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La création d’une réserve citoyenne en Wallonie

  • Session : 2024-2025
  • Année : 2025
  • N° : 249 (2024-2025) 1

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  • Question écrite du 22/07/2025
    • de DURENNE Véronique
    • à DOLIMONT Adrien, Ministre-Président et Ministre du Budget, des Finances, de la Recherche et du Bien-être animal
    Le 21 mai 2025, la Commune bruxelloise d'Auderghem a officiellement lancé une Réserve citoyenne communale. C'est un dispositif innovant destiné à renforcer la résilience locale face aux crises de toute sorte. Inspirée d'exemples scandinaves, cette réserve permet aux citoyens de s'enregistrer volontairement en amont pour prêter main forte aux services communaux lors de situations exceptionnelles telles que des inondations, des épisodes climatiques extrêmes, des pandémies ou d'autres événements perturbateurs. Les profils recherchés sont variés — professionnels de la santé, cuisiniers, traducteurs, logisticiens, informaticiens ou tout simplement citoyens prêts à aider selon leurs compétences. Ainsi, à côté de la réserve de la Défense nationale, dévolue à des missions militaires, il existe désormais une réserve communale dévolue à des missions civiles.

    Cette initiative traduit une volonté forte de mobilisation populaire, de solidarité structurée, et de réponse citoyenne coordonnée aux urgences, tout en renforçant le lien entre les habitants et les autorités locales.

    Dans un contexte où les communes wallonnes sont, elles aussi, régulièrement confrontées à des crises (pensons aux inondations de 2021, aux défis sanitaires récents, ou encore aux enjeux de soutien aux populations vulnérables) il semble pertinent d'interroger l'implémentation d'un tel dispositif en Wallonie.

    Existe-t-il à ce jour dans une ville ou commune de Wallonie une initiative comparable à la réserve citoyenne lancée à Auderghem ?

    M. le Ministre-Président sait-il si des communes wallonnes ont mis en place ou envisagent-elles un mécanisme similaire de mobilisation volontaire citoyenne encadrée par l'administration communale ?

    Dans le respect de l'autonomie communale, le Gouvernement wallon a-t-il mené une réflexion sur la pertinence d'un tel dispositif à l'échelle régionale ?
    Le cas échéant, quel support de l'ordre financier, logistique ou réglementaire pourrait-il être proposé aux pouvoirs locaux désireux de le mettre en œuvre ?

    Comment M. le Ministre-Président évalue-t-il les retombées possibles de ce type de mécanisme sur le plan de la gouvernance locale, de la cohésion sociale, et de la capacité collective à affronter les crises ?

    Ne s'agit-il pas là d'un outil précieux pour mieux structurer la participation citoyenne dans un cadre opérationnel et utile ?
  • Réponse du 03/09/2025
    • de DOLIMONT Adrien
    L’initiative de la commune d’Auderghem que l’honorable membre met en exergue s’inscrit dans le cadre du programme BRU Response, initié en 2023 par le haut fonctionnaire de l'agglomération bruxelloise. Ce programme, destiné à renforcer la capacité individuelle et collective à surmonter les crises en Région de Bruxelles-Capitale, est lui-même inspiré de la dynamique BW Response lancée par le Gouverneur de la Province de Brabant wallon à la suite des inondations de juillet 2021.

    Les gouverneurs de province ont donc, d’initiative puis avec le soutien du Gouvernement wallon, mis en œuvre des programmes structurés visant à impliquer les citoyens dans la gestion de crise et la résilience territoriale. Ces démarches ne s’appellent pas formellement « réserve citoyenne » mais poursuivent des objectifs similaires.

    Le programme BW Response en Brabant wallon inclut :
    • la création d’une réserve provinciale de sécurité civile (RPS de 160 volontaires, formés, assurés et encadrés pour appuyer les services de secours lors de crises majeures ;
    • la mise en place de rencontres citoyennes dans les 27 communes du Brabant wallon afin de sensibiliser la population, recueillir ses attentes et identifier des relais locaux ;
    • des formations spécifiques destinées aux élus, responsables associatifs et citoyens engagés ;
    • des plateformes de solidarité permettant de mutualiser les moyens techniques et d'encadrer les élans de solidarité en cas de crise.

    La dynamique est similaire en Province de Luxembourg avec LUX Response.

    Le programme Namur SAFE & SECURE développe quant à lui le projet « Impli-cit », qui prévoit à la fois une sensibilisation de la population à la culture du risque et la mise en place d’une équipe de citoyens volontaires (ECV). En intégrant cette équipe, les volontaires sont sensibilisés, conventionnés, assurés et activables en cas de besoin sur le terrain, en renfort des principaux acteurs de crise sans toutefois s’y substituer. En fonction de la situation d’urgence, le citoyen membre de l’ECV Impli-cit peut ainsi être appelé par la commune (signataire de la convention) ou par le Gouverneur pour agir. S’il accepte de se mobiliser, il recevra un ordre de mission décrivant ce qui est attendu de lui et le lieu de rendez-vous.

    Enfin, en provinces du Hainaut et de Liège, la stratégie d’implication citoyenne se déploie via des actions de sensibilisation, des mallettes pédagogiques, des rencontres publiques et des dispositifs participatifs dans les plans d’urgence.

    Toutes ces actions menées par les Gouverneurs, dont certaines prémices remontent bien avant 2021, ont ensuite reçu le support du Gouvernement wallon par le biais de lettres de mission adressées en 2024 aux Gouverneurs.

    On y retrouve trois axes structurants :
    • la mise en place de cycles de formation ciblés selon les publics (élus, entreprises à risques, citoyens) ;
    • la création et coordination de réseaux de volontaires (information, action de terrain) ;
    • le développement de plateformes techniques et de solidarité citoyenne pour mieux répondre aux crises.

    Ce cadre régional permet aux gouverneurs, en lien avec les communes, de proposer des dispositifs cohérents, adaptés aux réalités locales, tout en favorisant la mutualisation des efforts.

    En parallèle, la Wallonie continue de soutenir des projets innovants, comme par exemple le serious game « Cit’in Crise » développé par le CORTEX, outil pédagogique interactif pour sensibiliser les citoyens à la gestion de crise.

    Par ailleurs, le Centre de crise national développe également des formations à destination du grand public. Les démarches régionales et fédérales ne sont pas concurrentes : elles doivent être coordonnées pour garantir une montée en maturité homogène sur le territoire et s’intégrer dans une approche whole-of-government / whole-of-society.