Les actions mises en place en matière de prévention des maladies vectorielles liées à la présence du moustique tigre en Wallonie
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 44 (2025-2026) 1
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Question écrite du 10/09/2025
de DURENNE Véronique
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
La presse a récemment rapporté la détection d'un premier foyer autochtone de chikungunya en France métropolitaine, à Vitrolles, une commune populaire des Bouches-du-Rhône. Trente-trois personnes y ont été infectées par le moustique tigre, sans avoir voyagé à l'étranger.
Chez nous, la surveillance citoyenne lancée début mai confirme désormais la présence du moustique tigre sur notre territoire. Il a déjà été repéré dans six communes, dont Ath en Wallonie, et il a même survécu à la saison hivernale dans plusieurs localités belges. Comme le rappelle la communauté scientifique, cet insecte peut transmettre des virus tels que la dengue, le chikungunya ou encore le Zika.
Dans ce contexte, je souhaiterais interroger M. le Ministre sur les mesures prises en Wallonie pour anticiper ce risque.
De quelle manière, au vu de l'actualité récente, la Cellule de surveillance des maladies infectieuses de l'AViQ travaille-t-elle sur le sujet?
La Wallonie dispose-t-elle bien, à ce jour, d'un état précis de la répartition géographique de ce moustique en Wallonie, ainsi que d'une évaluation de son évolution probable dans les années à venir ?
Quelle stratégie de sensibilisation du grand public et des acteurs locaux (communes, médecins et maisons médicales, écoles, et cetera) a été déployée afin d'encourager les gestes préventifs dans les jardins et espaces publics ?
En cas d'apparition de cas autochtones de dengue ou de chikungunya en Wallonie, quel est le plan d'action spécifique établi en coordination avec les autorités fédérales compétentes en matière de soins de santé et de diagnostic ?
Enfin, la Wallonie a-t-elle pris des contacts en vue de renforcer le cas échéant la collaboration scientifique avec les organismes de référence (tel que l'Institut de médecine tropicale d'Anvers) pour améliorer la détection et la gestion des risques liés à ces maladies vectorielles ?
Réponse du 11/09/2025
de COPPIETERS Yves
La surveillance du moustique tigre (Aedes albopictus) se fait à travers le projet MEMO+ (depuis 2021), coordonné par le groupe de travail homonyme du NEHAP et opérationnalisé par Sciensano et l’Institut de médecine tropicale (IMT). Ce projet est soutenu par le gouvernement fédéral et les entités fédérales, dont la Région wallonne, à travers l’AVIQ et le SPW Environnement. MEMO+ combine une surveillance passive du moustique via la plateforme citoyenne SurveillanceMoustiques.be, et une surveillance active par le placement des pièges et de la collecte des moustiques sur le terrain en cas de signalement positif par un citoyen.
La plateforme offre une carte interactive des signalements et un aperçu de la situation entomologique grâce au rapport annuel accessible à tout public.
En cas de signalement confirmé (via les pièges pondoirs sur les sites contrôlés ou via la surveillance citoyenne), des inspections sont menées sur le terrain par une équipe de Sciensano et de l’ITM Anvers. Une recherche de moustiques adultes sera effectuée ainsi que la recherche de sites larvaires (œufs) dans les points d’eau stagnante. En cas de confirmation de présence du moustique, des mesures de contrôle sont réalisées par des équipes de terrain mandatées par le SPW Environnement. Plusieurs mesures de prévention et de sensibilisation sont abordées auprès des citoyens : conseils pour éliminer les eaux stagnantes, couvrir les récipients, installation de moustiquaires … Des campagnes de sensibilisation sont également menées de manière conjointe par l’AViQ et le SPW Environnement (flyers, médias, communication avec les autorités communales …).
La Région wallonne intervient dans le financement du projet MEMO+ et l’Agence finance également la plateforme citoyenne SurveillanceMoustiques.be. De plus, à travers son accord-cadre avec Sciensano, la Direction surveillance des maladies infectieuses de l’AViQ finance l’analyse et l’interprétation épidémiologique des maladies à transmission vectorielle, dont les maladies transmises par les moustiques.
À la suite des recommandations du RAG, la liste des maladies à déclaration obligatoire, dans sa prochaine modification, inclura les maladies transmises par les moustiques telles que la dengue, Zika ou encore le chikungunya même en cas d’importation. Actuellement, ces maladies sont déjà à déclaration, mais uniquement pour les cas autochtones. Cette modification permettra un renfort des mesures de prévention face à l’implantation du vecteur.