Le prix d’achat des terrains agricoles moins élevé en France
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 92 (2024-2025) 1
2 élément(s) trouvé(s).
Question écrite du 30/01/2025
de BERNARD Alice
à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
La presse a rapporté le 22 janvier 2025 le cas d'un couple de maraîchers qui quittent la Wallonie pour aller s'installer en Normandie parce que le prix de la terre y est beaucoup moins élevé. Ils ont en effet pu acquérir une terre vendue autour de 10 000 euros l'hectare, contre 60 000 en Wallonie.
Comment expliquer une telle différence de prix ?
Mme la Ministre a-t-elle connaissance d'autres cas d'agriculteurs ou de maraîchers qui ferment une exploitation en Wallonie pour en ouvrir une autre à l'étranger ?
Sont-ils anecdotiques ou représentent-ils une tendance, ce qui serait plutôt inquiétant ?
Réponse du 20/02/2025
de DALCQ Anne-Catherine
Par la loi d’orientation agricole du 5 août 1960, la France a mis en place les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) qui sont des sociétés privées, auxquelles on a confié plusieurs missions de service public. Ces sociétés ont un droit d’information sur toutes les ventes ou transmissions de biens agricoles et un droit de préemption pour acquérir des terrains agricoles, parfois à un prix révisé à la baisse.
Ce mécanisme a aussi malheureusement démontré ses limites au fur et à mesure des années : la complexité administrative est très lourde, accès limité à certaines opportunités, influence importante sur le choix du projet ou de la personne, etc.
Bien que je ne dispose pas de chiffres officiels de cas d’agriculteurs belges fermant une exploitation belge pour s’installer à l’étranger, je suis consciente que la problématique du foncier pèse énormément sur le secteur agricole et sur l’installation de jeunes agriculteurs.
En tant que Ministre de l’Agriculture, je suis particulièrement vigilante à préserver les terres agricoles et à éviter toute situation susceptible d’accroître davantage la pression foncière sur ces espaces essentiels. Dans ce cadre, je procède actuellement à l’analyse de moyens de lutte contre la spéculation immobilière agricole qui seraient adéquats à la situation wallonne et à ses besoins spécifiques.