L’approche personnalisée des activations sociales sur le marché de l'emploi
Session : 2024-2025
Année : 2025
N° : 302 (2024-2025) 1
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Question écrite du 07/07/2025
de DURENNE Véronique
à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
La Flandre a fait le choix d'une approche novatrice pour renforcer l'accompagnement des bénéficiaires du revenu d'intégration. Ce modèle repose sur une personnalisation poussée du suivi, une collaboration étroite entre les CPAS et le VDAB, et une orientation vers des objectifs réalistes de réintégration, qu'ils soient sociaux ou professionnels.
Dans la même veine, la Wallonie a déjà initié plusieurs démarches dans cette direction. Je pense notamment aux plans de coopération entre le FOREm et certains CPAS, ou encore à des dispositifs locaux comme les cellules d'insertion sociale, les équipes pluridisciplinaires, ou les expériences pilotes en territoires zéro chômeur.
Cependant, malgré ces efforts, force est de constater que la fragmentation des dispositifs, le manque d'outils de suivi homogènes et l'insuffisance des moyens humains au sein de certains CPAS constitue encore des freins à une réelle activation personnalisée des publics les plus éloignés de l'emploi.
Comment M. le Ministre évalue-t-il, à ce jour, l'efficacité de la coopération entre les CPAS et le FOREm en Wallonie ?
Existe-t-il un monitoring régulier de ces dispositifs, et quels en sont les résultats concrets en matière de réinsertion ?
Le Gouvernement wallon envisage-t-il de s'inspirer plus directement du modèle flamand, en développant une approche personnalisée systématique au sein des CPAS, adossée à des moyens accrus, à une formation renforcée des agents et à des indicateurs de suivi plus pertinents ?
Dans la logique d'activation des politiques sociales, M. le Ministre pense-t-il qu'un cadre wallon plus structuré, fondé sur une logique de « tremplin vers l'emploi ou la formation », pourrait être mis en œuvre dans l'ensemble des CPAS, en cohérence avec les missions du FOREm et du Plan de relance ?
Enfin, M. le Ministre peut-il nous indiquer si des projets pilotes, des budgets spécifiques ou des initiatives transversales (emploi, action sociale, formation) sont à l'étude ou en voie de déploiement pour renforcer cette dynamique d'insertion individualisée en Wallonie ?
Réponse du 29/07/2025
de JEHOLET Pierre-Yves
Force est de constater que la collaboration actuelle entre le FOREm et les CPAS, mise en place au travers de 203 conventions de coopération signées à ce jour dans le cadre de l’accompagnement des chercheurs d’emploi, n’est pas optimale.
Or, cette collaboration s’avère d’autant plus essentielle dans le contexte à venir, marqué par la limitation dans le temps du droit aux allocations de chômage. C’est la raison pour laquelle j’ai notamment proposé, au Gouvernement wallon, ce 17 juillet, un projet de décret rendant obligatoire l’inscription au FOREm des bénéficiaires du revenu d’intégration aptes au travail et définissant davantage les rôles de chacun pour un accompagnement plus cohérent et individualisé des chercheurs d’emploi.
Dans ce nouveau contexte, il conviendra donc de renforcer cette collaboration en assurant une meilleure coordination entre les deux institutions dans la réalisation de leurs missions respectives auprès de leur public conjoint, par exemple, en renforçant les liens entre le plan d’action obligatoire du FOREm et le PIIS. Le FOREm apportera de cette manière un soutien renforcé pour l’accompagnement à l’emploi aux services d’insertion des CPAS, qui seront vraisemblablement fortement sollicités par l’arrivée de publics exclus du chômage, mais ouvrant un droit au revenu d’intégration sociale (RIS).
Cette collaboration s’inscrit également dans un contexte de réforme d’un écosystème des acteurs d’insertion socioprofessionnelle pour axer l’intervention de chaque acteur dans une logique de parcours intégré. Il s’agit d’éviter que les chercheurs d’emploi passent d’un opérateur à un autre, sans nécessairement grandir dans les qualifications, dans les compétences alors que ces personnes doivent augmenter leurs chances de s’insérer sur le marché du travail. Il ne s’agit pas d’accompagner pour accompagner ou de former pour former, mais d’intervenir dans un parcours qui doit mener à l’emploi. Les différents acteurs doivent collaborer dans le cadre d’un écosystème clair et lisible pour les chercheurs d’emploi.
Actuellement, il y existe une multitude d’acteurs d’insertion socioprofessionnelle au niveau local : les maisons de l’emploi, les relais de l’emploi et les bureaux de proximité, les services d’insertion socioprofessionnelle des CPAS, les ALE, les IDESS et les Régies des quartiers, etc. Ce qui rend compliqué la lisibilité du parcours pour le chercheur d’emploi éloigné du marché du travail.
Afin de mieux répondre aux besoins des chercheurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail, l’optimisation envisagée de ces acteurs de proximité consiste à réunir dans un lieu unique les acteurs de terrain tout en évitant les redondances. Ainsi, ces structures seront directement en lien avec les chercheurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail, soit lors de leur inscription et de leur accompagnement au sein du FOREm, soit dans le cadre de l’obtention d’un RIS. En outre, en plus des dispositifs « article 60 » et « article 61 », mis directement en œuvre par les CPAS, les ALE et les IDESS constituent des initiatives intéressantes pour une remise à l’emploi progressive pour les chercheurs d’emploi éloignés du marché du travail.
Au sein de ce lieu unique, les chercheurs d’emploi pourront bénéficier d’un accompagnement intensif et personnalisé à proximité de leur domicile.