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L'épidémie de bactérie "E. coli" dans les maisons de repos et les maisons de repos et de soins

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 38 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 10/09/2025
    • de CREMASCO Veronica
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    Depuis la mi-août, à travers le pays, plusieurs maisons de repos et maisons de repos et de soins ont dû déplorer l'apparition chez leurs résidents, mais aussi au sein de leur personnel, de symptômes liés à la bactérie Escherichia coli, dite Stec.

    En Wallonie, l'AViQ a annoncé le 30 août que deux résidents d'une maison de repos située à Ottignies-Louvain-la-Neuve avaient été hospitalisés et qu'un décès avait été enregistré. L'agence a rapidement procédé à des analyses et des prélèvements afin d'identifier la source de la bactérie.

    Les informations relatives à la Flandre sont encore plus inquiétantes puisqu'en date du 29 août, six institutions ont été touchées, 21 personnes étaient tombées malades, 6 d'entre elles étant décédées entre le 18 et 25 août. Il faut noter que la maison de repos wallonne touchée appartient au même groupe que les 6 résidences flamandes touchées. Une résidence était également touchée à Bruxelles.

    Interrogée par Le Soir, la porte-parole de l'AFSCA a indiqué que « la contamination est oro-fécale, le plus souvent par l'ingestion d'aliments contaminés par la bactérie comme des légumes non cuits, du lait et du fromage non pasteurisé ou encore de la viande pas assez cuite ».

    De quelles informations M. le Ministre dispose-t-il quant à l'impact de la présence de cette bactérie Stec dans les maisons de repos et maisons de repos et de soins en Wallonie ? Appartiennent-elles toutes au même groupe ? Combien de décès ont été déplorés ?

    La source de la contamination a-t-elle été identifiée ?

    Des résidences appartenant à un autre groupe ont-elles été touchées ?

    Quelles mesures peuvent être prises pour éviter de telles contaminations ? L'AViQ a-t-elle édicté des directives particulières ?
  • Réponse du 13/10/2025
    • de COPPIETERS Yves
    Pour la période de ce mois d’août, seule une maison de repos du groupe concerné a recensé des résidents infectés par cette bactérie.

    Aucun décès ayant un lien direct avec la bactérie n’a été formellement mis en évidence. D’autres cas ont été signalés dans des résidences privées et sont également en cours d’investigation.

    La source de la contamination n’a pas été identifiée formellement dès lors que des échantillons n’étaient plus disponibles, mais les suspicions portent sur de la viande crue.

    En ce qui concerne l’appellation générale « Escherichia Coli » (E.Coli), il est important de savoir que l’E.Coli fait partie de la flore normale du tube digestif humain.

    Ce sont les STEC (Escherichia Coli producteurs de Shigatoxines), appelés également E.Coli Entéropathogènes qui sont à déclaration obligatoire dès qu’un cas est confirmé par les laboratoires de biologie clinique.

    Les prélèvements sont ensuite transmis au CNR où une analyse y est effectuée pour en connaitre la souche ; cette analyse consiste en un Whole Genome Sequencing qui demande en général une semaine supplémentaire d’investigation au laboratoire.

    Il n’est donc pas permis de se prononcer sur leur appartenance au même « groupe » avant l’obtention de résultats complets.

    L’AViQ mène quotidiennement des investigations en lien avec d’autres cas suspects dans d’autres institutions : elle réalise les enquêtes épidémiologiques pour les déclarations reçues journalièrement, cette tâche relevant des fonctions quotidiennes de la DSMI (Direction Surveillance des maladies infectieuses).

    Pour ce faire, la DSMI dispose de protocoles en interne pour mener ces enquêtes épidémiologiques : collecte d’informations sur le cas dépisté ; recherche de la source de contamination ; recommandations aux personnes impliquées dans l’enquête et collaboration avec les services liés (National Focal Point (NFP) si voyage, AFSCA, ONE, MCC, SEPPT, MG, et cetera).

    Les mesures à prendre pour éviter de telles contaminations concernent tant la population générale que les établissements et les collectivités.

    Le respect des mesures d’hygiène générales et spécifiques aux maladies à transmission féco-orale est essentiel, celles-ci relevant des responsabilités de chacun.

    a. Pour la population générale :

    Se laver les mains fréquemment avec du savon, en particulier avant de manger et après être allé aux toilettes. Optimiser la sécurité alimentaire en cuisant bien les aliments, en réfrigérant les restes, et en lavant les fruits et légumes, surtout s'ils ne sont pas pelés.

    Les mesures d’hygiène vis-à-vis du grand public font partie des recommandations véhiculées usuellement.

    b. Pour les établissements et les collectivités :

    Il existe plusieurs types de prévention : primaire (avant l’apparition d’un événement comme les procédures de l’AFSCA pour la gestion des denrées alimentaires) - secondaire (il y a au moins un malade, et c’est donc à ce moment-là qu’il faut concentrer les efforts pour limiter la transmission interhumaine) :
    - au niveau alimentaire et gestion des cuisines : recommandations spécifiques de la chaine alimentaire. C’est l’AFSCA qui est compétente pour la prévention primaire ou le retrait de certains aliments ;
    - au niveau de la gestion sanitaire des contacts interhumains ;
    - au niveau de la prévention primaire, c’est l’hygiène de base : entretien des locaux, lavage des mains pour les soignants (les 5 moments de soins).

    Les établissements possèdent généralement leur procédure interne, surtout lorsqu’il s’agit d’un groupe de maisons de repos, les recommandations sont communes à tous les établissements dépendant de ce groupe.

    Par ailleurs, lorsqu’un cas se développe, les établissements disposent de leur propre protocole interne : isolement, mise en place des EPI nécessaires à la prise en charge du patient, chaine du linge différente, chaine de la vaisselle différente, renforcement des mesures globales (nettoyage et lavage des mains).

    Enfin, une surveillance accrue des éventuels symptômes chez les autres résidents est impérative et des tests de dépistage sont recommandés chez tout cas suspect.

    Les nouveaux cas sont à déclarer sans tarder.

    Un courrier de l’AViQ reprenant les recommandations à appliquer a été communiqué aux professionnels de santé ainsi qu’aux établissements résidentiels en rappelant :
    - un signalement rapide vers l’AViQ ;
    - un examen clinique par le médecin en charge du patient ;
    - la réalisation des tests de laboratoire et le renforcement des mesures de contrôle (isolement des malades et mesures d’hygiène).

    Sur le plan d’un soutien psychologique vis-à-vis des équipes et des résidents des maisons de repos, ainsi qu’à leurs familles, à ce stade des investigations et en concertation avec la direction des établissements, ce besoin n’a pas été relevé.

    Enfin, il existe une plateforme TIAC réunissant les différentes entités (Wallonie, Flandre, Bruxelles) permettant de partager et de se coordonner sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour la bonne prise en charge de ce type de situation. La collaboration à ce niveau fonctionne parfaitement.

    Enfin, à ma demande et hasard du calendrier, l’AViQ a rassemblé le 12 septembre, différents intervenants pour un exercice de crise sur table visant à anticiper et à améliorer les différents plans et processus de gestion de crise sanitaire. L’exercice a porté sur une zoonose, ce qui a conduit à réunir, outre l’AViQ, le CORTEX, le SPW ARNE, l’ONE, le NCCN et Sciensano, ainsi que mon Cabinet et celui de ma collègue en charge de l’Enfance, Mme Lescrenier. Un tel exercice sera dorénavant répété chaque année en vue d’une amélioration continue de la gestion de crise.