œuvre, l’économie sociale dispose d’un budget propre qui, en 2024, s’élève à 37 millions d’euros.
Au niveau du financement des entreprises d’économie sociale, W.alter est un outil public essentiel pour l’économie sociale, et en particulier les coopératives. W.Alter soutient les entreprises d’économie sociale via des interventions en fonds propres et l’octroi de prêts, tout en ayant une approche de « smart money » en conseillant aux mieux chaque projet.
De plus, la mise en place d’un « chèque » économie sociale est à l’étude auprès de mon Administration.
Concernant les filières courtes et l’économie circulaire, les initiatives suivantes sont actuellement en cours : - la construction de 2 Hubs logistiques, à Liège et à Charleroi, équipés et dédiés aux activités de grossistes et d’incubateur de coopératives. Ces deux Hubs seront opérationnels en juillet 2025 ; - l’agrément et le subventionnement de 18 entreprises actives dans le secteur du réemploi.
L’économie sociale propose des solutions aux défis des transitions et répond aux objectifs de développement durable. Dans cette optique, la production de produits locaux, sans externalité négative via les circuits courts, est très importante. L’économie sociale peut jouer un rôle pour l’alimentation saine, notamment pour les cantines scolaires.