à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Disparu de nos contrées depuis le XIXe siècle, le castor est de retour dans notre pays depuis la fin des années 1990. Au fil du temps, la population s'est agrandie et on estime que plus de 1 000 individus vivraient aujourd'hui en Wallonie.
Certains d'entre eux ont d'ailleurs trouvé le chemin menant à la Wallonie picarde et se sont installés dans le bassin de l'Escaut. Un ou plusieurs individus semblent ainsi avoir élu domicile le long du canal de l'Espierre à Estaimpuis, et cela depuis plusieurs mois.
Si c'est évidemment une bonne nouvelle pour la biodiversité, cette présence soulève également quelques questions dans le chef des autorités communales d'Estaimpuis, notamment sur les risques liés aux inondations, à la modification des cours d'eau, mais également en termes de sécurité. En effet, il m'est revenu que des traces émanant du plus gros rongeur d'Europe ont notamment été constatées sur quelques arbres hauts d'une trentaine de mètres.
Si je sais qu'une collaboration existe déjà entre la commune d'Estaimpuis, le Contrat Escaut-Lys et le Département de la Nature et des Forêts (DNF) pour gérer cette situation, j'aurais cependant voulu obtenir quelques informations supplémentaires.
Comment se répartissent les initiatives et les responsabilités dans la surveillance opérée par la commune, le contrat Escaut-Lys et le DNF ?
Quelles mesures de collaboration spécifiques sont mises en œuvre entre la commune et ces deux organismes dans le cadre de cette gestion !
Y a-t-il des plans d'action communs ou des protocoles définis pour encadrer cette cohabitation ?
Enfin, quelles actions concrètes sont mises en place pour éviter les éventuels conflits tout en respectant la protection de cette espèce protégée, mais aussi en assurant la sécurité des riverains et des habitations aux alentours ?
Réponse du 21/03/2025
de DALCQ Anne-Catherine
La présence du castor en Wallonie Picarde et plus précisément dans les bassins de la Dendre, de l’Escaut et de la Lys est assez récente et encore ponctuelle, mais les observations de traces de passages, d’activités et d’installations d’individus se confirment depuis 3 ans. Dans le cadre du monitoring de l’espèce à l’échelle de la Wallonie, le Contrat de rivière Escaut-Lys, comme l’ensemble des contrats de rivière wallons, est impliqué dans le travail de recensement des traces d’activité du castor dans ce sous-bassin hydrographique.
Concernant plus spécifiquement la commune d’Estaimpuis, l’installation du castor est en effet confirmée, notamment aux abords du canal de l’Espierres. L’activité du castor sur le territoire communal et le risque de problèmes que cette activité pourrait engendrer sont suivis par la Commune d’Estaimpuis, le Contrat de rivière Escaut-Lys et par le Département de la nature et des forêts. Une réunion de concertation a eu lieu début d’année pour évaluer la situation et les solutions à mettre en œuvre. À ce jour, quelques problèmes liés à la présence de deux barrages ainsi qu’à la présence d’arbres rongés par le castor ont été recensés. Actuellement, la situation est jugée non problématique puisqu’aucun risque pour la sécurité publique ou encore de dommages importants à des infrastructures ou autre forme de propriété n’a été identifié.
Néanmoins, afin d’éviter une augmentation des nuisances éventuelles et favoriser la cohabitation avec l’espèce qui semble s’installer dans ce territoire de façon durable, le DNF a communiqué à la commune des informations en matière de prévention, comme la protection des arbres, ou encore sur les possibilités d’intervention sur les barrages, comme l’écrêtage, l’aménagement de buses de drainage, voire le démontage de barrage, et ce dans le cadre de procédures administratives bien spécifiques soumises à l’avis du DNF (notification et dérogation aux mesures de protection des espèces). Les agents du Département de la nature et des forêts, le Contrat de rivière et les autorités communales vont collaborer étroitement pour suivre l'évolution de l'activité du castor sur la commune et prendre des mesures le cas échéant.
À noter qu’afin de sensibiliser les riverains au retour du castor dans cette partie de la Wallonie, aux bénéfices pour le milieu naturel que l’espèce peut apporter, mais aussi aux risques liés à sa présence, le contrat de rivière Escaut-Lys a rédigé des outils d’information et de sensibilisation que les communes peuvent diffuser.