La possible pollution des sols sur le site de l’aéroport de Liège
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 188 (2024-2025) 1
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Question écrite du 20/02/2025
de CREMASCO Veronica
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
À ma collègue Bénédicte Linard qui interrogeait M. le Ministre dernièrement au sujet de la pollution aux PFAS de l'aéroport de Charleroi, il répondait que la procédure prévue par le décret sols était en cours d'exécution et de manière plus globale, il lui signifiait qu'il en était de même pour l'aéroport de Liège (LA), avec un suivi actif de son administration.
Suite à cet élément neuf, je me permets de l'interroger plus précisément sur la situation du site de Liege Airport qui inquiète les riverains.
Dans le cadre de l'exécution du décret sols sur le site de l'aéroport de Liège, une étude d'orientation afin de confirmer la présence de pollution et d'en réaliser une première estimation a-t-elle été initiée ?
Quelles sont les échéances de cette étude ?
Quand et comment les résultats seront-ils communiqués ? Si un risque de pollution était décelé, quelles suites seraient données ?
Plus particulièrement, une pollution aux PFAS est-elle à craindre ?
Enfin, des mesures de prévention ont-elles été prises ? Si oui, quelles sont-elles ?
Réponse du 17/03/2025
de COPPIETERS Yves
L’établissement de l’aéroport de Liège s’est inscrit dans plusieurs procédures décret sols distinctes, liées au renouvellement de son permis d’environnement et aux divers projets de demandes de permis en cours ou à venir dans le cadre de l’extension des activités aéroportuaires. Ces multiples procédures résultent des marchés publics successifs.
Ces procédures intègrent toutes la problématique des PFAS et l’administration veille à la cohérence des différentes campagnes d’investigations et des conclusions des experts. En effet, des réunions techniques sont régulièrement réalisées depuis début 2024 avec LA (Liege Airport), la SOWAER et les experts sols mandatés pour la réalisation des différentes études, mais également avec la CILE.
Une note synthétisant la situation environnementale pour les PFAS est prévue dans le cadre d’un marché public octroyé en octobre 2024. La stratégie d’investigations a été présentée en novembre 2024 et une réunion sur les objectifs visés et les attentes de l’administration a eu lieu le 28 janvier 2025. Une vision globale de la situation environnementale ne sera possible qu’une fois la note de synthèse parachevée.
Les réunions techniques permettent à mon administration de suivre les investigations en cours, et d’orienter si nécessaire les campagnes en vue d’une évaluation des risques pour la santé humaine et les eaux souterraines. Des mesures d’urgence pourront être définies en concertation avec l’exploitant, si des risques sont mis en évidence. Ces mesures pourront notamment s’inscrire dans le cadre du décret sols.
Des pollutions aux PFAS ont été mises en évidence dans les rejets et dans les eaux souterraines. Toutefois, l’ampleur des pollutions doit encore être évaluée, de même que les risques associés.
L’exploitant a mis en place, dès prise de connaissance des pollutions, des mesures de prévention. Plus particulièrement, des mesures de remplacement des mousses d’extinction actuelles AFFF (mousses contenant des PFAS) par des mousses FFF (mousses ne contenant pas de PFAS) est en cours et les exercices incendies sont exclusivement réalisés au droit de zones bétonnées dont les écoulements sont dirigés vers les points de rejets de l’aéroport.
Les instances aéroportuaires font de leur mieux pour répondre aux demandes d’investigations complémentaires et de contrôle des eaux de surface et souterraines formulées par mon administration. Cette tâche n’est pas aisée notamment en regard de la superficie hors norme concernée par ces contrôles, et la complexité administrative et logistique que constitue la réalisation de sondages sur un aéroport. Une partie des demandes a déjà été rencontrée, mais il reste encore un important volume de travail à réaliser. La bonne collaboration initiée entre les acteurs permet d’être optimiste quant à la complétion de ces travaux dans un délai raisonnable.