La prévention des incendies de forêt et de végétation en cas de sécheresse
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 234 (2024-2025) 1
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Question écrite du 10/06/2025
de DURENNE Véronique
à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Le 23 mai 2025, un incendie d'origine criminelle a ravagé environ 50 hectares de la réserve naturelle protégée de la Haute Campine, dans la province du Limbourg. La sécheresse persistante a grandement contribué à l'ampleur du sinistre.
À la suite de cet événement, le ministre fédéral du Climat a indiqué avoir adressé un courrier aux ministres régionaux et aux gouverneurs afin de plaider pour un renforcement des moyens en matière de prévention des incendies, de soutien aux services d'urgence dans les zones à haut risque, d'aménagement du territoire avec des zones tampons naturelles, ainsi que pour une coopération plus étroite entre les différents niveaux de pouvoir.
Mme la Ministre a-t-elle reçu ce courrier, et si oui, quelle en a été sa lecture ?
Quelles suites entend-elle donner aux propositions formulées par son homologue fédéral ?
La Wallonie envisage-t-elle de renforcer ses moyens en matière de prévention, de lutte contre les incendies et d'aménagement du territoire pour mieux protéger les espaces naturels ?
Enfin, quelles actions concrètes pourraient être envisagées à court et moyen terme pour répondre à ces enjeux croissants, dans un contexte de changement climatique ?
Réponse du 01/07/2025
de DALCQ Anne-Catherine
J’ai effectivement pris connaissance du courrier du ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale concernant les résultats de l’étude du CERAC. M. Crucke souhaite également organiser une table ronde dédiée aux catastrophes naturelles engendrées par le réchauffement climatique dont la date n’est pas encore fixée.
Concernant l’étude du CERAC, les résultats de celle-ci convergent avec les résultats d’autres études menées en la matière comme tout récemment celle sur la vulnérabilité du territoire wallon face aux changements climatiques, réalisée dans le cadre du projet 317 du Plan de relance.
Des analyses de risques sont également réalisées tous les deux ans au niveau régional à l’initiative du CORTEX et tous les trois ans au niveau fédéral par le Centre de crise national.
À ce jour, toutes les recommandations scientifiques définitives n’ont pas encore été présentées.
Les constats semblent malheureusement confirmer ce que de nombreuses recherches ont déjà mis en évidence concernant les effets du changement climatique sur la biodiversité, les forêts et leurs services écosystémiques.
C’est pourquoi ma priorité est la restauration des habitats afin d’agir pour renforcer la résilience écologique. C’est d’ailleurs un des objectifs majeurs du règlement sur la restauration de la nature. Dans ce cadre, la Belgique élaborera un plan national de restauration. Les travaux sont en cours, et il est donc à ce stade prématuré d’évoquer des mesures concrètes.
Il est par ailleurs certain que ce processus s’articulera avec la future stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques, actuellement en préparation sous l’impulsion de ma collègue, la ministre du Climat et que les pouvoirs locaux joueront un rôle essentiel dans l’atteinte des objectifs. L’adoption prochaine d’un décret sanitaire, actuellement soumis à concertation, marquera également une nouvelle étape dans la lutte contre les feux de forêt.
De même, comme annoncé déjà précédemment d’autres travaux sont en cours au sein de mon cabinet : - la mise en œuvre de la loi sur la restauration de la nature et l’articulation avec la stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques ; - le plan quinquennal de recherche forestière qui sera plus flexible afin de pouvoir réagir plus rapidement en cas de besoin et de concentrer les forces sur un problème précis et urgent ; - dans les forêts publiques, les plans d’aménagements forestiers doivent également être plus flexibles, car nous ne sommes plus capables de faire des prévisions sur du long terme ; - la poursuite de l’écriture de la stratégie forestière avec une concertation des acteurs ayant participé à l’élaboration des 74 résolutions prévue pour le mois de septembre ; - l’actualisation du plan de crise « incendie en mieux naturel » qui est en co-construction entre le DNF, les Gouverneurs, les zones de secours et ReZonWal et qui évalue les zones pilotes (cartographie).
Chaque année, le DNF suit avec attention et rigueur l’évolution du risque d’incendie et rédige un rapport hebdomadaire d’analyse du risque d’incendie en milieu naturel. Il participe également à la cellule sécheresse et collabore activement avec le CORTEX. La vigilance face au risque d’incendie fait partie des missions quotidiennes des agents du DNF.
Enfin, consciente des enjeux, il est bien évident que, mes services et moi-même participerons activement à l’élaboration d’un plan national de gestion des crises liées à ce type d’incidents.