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L’analyse du groupe de travail suite aux annonces de la nouvelle administration Trump

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 168 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 01/04/2025
    • de BORSUS Willy
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
    À l'initiative de M. le Ministre, le Gouvernement wallon a chargé un groupe de travail d'identifier les risques encourus par les entreprises régionales après la mise en place de la nouvelle administration américaine.

    Ce groupe de travail doit également analyser les retombées socio-économiques en Région wallonne.

    M. le Ministre pourrait-il me communiquer la composition de ce groupe de travail ?

    Par ailleurs, disposerait-il des premiers enseignements de cette analyse ?

    Quels sont les secteurs régionaux qui sont ou seraient les plus impactés par certaines des décisions prises ou annoncées par la nouvelle administration américaine ?

    Connaissant le contexte géopolitique actuel, M. le Ministre envisage-t-il éventuellement des mesures pour soutenir les entreprises qui seront ou seraient significativement impactées ?

    Le cas échéant, de quelle nature seraient ces éventuelles actions ou mesures ?
  • Réponse du 30/04/2025
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    Je me permets de me référer à mes réponses transmises lors de la Commission parlementaire du 15 avril 2025 dans lesquelles je précisais que le 2 avril 2025, le Président américain a instauré des « droits de douane réciproques » d'au moins 10 % sur les importations mondiales, avec un taux de 20 % pour l’Union européenne. La première phase, appliquant un droit de 10 %, est en vigueur depuis le 5 avril. La seconde phase, prévoyant une hausse à 20 % pour l’UE, devait débuter le 9 avril, mais un moratoire de 90 jours a été annoncé ce jour-là. Pour l’instant, les entreprises wallonnes restent soumises à un droit de 10 %. Ceux-ci ne s’additionnent pas aux droits de douane précédemment annoncés sur l’acier, l’aluminium et les automobiles. Certains produits, comme le cuivre, les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques, sont temporairement exemptés.

    Les exportations wallonnes vers les États-Unis ont atteint en 2024 un montant de 6,84 milliards d’euros. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de la Wallonie en dehors de l’Union européenne. En concentrant 12,4 % du total de notre commerce extérieur, les USA se plaçaient en 2024 à la 3e position du classement global de nos clients étrangers, derrière l’Allemagne et la France. Il est évident que les États-Unis représentent un partenaire commercial stratégique et primordial pour la Wallonie.

    Parmi les secteurs qui risquent de souffrir de la hausse des barrières douanières, nous pouvons notamment citer les machines et équipements industriels, les produits chimiques, les métaux communs, l’alimentation, qui sont taxés à hauteur de 10 % actuellement et le seraient à 20 % à la fin du moratoire. Pour la bière, traditionnellement vendue en canettes, le taux est fixé à 25 %.

    Les droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium devraient affecter les entreprises wallonnes dans une moindre mesure.

    En effet, si l’on considère l’année 2024, les États-Unis ont concentré 1,5 % du total de nos exportations d’acier et 0,02 % de nos exportations d’aluminium.

    Quant au secteur pharmaceutique dont les exportations représentent 77,3 % du total exporté par la Wallonie en 2024, il est a priori, pour le moment, moins exposé, étant donné que les produits pharmaceutiques sont en très grande partie exemptés.

    Je suis convaincu que cette concentration sectorielle de nos exportations vers les États-Unis rend essentiel le maintien d’un système à droits nuls, en particulier pour le secteur pharmaceutique, afin d’éviter un impact conséquent sur des secteurs porteurs de l’économie wallonne.

    Je tiens donc à saluer la position prudente et raisonnée défendue par l’Union européenne, notamment dans l’adoption de ses contre-mesures, qui a toujours indiqué qu’elle souhaitait d’abord négocier. Personne n’est en effet gagnant dans le cadre d’une guerre commerciale. C’est d’ailleurs dans ce contexte que la Présidente de la Commission européenne a récemment annoncé que l’Union européenne était prête à instaurer un système tarifaire « zéro pour zéro » sur tous les produits, notamment les voitures, les médicaments, les produits chimiques, les plastiques et les machines.

    Par ailleurs, l’augmentation des barrières tarifaires pourrait perturber indirectement les chaînes d’approvisionnement au sein du marché intérieur de l’UE, en impactant particulièrement la France et l’Allemagne, principaux partenaires commerciaux de la Wallonie. Une baisse de leurs exportations vers les États-Unis risquerait de réduire la demande en produits et services wallons, notamment dans les secteurs de l’automobile, de la chimie et de la construction, où de nombreux sous-traitants wallons fournissent des clients établis dans ces pays voisins.

    Face à ce contexte extrêmement volatile, plusieurs initiatives sont mises en place pour soutenir les entreprises wallonnes. Un premier niveau d’action consiste à surveiller en temps réel l’évolution économique, commerciale et réglementaire aux États-Unis. Sur cette base, un second niveau vise à identifier les risques, informer et conseiller les entreprises de manière ciblée. Les équipes de l’AWEx, en Wallonie et aux États-Unis, offrent un accompagnement personnalisé. Enfin, un appui renforcé est proposé pour aider les entreprises à explorer de nouveaux marchés, afin de diversifier leurs exportations et réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis.

    Le Gouvernement wallon prend très au sérieux les menaces commerciales liées aux nouvelles mesures de l'administration Trump. Je rappelle qu’un groupe de travail a été mis en place, à mon initiative, pour évaluer les risques pour les entreprises wallonnes. Composé de représentants du Gouvernement, de la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’UE et de l’AWEx, ce groupe contribue à la réflexion belge et européenne en vue d’élaborer une stratégie commune et de préserver les relations transatlantiques. Au vu des précisions et changements apportés quotidiennement par le Gouvernement américain, il analyse activement les impacts potentiels sur l’économie wallonne et cherche des solutions pour soutenir les secteurs concernés.

    Au-delà des conséquences sur l’économie wallonne, je plaide pour une réponse coordonnée au niveau belge, en y associant les autorités fédérales et les entités fédérées.