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L’espérance de vie du personnel des établissements d’hébergement des personnes handicapées

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 341 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 08/05/2025
    • de DEJARDIN Valérie
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    Selon les chiffres de l'IWEPS, en 2023, l'espérance de vie à la naissance en Wallonie est de 80,6 ans. Plus précisément, elle est de 82,9 ans pour les femmes et de 78,3 ans pour les hommes.

    Cette moyenne régionale masque toutefois des disparités considérables selon les conditions de vie, le niveau d'instruction, mais aussi selon le métier exercé. Certaines professions, en particulier les métiers physiques ou exposés à des risques professionnels élevés, présentent une espérance de vie nettement plus basse que d'autres.

    La Wallonie ou un organisme partenaire (FOREm, IWEPS, ONE, Agence wallonne pour une vie de qualité…) disposent-ils de statistiques sur l'espérance de vie moyenne selon les métiers ou les secteurs d'activité ?

    M. le Ministre dispose-t-il de chiffres plus précis concernant l'espérance de vie et l'espérance de vie en bonne santé du personnel des établissements d'hébergement des personnes handicapées, en distinguant les différentes fonctions (infirmier, soignant, paramédical, administratif, etc.) ?

    Quelles mesures ou politiques publiques sont envisagées pour réduire ces inégalités de longévité liées au travail pour ce qui concerne plus spécifiquement le personnel des établissements d'hébergement des personnes handicapées, notamment en matière de prévention et de promotion de la santé dans ce secteur ?
  • Réponse du 02/06/2025
    • de COPPIETERS Yves
    Je suis en effet très sensible à la situation du personnel qui œuvre dans les institutions accueillant des personnes en situation de handicap.

    À ce jour, il n’existe pas de données spécifiques et consolidées portant exclusivement sur l’espérance de vie du personnel travaillant dans les établissements d’hébergement pour personnes en situation de handicap. Cependant, j’ai pleinement conscience des difficultés que rencontrent ces professionnels au quotidien. J’ai aussi la chance de rencontrer de nombreuses équipes fières et motivées dans leur travail au service des personnes en situation de handicap.

    Cependant, leurs conditions de travail sont souvent physiquement et psychologiquement éprouvantes : travail en horaires décalés, manutention des personnes, exposition au stress, parfois à la violence, et forte charge émotionnelle. Ces facteurs pourraient, à terme, avoir un impact significatif sur leur santé et leur bien-être général.

    Dans cette perspective, une réflexion est engagée au sein de l’Agence sur les aspects d’infrastructure, notamment en favorisant le développement de petites unités de vie de 8 personnes maximum. Ce modèle d’organisation permet une diminution significative des troubles du comportement chez les bénéficiaires, ce qui, de facto, contribue à réduire la charge mentale et physique du personnel, à limiter les situations de tension, et donc à améliorer leurs conditions de travail sur le long terme.

    Depuis 2021, l’Agence a aussi mis en place des dispositifs permettant de suivre et d’évaluer les conditions de travail sur le terrain. Ainsi, tous les six ans, elle réalise des audits qui visent à apprécier la qualité de l’accueil des bénéficiaires, mais aussi à porter une attention particulière à l’organisation du travail et à l’implication du personnel, à travers l’évaluation des projets de service.

    Ces évaluations favorisent un management participatif et permettent de faire apparaître les éléments liés aux conditions de travail du personnel. L’objectif est de soutenir une dynamique de sens et d’engagement dans les missions, au bénéfice tant des professionnels que des personnes accompagnées.

    Il est par ailleurs essentiel d’intensifier la prévention des causes principales d’absentéisme et d’éloignement de l’emploi en veillant à instaurer une réelle politique de prévention des risques, principalement les troubles musculo-squelettiques et de santé mentale. Cette préoccupation s’inscrit dans le cadre du plan wallon de prévention et de promotion de la santé de cette législature. J’envisage à cet effet, une réflexion autour de la contribution des sections ou départements de surveillance de santé au travail que l’AViQ agrée.

    Par ailleurs, une recherche/action sur l’absentéisme au travail est en cours. Les étapes de la recherche seront ainsi :
    1. Analyser d’un point de vue législatif : répartition des compétences, articulation avec le code du bien-être, place de la promotion santé ;
    2. Analyser les recommandations régionales, nationales et internationales ;
    3. Concerter les acteurs actuels ou potentiels de la promotion de la santé en ce compris la prévention
    4. De proposer une méthodologie de projet en promotion de la santé dans le lieu de travail comprenant les aspects suivants :
    • analyse de la demande et des besoins étayée par une revue critique de la littérature ;
    • analyse de l’environnement, des forces et des faiblesses ;
    • la méthodologie définira ensuite les conditions de la mise en œuvre d’un projet de promotion de la santé de sa conception jusqu’à son évaluation ainsi que sa reproductibilité.

    En outre, le développement de dispositifs de reconnaissance, de soutien psychologique, ou encore d’aménagements de fin de carrière est essentiel pour préserver la santé et la longévité des travailleurs actifs dans ce secteur. Un travail sur la pénurie des professionnels de santé est également en cours afin d’identifier les leviers pour un meilleur bien-être sur les conditions de travail.

    Enfin, au niveau individuel, des interventions sont proposées par l’AViQ, notamment aux professionnels de ce secteur, en vue de l’ajustement des conditions du travail en raison d’un handicap ou d’une maladie.