Les solutions envisagées pour les éleveurs de petits ruminants face à l’interdiction de l’abattage à domicile
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 154 (2024-2025) 1
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Question écrite du 02/04/2025
de DURENNE Véronique
à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Fin février, le Ministre-Président annonçait vouloir interdire à terme l'abattage à domicile des porcs, moutons et chèvres, à l'instar des bovins et chevaux. Cette mesure vise à garantir une meilleure application de la législation en matière de sécurité alimentaire et de bien-être animal, dont le respect est plus difficile à vérifier à domicile.
Or, comme Mme la Ministre le sait, l'un des principaux freins au développement des filières ovine et caprine en Wallonie réside dans le manque d'abattoirs pour petits ruminants. Si des structures existent encore pour les ovins, celles dédiées à l'abattage des chèvres sont quasiment inexistantes. Dans ce contexte, l'abattage privé demeure l'une des seules solutions pour les éleveurs caprins, notamment pour évacuer les chèvres dites de « réforme » et commercialiser leur viande.
Si la fin de l'abattage privé devait entrer en vigueur dans plusieurs mois, il semble dès lors impératif de renforcer les capacités d'abattage pour les petits ruminants au risque de voir, soit de plus en plus d'éleveurs pratiquer l'abattage à domicile - et donc de manière illégale si l'abattage privé devait être interdit -, soit de voir ces acteurs tout simplement abandonner leur activité d'élevage devant les difficultés de trouver une structure permettant de pratiquer l'abattage de manière légale.
Je sais son engagement en faveur des abattoirs de proximité en Wallonie et le travail que Mme la Ministre a entamé avec les acteurs publics et privés pour améliorer l'accessibilité aux capacités d'abattage pour les petits ruminants.
Dans ce contexte, pourrait-elle préciser les mesures qu'elle envisage afin de garantir une solution viable aux éleveurs ovins et caprins en Wallonie ?
Quelles initiatives envisage-t-elle pour encourager la création de nouvelles infrastructures d'abattage pour les petits ruminants, et ce afin de répondre aux besoins des éleveurs ?
Peut-elle nous en dire davantage quant aux discussions entamées avec les acteurs de terrain, et dans quelle mesure leurs recommandations ont été prises en compte dans ses réflexions ?
Enfin, envisage-t-elles des exceptions à cette interdiction d'abattage à domicile pour certains cas particuliers, afin de préserver certains aspects de l'agriculture familiale et de proximité ?
Réponse du 23/04/2025
de DALCQ Anne-Catherine
Il est important de rappeler que « l'abattage à domicile est l'abattage d'animaux par des particuliers en dehors d'un abattoir agréé. L'abattage se déroule au domicile du propriétaire de l'animal abattu et la viande obtenue est exclusivement destinée à la consommation du propriétaire de l'animal et de sa famille vivant à la même adresse (consommation privée). Il est interdit de donner cette viande à des tiers ou de la vendre ».
Diverses mesures sont investiguées pour optimaliser l’abattage des ovins et caprins à l’abattoir : une meilleure organisation des transports de l’élevage vers les abattoirs existants et l’investissement dans un dispositif pour déplacer les animaux depuis l’enclos situé à l’entrée de l’abattoir vers le lieu d’étourdissement pourraient permettre un abattage plus efficace et rentable.
En parallèle, si le nombre d’abattages dans les abattoirs agréés augmente à cause de l’interdiction de l’abattage à domicile, le coût des investissements pourra également être plus vite amorti.
Afin d’aider les abattoirs dans leurs projets d’investissement, la Région wallonne dispose de deux moyens. D’une part, le SPW-ARNE peut octroyer une subvention aux abattoirs publics (avec un taux de subventionnement de 50 % et pour un montant maximum de 300 000 euros pour trois ans). D’autre part, Wallonie-Entreprendre peut également aider les abattoirs privés à se financer.
Je reste très attentive aux recommandations et réflexions émanant des éleveurs, mais comme je l’ai déjà mentionné, ce projet d’interdiction d’abattage à domicile relève du Ministre-Président qui a le bien-être animal dans ses compétences.