à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
M. le Ministre a annoncé le lancement d’un biomonitoring à Tubize. Or, après l’expérience de Chièvres, nous avons pu constater les limites de cet outil : il ne permet pas un suivi individuel des personnes exposées. S’il présente un intérêt scientifique, son utilité en matière de santé publique reste limitée, sans parler des erreurs rencontrées lors du biomonitoring de Chièvres. D’autres problèmes comme les horaires ont aussi été invoqués par les citoyens.
M. le Ministre avait évoqué la mise en place d’un plan avec l’AViQ pour le testing.
Pourquoi privilégier ici un biomonitoring plutôt qu’un dépistage ciblé ?
Les habitants de Tubize auront-ils accès aux services de l’AViQ pour des analyses individuelles ?
Pourquoi un objectif de 300 seulement alors qu’il y a près de 30 000 habitants à Tubize ?
Réponse du 27/02/2025
de COPPIETERS Yves
Les campagnes de biomonitoring qui ont été menées jusqu’ici avaient été déployées dans des zones où, quand la contamination était liée à l’eau de distribution, les conditions d’une surexposition avaient été, au préalable, clairement établies.
Si la zone du « Feeder du Hainaut » se caractérise par une contamination à la source, une surexposition n’a pas forcément été objectivée aux domiciles des citoyens concernés. Dans ce contexte, il paraissait donc opportun d’y réaliser un Biomonitoring « ciblé », visant des catégories précises de population pour lesquelles l’ISSeP disposait déjà de valeurs de référence grâce au Projet BMH-Wal (biomonitoring wallon). La démarche permettra ainsi d’objectiver l’exposition générale dans la zone concernée.
Comme j‘ai pu l’expliquer, un appel à volontaire sera lancé par l’ISSeP dans l’ensemble des communes desservies par le Feeder du Hainaut, permettant ainsi d’y sélectionner un groupe de participants représentatif de celle-ci.
Cette initiative ne se résume donc pas à la commune de Tubize. La confusion entre ce qui a été réalisé jusqu’ici par l’ISSeP et ce nouveau protocole est liée à la communication aux médias d’une partie des éléments transmis aux élus locaux au cours d’une réunion organisée à mon cabinet, le 10 février dernier. Cette réunion avait été très dense et certains éléments pouvaient encore être restés mal compris.
Une nouvelle réunion « technique » avait déjà été prévue et s’est tenue avec mon Administration ce 20 février. Elle a permis de faire le point avec ces élus sur cette nouvelle démarche. Elle nous a également donné la possibilité de faire appel à eux pour que l’initiative puisse être proposée à la population dans les meilleures conditions possibles. Les bourgmestres constituent le support indispensable sans lequel aucune initiative de ce type ne peut être menée à bien.
Signalons encore que l’initiative actuelle proposée dans la zone du Feeder s’inscrit dans la droite ligne de la mission qui avait été confiée à l’ISSeP. Elle ne doit pas être confondue avec l’initiative de dépistage que j’ai demandé à l’AViQ d’organiser.
C’est bien cette première étape de Biomonitoring ciblé qui permettra de confirmer s’il est ensuite légitime de déployer le programme de dépistage de l’AViQ dans la zone du Feeder. Pour ce faire, l’échantillon de population qui sera étudié au cours de cette campagne de biomonitoring se doit d’être le plus représentatif possible, d’où l’importance de la mobilisation de volontaires. Sous réserve que la surexposition soit bien confirmée au cours de cette première étape, il sera dès lors possible à tout citoyen qui le souhaite de s’y faire tester en s’inscrivant dans le programme de dépistage de l’AViQ.
La procédure de mise en place de ce dépistage est en cours de finalisation. Les modalités pratiques seront communiquées aux citoyens concernés lorsque les marchés seront attribués. Je rappelle par ailleurs qu’une série de recommandations de suivi santé sont déjà disponibles sur les sites de l’ISSeP et de la Région.