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La qualité de l’air au sein des piscines

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 372 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 23/05/2025
    • de TILLIEUX Eliane
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    Il y a une dizaine de jours, l'émission #Investigation de la RTBF a mis en lumière la problématique de la trichloramine présente dans l'air des piscines chlorées.

    Ce gaz est un sous-produit du chlore, formé lorsqu'il entre en contact avec des matières organiques telles que la sueur, la salive ou l'urine des nageurs. Contrairement à d'autres substances, la trichloramine pénètre profondément dans les poumons sans être filtrée par les voies respiratoires supérieures, ce qui peut entraîner des effets néfastes à long terme. Ce risque est accentué par l'hyperventilation induite par la pratique de la natation, qui augmente considérablement l'inhalation de cette substance — parfois jusqu'à cinq fois plus qu'au repos. Ce danger concerne aussi bien les piscines couvertes que les installations en plein air.

    Bien que la toxicité de ce composé soit connue depuis plus de 20 ans, la Belgique applique encore aujourd'hui un seuil de 0,5 mg/m³, soit un niveau significativement plus élevé que dans plusieurs pays européens. En France, en Allemagne ou en Suède, les normes ont été revues à la baisse, fixées à 0,2 ou 0,3 mg/m³ pour mieux protéger la santé des usagers.

    En Wallonie, ce seuil reste inchangé depuis un quart de siècle.

    Quelles sont, à ce jour, les connaissances scientifiques disponibles concernant les effets de la trichloramine sur la santé des nageurs, du personnel encadrant, et plus particulièrement des jeunes enfants ?

    Les contrôles de la qualité de l'air dans les piscines sont-ils, selon M. le Ministre, suffisamment fréquents et rigoureux pour garantir la sécurité des usagers ?

    Quelles sont les raisons pour lesquelles la norme relative à la trichloramine n'a pas été révisée en Wallonie, malgré les évolutions observées dans d'autres pays ?

    Quelles pistes ou solutions alternatives pourraient être envisagées pour limiter efficacement l'exposition à ce gaz, notamment dans les infrastructures existantes ?
  • Réponse du 23/06/2025
    • de COPPIETERS Yves
    Comme l’honorable membre le sait, un des objectifs fondamentaux du traitement de l’eau dans les piscines publiques est de garantir une destruction efficace des micro-organismes ainsi que des matières organiques. Pour répondre à cette exigence de santé publique, l’eau doit à la fois être désinfectée et rester désinfectante. Ce traitement repose sur une combinaison de procédés, à savoir une épuration physique, par filtration, et une épuration chimique, par désinfection. La méthode de désinfection la plus couramment utilisée en Wallonie demeure la chloration, en raison de son efficacité éprouvée. Afin d’encadrer ces problématiques, la Région wallonne a défini des normes précises. La concentration en chlore combiné dans l’eau ne peut excéder 0,8 milligramme par litre. En ce qui concerne la trichloramine dans l’air, deux seuils sont à distinguer : une valeur d’intervention fixée à 0,5 milligramme par mètre cube et une valeur limite établie à 1 milligramme par mètre cube.

    Pour limiter ces concentrations, plusieurs solutions techniques existent: l’utilisation de réacteurs UV, l’ozonation, la production de chlore par hydrolyse, les procédés Cuivre-Argent et cetera, qui permettent d’extraire la trichloramine de l’eau. Toutefois, certaines de ces technologies ne garantissent pas une désinfection rémanente suffisante et doivent être associées au chlore.

    En ce qui concerne la protection des jeunes enfants, une réflexion est en cours afin d’évaluer l’opportunité d’instaurer des limites plus strictes pour le chlore combiné, l’urée et la trichloramine, ainsi que de prévoir des autocontrôles plus fréquents dans les établissements qui les accueillent.

    Les normes actuelles, les mesures de surveillance renforcées et les efforts continus d’amélioration témoignent de l’engagement constant de la région à garantir la sécurité des usagers, en particulier des plus vulnérables.