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Les éventuels impacts économiques de l’explosion du budget du projet d’île énergétique artificielle Princesse Elisabeth sur les entreprises et ménages wallons

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 73 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 30/01/2025
    • de BORSUS Willy
    • à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
    Fin octobre dernier, la FEBELIEC tirait la sonnette d'alarme. De plus en plus d'activités industrielles en Belgique se trouvent sous pression et ferment des installations ou déménagent vers d'autres lieux, non seulement en dehors de l'Europe mais même vers nos pays voisins. La fédération demandait à Elia et à la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) de mettre le projet d'île énergétique artificielle Princesse Elisabeth « sur pause et de le réévaluer ».

    Deux semaines plus tard, un article de La Libre faisait état d'une augmentation très notable du budget dédié à la construction de l'île énergétique artificielle au large des côtes belges.

    Le budget, initialement prévu à 2,2 milliards d'euros, serait dorénavant annoncé à 7 milliards d'euros. Le budget a plus que triplé !

    Cette estimation vient notamment de la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (GREG), le régulateur fédéral. Dans ce même article, il est indiqué que la ministre fédérale de l'Énergie, avait été alertée par la CREG dès le 20 juin 2024, mais que le régulateur fédéral aurait demandé de temporiser la sortie de l'information.

    Lorsque Mme la Ministre est entrée en fonction, a-t-elle eu l'occasion d'être informée de ce dossier, de sa modification et de son évolution budgétaire par son homologue fédérale ou par son prédécesseur ?

    Ce sujet, a-t-il évoqué lors des assemblées de l'organe de Concertation de l’énergie entre l’État fédéral et les Régions (CONCERE)?

    Quels éventuels impacts économiques cette explosion des coûts de ce projet peut-elle avoir sur le prix de l'énergie pour les citoyens wallons ainsi que pour les entreprises implantées sur notre territoire ?

    Suite à cette augmentation du budget, le Plan national Energie-Climat (PNEC), pourra-t-il toujours rencontrer les recommandations émises par la Commission européenne (2024/1042) ?
  • Réponse du 25/03/2025
    • de NEVEN Cécile
    J’ai pris mes fonctions dans un contexte où le projet d’île énergétique Princesse Elisabeth faisait partie intégrante du plan de développement fédéral 2024-2034 du réseau de transport d'électricité, tel qu’approuvé par l’arrêté ministériel du 5 mai 2023 de mon homologue fédéral de la législature précédente. Toutefois, je n’ai pas été informée directement des modifications et évolutions budgétaires du projet.

    Concernant les réunions de l’organe de concertation de l’énergie (CONCERE), ce sujet n’a pas été abordé de manière détaillée. Néanmoins, les répercussions budgétaires de l’île énergétique et leurs implications pour les consommateurs restent une préoccupation majeure, tant pour les autorités fédérales que régionales et je ne doute pas un instant que notre nouveau ministre fédéral portera ce dossier en parfaite concertation avec les autres entités.

    L’augmentation drastique du budget, passant de 2,2 milliards à environ 7 milliards d’euros, soulève des inquiétudes quant aux conséquences économiques pour les citoyens et les entreprises wallonnes. Selon les estimations de la CREG, les coûts liés au projet pourraient entraîner une hausse des tarifs de transport, impactant directement la facture des consommateurs. Un ménage résidentiel serait confronté à une augmentation annuelle de sa facture, tandis que les entreprises grandes consommatrices d’énergie, déjà soumises à une pression concurrentielle forte, pourraient voir leur compétitivité réduite face à des coûts énergétiques accrus.

    Cette explosion budgétaire pourrait remettre en question la capacité du Plan national Énergie-Climat (PNEC) à répondre aux recommandations européennes (2024/1042). Si le projet d’île énergétique devait être modifié en profondeur ou mis en pause, cela pourrait compromettre la réalisation de certaines tranches initialement prévues de l’éolien offshore et affecter les objectifs nationaux en matière de transition énergétique. Cependant, des alternatives sont à l’étude, afin de limiter l’impact financier tout en maintenant une trajectoire compatible avec les exigences européennes.

    Un encadrement renforcé des projets d’envergure, une transparence accrue et une meilleure concertation entre les autorités fédérales et régionales sont nécessaires pour garantir une maîtrise des coûts et éviter que de telles dérives budgétaires ne se reproduisent.

    Enfin, alors que le Gouvernement fédéral doit se prononcer sur l’avenir du projet, il est essentiel que toutes les options soient analysées de manière approfondie. Je plaide dès lors pour une stratégie équilibrée qui assure le développement optimal du réseau, tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens et la compétitivité des entreprises wallonnes.