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Le développement d’une stratégie en matière d’œnotourisme en Wallonie

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 281 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 08/07/2025
    • de DURENNE Véronique
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    L'ambition désormais affichée par la France d'atteindre la première place en Europe de l'œnotourisme d'ici 2030, fondée sur un mouvement de croissance de 12 millions d'œnotouristes en 2023, doit nous interpeller. Elle s'appuie sur des structures comme le label national « Vignobles & Découvertes », un conseil supérieur dédié, ainsi que des outils de promotion innovants.

    En Wallonie, l'œnotourisme existe aussi et commence à se structurer : on compte une dizaine de vignobles professionnels, avec des appellations telles que « Vin de pays des jardins de Wallonie » ou « Crémant de Wallonie ».

    Par ailleurs, le mouvement coopératif progresse : la coopérative Vin de Liège réunit plusieurs milliers de coopérateurs qui exploitent 16,5 hectares et produisent 100 000 bouteilles par an, avec un modèle exemplaire d'économie sociale et un projet d'extension.

    Des domaines comme Chant d'Éole, Château de Bioul, La Bouhouille, Domaine W ou Le Chenoy proposent déjà des visites, animations, dégustations et événements (pop-up gastronomiques, balades à vélo dans les vignes…).

    À la lumière de ces constats, je souhaiterais savoir si le Gouvernement wallon estime-t-il que cette base émergente offre suffisamment de potentiel pour aller vers une stratégie structurée d'œnotourisme régionale, surtout face à l'initiative française ?

    Une coopération est-elle possible et souhaitable ?

    Mme la Ministre envisage-t-elle de créer un label wallon (par exemple « Vignobles de Wallonie ») couvrant qualité, durabilité et accueil touristique ?

    Un appui concret est-il prévu pour renforcer la prospection étrangère, coordonner une offre commune, ou digitaliser la réservation et la promotion ?

    Le soutien à l'économie sociale viticole, comme celui accordé à des coopératives, sera‑t‑il amplifié via des incitants financiers ou fiscaux ?

    Enfin, quelle place Mme la Ministre accorde-t-elle à la durabilité (mobilité douce, infrastructures Clé Verte, circuits courts) dans cette stratégie, et quel serait le calendrier budgétaire et décisionnel pour en faire un projet ambitieux d'ici 2030 ?
  • Réponse du 05/08/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    À ce jour, il n’existe pas encore de stratégie régionale spécifique en matière d’œnotourisme. Une telle démarche mériterait d’être élaborée en concertation avec ma collègue Valérie Lescrenier, en charge du Tourisme. J’invite donc l’honorable membre à la solliciter pour plus d’informations à ce sujet.

    De mon côté, je reste pleinement disponible pour contribuer à une réflexion conjointe, si elle juge cette synergie pertinente. L’idée d’un label wallon, tel que « Vignobles de Wallonie », intégrant des critères de qualité, de durabilité et d’accueil touristique, pourrait constituer un levier structurant dans le cadre d’une telle stratégie.

    Mme la Ministre Valérie Lescrenier a apporté des éléments d’informations sur le sujet lors de la séance publique de la Commission du tourisme et du patrimoine du 26 mai 2025 dans sa réponse à la question orale de M. le Député Grégory Chintinne sur « l’œnotourisme en Wallonie » ; j’en reprends sous citation d’auteur les éléments principaux dans les lignes qui suivent.

    « … VisitWallonia a réalisé la carte « Route des vins et des spiritueux de Wallonie » comprenant 46 vignobles et distilleries à visiter en Wallonie. Mentionnons également le guide « Balades vin en Wallonie » ou le projet Vino-Trip qui propose de partir à vélo à la rencontre de vignerons en Brabant wallon.

    Complémentairement, les vignobles wallons eux-mêmes organisent des visites guidées, des dégustations de vins et de spiritueux, ainsi que d’autres activités. C’est notamment le cas au château de Bioul, au domaine du Chant d’Éole ou encore au vignoble des Agaises, près de Binche. L’œnotourisme permet à ces opérateurs d’avoir une activité tout au long de l’année et de mettre en avant à la fois le savoir-faire, le patrimoine bâti et le cadre naturel de leur exploitation.

    ... À ce titre, l’œnotourisme s’inscrit parfaitement dans le développement du slow tourisme wallon ; un tourisme vert, expérientiel et respectueux du cadre de vie. Il peut tout autant s’inscrire dans le développement du MICE sur notre territoire en proposant un cadre original et authentique. »

    Si une stratégie d’œnotourisme n’est pas encore déployée, cette activité est soutenue directement par ma collègue et indirectement par moi-même. En effet, dans le cadre de mes compétences, le SPWARNE - Direction de la qualité et du bien-être animal (DQBEA) est en charge du développement et de la supervision des cahiers des charges de productions de qualité, dont les vins produits en Wallonie.

    Concernant les interactions avec nos homologues français, bien qu’ayant une Histoire et des contextes différents et de surcroit, propres à chaque terroir en France, il sera opportun de partager nos expériences et d’envisager un continuum entre nos vignobles en matière d’œnotourisme, mais je pense qu’une stratégie wallonne est un préalable.

    Notons encore que l’Association (AVW) est membre de la Confédération européenne des vignerons indépendants. Elle a des partenariats avec la Cité du vin de Bordeaux et a collaboré avec l’Université de Dijon dans le cadre d’une étude sur la dynamique des vignobles belges. Mon prédécesseur a par ailleurs soutenu l’Association des vignerons de Wallonie dans ses actions de promotion et de communication de la vitiviniculture en Wallonie. Une subvention leur est octroyée depuis 2016 et elle s’élève à 145 000 euros pour les années 2024-2025. J’ai d’ailleurs confirmé à l’association qu’une subvention pour la continuité de leur activité leur sera accordée à la fin de la période actuelle. Enfin, l’association a pris des contacts avec l’AWEx qui accompagne les entreprises belges dans leurs efforts de mises en relation avec les marchés étrangers.

    Concernant l’économie sociale, les coopératives agricoles étaient jusqu’à présent soutenues par les aides TCPA. L’administration et mon cabinet sont en cours de réflexion sur cette politique.

    Plus précisément sur la durabilité, la DQBEA collabore actuellement activement avec l’Association des vignerons de Wallonie sur la révision des cahiers des charges « Vin de Wallonie IGP » et « Crémant de Wallonie AOP » dans lesquels des critères de durabilité et une démarche environnementale, dont une meilleure adaptation des vignobles au changement climatique, seront intégrés à l’avenir.