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L'absence de réponse face à la souffrance des vétérinaires

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 534 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 09/07/2025
    • de FONTAINE Eddy
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    À la faveur d'une réponse à notre collègue Éliane Tillieux, M. le Ministre a indiqué : « Depuis 2021, le nombre de suicides en Wallonie a augmenté, passant de 653 en 2021 à 716 en 2022 ».

    Il indiquait ensuite : « Classiquement, la prévention du suicide s'organise sur trois niveaux de mesures : des mesures qui visent la population générale ; des mesures de prévention pour un public plus à risque ; des mesures visant un public à haut risque ».

    Dans ce cadre, selon lui, les vétérinaires constituent-ils un public à risque ou à haut risque ? En effet, plusieurs études démontrent qu'il s'agit d'une profession dans laquelle le nombre de suicides est bien plus élevé que la moyenne.

    Le cas échéant, quelles mesures de prévention M. le Ministre a-t-il ou veut-il mettre en place en vue de prévenir les suicides dans cette profession ? A-t-il chargé le Centre de référence contre le suicide, « Un pass dans l'Impasse » de définir des actions spécifiques pour certains métiers ?

    A-t-il déjà établi des collaborations, voire une concertation avec l'Union professionnelle vétérinaire ? Sous la précédente législature, sa prédécesseuse avait initié le rôle de sentinelle afin de former des personnes à la détection et la prévention du suicide. L'UPV pourrait-elle nouer un partenariat avec « Un Pass dans l'Impasse » pour former des sentinelles auprès des vétérinaires ?
  • Réponse du 09/07/2025
    • de COPPIETERS Yves
    J’ai bien conscience que les professionnels exerçant le métier de vétérinaire sont des personnes à risque en ce qui concerne la détresse suicidaire.

    En effet, le centre de revalidation Impasse dans l’Impasse (UPDI) qui a, notamment, pour mission d’intervenir auprès des indépendants en détresse, nous confirme que cette profession fait partie du top 3 des professionnels en détresse qu’ils suivent.

    Le centre UPDI dans ses missions de prévention travaille de concert avec l’Union professionnelle vétérinaire et l’Ordre des médecins vétérinaires de Belgique pour sensibiliser les professionnels aux problèmes de santé mentale auxquels ils peuvent être confrontés à la suite des actes qu’ils doivent réaliser, notamment en termes d’euthanasie d’animaux, ou à la surcharge de travail.

    Le centre UPDI a mis en place un dispositif de sentinelles qui propose de former, mobiliser et d’accompagner toute personne qui souhaite agir volontairement en tant que sentinelle dans son propre milieu de vie (professionnels, loisirs ...) et de jouer un rôle proactif de relais entre la personne suicidaire et les ressources qui peuvent intervenir auprès d’elle, en lui permettant de sortir de son isolement en déclenchant une alerte avec son accord explicite.

    Ce dispositif a été proposé auprès des délégués vétérinaires dont certains ont accepté de s’y former. Il est à noter qu’une alerte a été mise en place grâce à ce dispositif.

    Il nous revient que la détresse suicidaire est déjà présente dans les facultés de médecines vétérinaires. Le centre UPDI et la faculté de médecines vétérinaires de Liège travaillent à la mise en place d’une collaboration. L’objectif serait que le centre UPDI puisse faire de la sensibilisation sur les problématiques de santé mentale auprès des futurs vétérinaires.

    Le centre UPDI sera présent à l’occasion des festivités réalisées, pour les 75 ans, de l’Union professionnelle vétérinaire qui auront lieu en octobre prochain. Ils y effectueront des sensibilisations sur les problématiques de santé mentale, les risques suicidaires et présenteront le dispositif de sentinelles.