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La vulnérabilité des sans-abri face aux vagues de chaleur

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 532 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 09/07/2025
    • de CREMASCO Veronica
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    La Belgique connaît et connaîtra des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses. Plusieurs grandes villes sont amenées à activer leur plan canicule. Ces plans comprennent des mesures de prévention à destination des populations à risque, parmi lesquelles les personnes âgées, les nourrissons, les malades chroniques, mais aussi les personnes sans abri.

    Pourtant, selon un spécialiste en écologie urbaine qui s'exprime dans Le Soir de ce 17 juin, cette dernière catégorie reste insuffisamment prise en compte dans les politiques publiques. Les actions ciblées en période de forte chaleur existent, mais demeurent trop limitées, tandis que des pratiques comme la fermeture des parcs la nuit aggravent encore leur exposition à des problèmes sanitaires en les privant d'espaces rafraîchissants.

    Selon une enquête Statbel, 40 % des personnes en situation de pauvreté extrême déclarent ne pas pouvoir rafraîchir leur logement en été, soit un chiffre encore supérieur à celui des personnes qui ne parviennent pas à se chauffer en hiver.

    Quelles actions concrètes le Gouvernement wallon met-il en œuvre pour protéger les personnes sans abri durant les périodes de forte chaleur ? Le cas échéant, quels moyens de communication seront utilisés pour toucher le public ciblé ?

    La création de « refuges climatiques » (tels que des bibliothèques, des écoles, des espaces publics comme des parcs ... ) accessibles aux sans-abri et aux personnes en situation de précarité est-elle programmée en Wallonie comme c'est le cas dans de nombreuses autres régions d'Europe ? Si oui, où et comment ?

    Enfin, pour avoir une gestion objectivée, des données sont-elles collectées en Wallonie sur l'impact des vagues de chaleur sur la santé des plus démunis ?
  • Réponse du 09/07/2025
    • de COPPIETERS Yves
    Depuis 2010, plusieurs relais sociaux se sont mobilisés pour mettre en place des plans « Canicule », bien que ceux-ci ne soient pas encadrés de manière obligatoire comme le « Plan grand froid » et ne figurent pas dans le Code wallon de l’Action sociale et de la Santé. Ces plans sont donc portés de manière volontaire, locale et concertée.

    Les relais sociaux travaillent en étroite collaboration avec les relais santé et s’appuient bien entendu sur tout leur réseau de partenaires. Il va de soi que chaque relais social organise, avec les acteurs de terrain, son plan selon les modalités qu’il définit et selon les spécificités du terrain et son réseau de partenaires. À titre d’exemple, à Namur, des maraudes de week-end sont menées par le relais santé, en collaboration avec le Dispositif d’urgence sociale du CPAS. Ces maraudes visent à prévenir non seulement l’hyperthermie, mais aussi l’hypothermie nocturne, compte tenu des forts écarts de température entre le jour et la nuit.

    Ces mesures, prises en cas de canicule et de pic d’ozone, s’articulent généralement autour de la détection du public sans abri, notamment lors de maraudes. Elles prévoient également de leur garantir un accès à l’eau potable, un abri frais, ainsi qu’à des douches et des soins.

    À ce stade, nous n’envisageons pas de campagne de prévention de grande ampleur. Néanmoins, une information de proximité est généralement transmise via les maraudes, qui permettent un contact direct avec les personnes concernées.

    Au-delà de ces dispositifs d’urgence, notre volonté dans le cadre des travaux d’élaboration de la stratégie coordonnée de sortie du sans-abrisme est bien de passer d’une logique de réponse à l’urgence pour adopter une approche globale, structurelle et préventive. Il semble donc important de mentionner que plus nous irons dans ce sens, moins nous aurons à recourir à des dispositifs d’urgence qui, malgré leur utilité, ne permettent pas d’apporter des solutions durables.

    Enfin, en ce qui concerne une gestion objectivée et d’éventuelles données collectées sur l’impact des vagues de chaleur sur la santé des plus démunis, il n’existe actuellement que peu d’études spécifiques à l’échelle de la Wallonie. Toutefois, les relais santé documentent localement les cas de déshydratation, de coups de chaleur, ou encore l’aggravation de troubles physiques et mentaux. Ces constats rappellent la nécessité d’une stratégie intégrée pour réduire durablement la vulnérabilité liée à la vie en rue.

    Les acteurs de terrain font le maximum, avec l’appui des autorités, pour prévenir tout risque d’hyperthermie, de déshydratation ou d’hypothermie parmi les personnes les plus démunies de notre société.