Le projet "Ans Park" et les risques de suroffre commerciale
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 741 (2024-2025) 1
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Question écrite du 27/05/2025
de de WASSEIGE Olivier
à DESQUESNES François, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux
La fermeture annoncée des magasins Cora soulève une inquiétude légitime quant à l'avenir de vastes surfaces commerciales aujourd'hui menacées d'abandon. Ces sites stratégiques à Liège et Rocourt risquent de se transformer en chancres urbains si une véritable stratégie de reconversion n'est pas enclenchée rapidement.
Dans ce contexte, le projet "Ans Park", tel que présenté dans la presse, suscite de nombreuses réactions. Il prévoit à proximité immédiate de Rocourt la construction d'un vaste complexe commercial, comprenant bureaux, espaces culturels, infrastructures sportives et un nouveau centre commercial sur plus de 120 000 m². Ce projet entre directement en concurrence avec les sites fragilisés de Cora et Makro.
Les autorités liégeoises s'y opposent, évoquant une suroffre commerciale déjà manifeste dans la région, un risque d'artificialisation accrue, et un affaiblissement des noyaux urbains existants.
Ce projet semble contredire les objectifs de sobriété foncière, de lutte contre l'étalement urbain et de réutilisation prioritaire des friches. Il met aussi en lumière l'urgence de réguler l'offre commerciale pour éviter la mise en concurrence destructrice de zones voisines.
M. le Ministre a-t-il été saisi du projet Ans Park ?
Quelle est la position du Gouvernement à son sujet ?
M. le Ministre confirme-t-il que la Wallonie privilégie désormais la reconversion des chancres existants ?
Quelles leçons tire-t-il des plans précédents (Makro, ArcelorMittal…) pour accompagner Cora ?
Dispose-t-il d'un cadre actualisé de planification commerciale régionale capable de prévenir la suroffre et d'orienter les projets de manière cohérente ?
Autrement dit, quelles synergies seront mises en place entre emploi, aménagement du territoire, et développement économique pour garantir que les décisions en matière de nouveaux projets soient en phase avec les enjeux sociaux et économiques actuels ?
Réponse du 18/06/2025
de DESQUESNES François
Une demande de permis d’urbanisme est actuellement à l’instruction auprès du fonctionnaire délégué de Liège 1 concernant un projet de reconversion et de développement commercial autour de l’enseigne Décathlon à Alleur. L’enquête publique s’est terminée le 17 mai dernier et le conseil communal d’Ans est amené à prendre une décision sur modification de la voirie communale proposée par le projet.
Comme le prévoit le CoDT, une série d’instances ont été consultées dans le cadre de l’instruction de la demande de permis et notamment, les collèges communaux des communes limitrophes, la direction des implantations commerciales du SPW Économie, Emploi, Recherche et la section « commerce » du pôle Aménagement du territoire. S’agissant d’un projet d’implantation commerciale de plus de 1 500 m² de superficie nette, c’est le fonctionnaire délégué qui est amené à prendre une décision sur le projet. Ces dispositions du CoDT permettent de prendre en considération l’impact supra-communal de tout développement commercial d’une certaine importance.
Le fonctionnaire délégué m’informe d’ailleurs avoir reçu plusieurs avis défavorables et qu’une réunion est programmée début juillet avec la commune d’Ans et le demandeur en vue de faire le point sur le dossier.
Pour ma part, étant potentiellement amené à prendre une décision sur le projet sur recours, l’honorable membre comprendra mon devoir de réserve. Je peux néanmoins lui confirmer que, conformément à la Déclaration de politique régionale, le Gouvernement entend privilégier la reconversion des friches.
En ce qui concerne l’encadrement des permis relatifs aux implantations commerciales à l’échelle de la Wallonie, le Schéma de développement du territoire a défini des mesures guidant l’urbanisation liée aux implantations commerciales. Elles sont d’application depuis le 1er août 2024. Associées à la cartographie des centralités, ces mesures visent l’optimisation spatiale et permettent de planifier la localisation des implantations commerciales en tenant compte de la lutte contre l’étalement urbain et la préservation des terres.