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L'abattage d'un cerf errant dans la région montoise

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2024
  • N° : 19 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 04/10/2024
    • de SOUPART Guillaume
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Ce dimanche, un cerf a été aperçu dans les rues d'Havré, probablement en raison de la destruction de son habitat naturel.

    Malgré la mobilisation rapide de vétérinaires et d'associations pour le capturer et le remettre en enclos, l'animal a été abattu ce mardi matin par un chasseur, sur décision de la police de Mons-Quévy.

    Cette décision a provoqué une forte indignation, d'autant plus que l'animal était enfermé dans un centre pour enfants et ne représentait apparemment pas de danger immédiat.

    Pourquoi avoir ordonné l'abattage alors que d'autres alternatives étaient envisagées par les spécialistes ?

    Qui est responsable de cette décision, particulièrement du côté de la police Mons-Quévy ? Quels sont les éléments qui ont précipité cette décision ?

    Quelles sanctions sont prévues si les procédures en vigueur n'ont pas été respectées ?

    Quelles mesures Madame la Ministre compte-t-elle prendre pour renforcer la coordination entre les forces de l'ordre et les associations animalières pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise ?

    Comment améliorer la gestion des animaux sauvages dans les zones urbaines ?
  • Réponse du 25/10/2024
    • de DALCQ Anne-Catherine
    Afin de répondre au mieux aux interrogations de l’honorable membre, il importe de distinguer deux questions : la présence de ce cerf dans la région de Mons et, d’autre part, les mesures qui ont dû être prises.

    Ce cerf fait partie d’un groupe d’individus qui se sont échappés d’une propriété privée dont la clôture ne remplit plus son office suite notamment à des chutes de branches récentes. Depuis, ces individus errent dans la région.

    Or le cerf est une espèce naturellement absente de la région et il n’est ni souhaitable ni souhaité que celui-ci s’y reproduise et s’y installe. Il importe de rappeler que le cerf est un animal sauvage de grande taille, qui est susceptible de provoquer des dégâts et des accidents qui peuvent mettre en péril la vie de nos concitoyens, surtout lorsqu’il se trouve en pleine ville ou à proximité d’axes routiers importants. Ils peuvent également avoir dans certains cas des comportements agressifs envers les humains, surtout en cette période de reproduction.

    Concernant le cerf en question, signalé à plusieurs reprises, entre autres sur et aux alentours d’axes routiers importants, il représentait un danger réel, un risque direct de blessures et aussi d’accident routier particulièrement préoccupants.

    Quelques jours auparavant une des biches de la harde a été percutée sur l’autoroute toute proche. L’animal n’a pas survécu au choc. Le cerf concerné, même s’il s’agit d’un animal issu d’un élevage, reste néanmoins sauvage.

    Dès les premiers contacts avec la zone de Mons-Quévy, le lundi 23 septembre, le service de garde du DNF a proposé à la police qu’un magistrat puisse réquisitionner un vétérinaire en urgence pour anesthésier l’animal et le transporter en dehors de l’espace public. La chronologie des évènements n’a malheureusement pas permis de concrétiser cette option.

    En effet, l’animal a passé la nuit de lundi à mardi, enfermé dans la propriété d’un centre d’accueil pour enfants. Le lendemain matin, suite à un nouvel appel de la police locale décrivant la situation et compte tenu de la proximité d’une voirie importante et fort fréquentée et à cette heure de pointe, le Département de la nature et des forêts a estimé que le recours à un vétérinaire en vue d’endormir l’animal présentait à ce moment un risque beaucoup trop grand.

    Pour rappel, une fois « fléché », un animal ne s’endort pas immédiatement et peut pendant quelques minutes prendre la fuite suite à l’impact. Or, l’animal pouvait s’échapper d’un moment à l’autre de la propriété, les clôtures n’étant pas suffisantes à le contenir. Le tir létal a donc été conseillé par mon administration.

    D'ailleurs, suite à l’agitation locale, l’animal s’est échappé du centre où il avait passé la nuit. Ce n’est que plus loin, lorsque les conditions de sécurité furent réunies, que le service de police a pu autoriser le chasseur à tirer.

    Le DNF n’a donc pas ordonné d’abattre l’animal et n’a pas non plus procédé à son abattage comme l’honorable membre l’indique.

    Mon administration n’a pas eu de contact direct avec des associations ou des vétérinaires, mais a épaulé les autorités locales, la zone de police en l’occurrence, dans le cadre d’une mesure afin d’opérer le meilleur choix possible pour la sécurité des personnes. Je rappelle enfin que les procédures internes des zones de police sont du ressort des autorités dont elles dépendent et la problématique ne relevait nullement de la responsabilité ou d’une décision du Département de la nature et des forêts qui n’a apporté dans ce dossier que des conseils.

    Je tiens également à rappeler que le DNF a dans ses missions la conservation de la nature et que lorsqu’un agent conseille ou doit procéder à un tir létal, cette décision difficile est prise en dernier recours en tenant compte à la fois du bien-être de l’animal et de la sécurité publique.

    À ce stade, il me revient donc que cette intervention, qui a provoqué beaucoup d’émoi, et je le comprends, reste liée à des circonstances exceptionnelles et a été faite dans le respect des procédures et des réglementations existantes, avec un maximum d’implication des différentes autorités dans le délai court qui leur était imparti pour prendre des décisions difficiles et afin de préserver la sécurité publique.