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La prévention des incapacités de travail de longue durée

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 47 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 10/09/2025
    • de LAZARON Geneviève
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    En Belgique, près de 500 000 personnes sont en incapacité de travail de longue durée, dont 38 % résident en Wallonie. Selon l'INAMI, les principales causes sont les troubles de santé mentale (37 %) et les troubles musculosquelettiques (32 %). Dans ce contexte, l'accompagnement et le soutien vers un retour au travail constituent des enjeux majeurs, tant pour le bien-être que pour la participation au marché de l'emploi et l'intégration dans la société.

    Les accords de gouvernement wallon et fédéral prévoient de réduire le nombre de malades de longue durée, en responsabilisant l'ensemble des acteurs concernés. Il s'agit d'agir sur trois axes principaux : la prévention de l'apparition des maladies, la prévention contre un absentéisme durable lié à une maladie et le retour rapide au travail après une période de maladie et un soutien adéquat lors de ce retour. La Wallonie dispose de leviers en matière de santé pour ce faire. Une coordination entre le niveau fédéral et les entités fédérées apparaît également indispensable.

    Dans le cadre des compétences de M. le Ministre, quelles actions sont-elles mises en œuvre afin de prévenir les maladies de longue durée et de favoriser le retour à l'emploi des personnes en incapacité de travail ? De nouvelles mesures sont-elles envisagées ? Des initiatives spécifiques concernant la santé mentale au travail sont-elles prévues ?

    La Déclaration de politique régionale wallonne prévoit d'expérimenter l'ouverture des entreprises de travail adapté aux malades de longue durée et aux malades chroniques. Une réunion de travail entre l'EWETA (la fédération des ETA), l'AViQ et son cabinet devait se tenir fin mai à ce sujet. Quels en sont les enseignements ?

    M. le Ministre a-t-il déjà rencontré ses collègues fédéraux de l'Emploi et de la Santé, ainsi que le ministre wallon de l'Emploi, au sujet des malades de longue durée ? Des mesures concrètes ont-elles été évoquées dans ce cadre ?
  • Réponse du 11/09/2025
    • de COPPIETERS Yves
    Les centres de revalidation psychosociale à destination des personnes adultes présentant des troubles psychiques, affectifs et relationnels, occasionnant des problèmes d’adaptation familiale, sociale et/ou professionnelle, ont notamment pour objectif d’accompagner ces personnes dans leur réintégration professionnelle.

    Ces centres sont des lieux thérapeutiques. Ils proposent des activités de groupe, des guidances individuelles et familiales qui permettent de rétablir la confiance en soi et de retrouver les aptitudes perdues. En fonction du projet du bénéficiaire, un accompagnement professionnel est mis en place. Il peut prendre la forme de stages professionnels dans des entreprises, de bénévolat et/ou de formation. Ces stages, d’une durée limitée, permettent une sensibilisation vers le retour à l’emploi. Ils sont encadrés par un professionnel de santé qualifié à cette problématique. Ces centres sont au nombre de 15 en Région wallonne, répartis sur le territoire.

    Consciente des enjeux liés à la prévention de l’absentéisme, à la réintégration des malades de longue durée et à l’ajustement des conditions de travail en entreprise, l’AViQ mène, avec le soutien du Gouvernement wallon et du Fonds social européen, des actions d’accompagnement au retour au travail.

    L’évaluation des capacités restantes, la mise en œuvre des recommandations émises par les services externes de prévention et de protection dans le cadre des visites de préreprise, ainsi que le soutien au financement des aménagements raisonnables - principalement dans les cas de troubles musculosquelettiques et de problématiques de santé mentale - constituent les principaux axes d’intervention.

    Les perspectives wallonnes, dans un avenir proche, ambitionnent une révision de la réglementation relative à l’agrément des sections ou départements de surveillance médicale au travail. L’objectif est de renforcer le rôle actif et préventif des services internes et externes de prévention et de protection au travail face à l’absentéisme croissant.

    Une articulation accrue entre ces services de prévention, les départements santé et handicap au travail de l’AViQ, les organismes assureurs et le FOREm - dans le cadre de la convention qui lie le service public de l’emploi à l’INAMI - me paraît être un chantier impératif à mener. Ce travail devra se faire de concert avec les autorités fédérales.

    À cet effet, des rencontres avec les ministres fédéraux de la Santé et de l’Emploi, ainsi qu’avec le cabinet Jeholet, et leurs administrations respectives, sont en cours de planification.

    Concernant la remise au travail des malades de longue durée par le biais des entreprises de travail adapté, les organisations syndicales m’ont interpellé. Elles m’ont fait part de leurs craintes face à une éventuelle dérive. Celle-ci consisterait à remplacer une proportion de travailleurs très éloignés de l’emploi - pour lesquels les ETA représentent le dernier espoir d’insertion socioprofessionnelle - par des travailleurs qui, malgré leur invalidité, seraient davantage productifs.

    Soucieux de présenter un projet basé sur un consensus entre les représentants des entreprises de travail adapté et ceux des travailleurs, j’ai demandé aux partenaires sociaux de me revenir avec une proposition concertée. Celle-ci est actuellement en discussion.

    Par ailleurs, je suis en attente d’informations complémentaires concernant le projet du Gouvernement fédéral. Celui-ci prévoit d’allouer un budget de 15 millions d’euros à la Région wallonne. Ce montant pourrait être dédié aux entreprises de travail adapté pour l’engagement de travailleurs malades de longue durée.