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L'état d'avancement des engagements de la Wallonie en faveur de l'accompagnement des personnes touchées par des troubles du spectre autistique

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 50 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 10/09/2025
    • de DURENNE Véronique
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    Fin août, la presse relayait une étude menée par les cinq universités francophones et financée par Cap 48, visant à dresser un état des lieux de l'autisme en Belgique. On y apprend qu'environ un enfant sur 60 serait concerné par un trouble du spectre de l'autisme. Cette augmentation entraîne des délais de diagnostic parfois supérieurs à deux ans et complique fortement la prise en charge, alors même que certaines thérapies essentielles, comme la logopédie ou la psychomotricité relationnelle, restent peu ou pas remboursées.

    Dans sa Déclaration de politique régionale, le Gouvernement s'est engagé à renforcer les centres de référence, accroître les capacités de diagnostic et diversifier l'offre de répit pour les familles.

    Dès lors, M. le Ministre pourrait-il préciser où nous en sommes aujourd'hui concernant le renforcement des centres de référence et la réduction des délais de diagnostic ?

    Quelles mesures concrètes ont été prises pour améliorer et diversifier l'offre de répit aux familles ?

    Où en est la mise en œuvre du Plan d'action wallon en faveur des personnes autistes lancé en 2023 ?

    Et enfin, peut-il également m'éclairer sur l'état d'avancement des différents projets d'infrastructures, lancés dans le cadre du Plan autisme intrafrancophone ?
  • Réponse du 11/09/2025
    • de COPPIETERS Yves
    La DPR prévoit en effet de renforcer les centres de référence, accroître les capacités de diagnostic et diversifier l'offre de répit pour les familles

    Pour ce qui concerne les centres de référence, l’AViQ a, à ma demande, sollicité les 2 centres de référence financés par la Wallonie afin qu’ils transmettent leurs besoins et priorités. Ils formulent plusieurs demandes : le renforcement du cadre du personnel, l’harmonisation des 2 conventions, le financement de frais de déplacement, le financement de frais de formations, répondre aux situations diagnostiques complexes, augmenter la disponibilité des paramédicaux et des médecins et diminuer les ruptures dans le parcours de patients. Ces demandes représentent un impact annuel estimé de 859 000 euros.

    En ce qui concerne le répit, le Plan de relance pour la Wallonie a permis de renforcer davantage l’offre de répit pour les personnes en situation de handicap grâce à une augmentation de 3 millions d’euros, pour 3 ans, du budget alloué à ces services. Cela représente une hausse de plus de 30 % du financement total des services de répit actuellement actifs en Wallonie. Ce budget supplémentaire vise à permettre l’engagement de personnel complémentaire et à donner l’opportunité aux familles, proches et personnes en situation de handicap elles-mêmes de « souffler » davantage.

    J’œuvre, avec mon administration, à étudier les perspectives de ce refinancement pour les années à venir.

    Par ailleurs, en 2023, l’AViQ dans le cadre du FSE+ a proposé un financement visant notamment le renforcement des services de Répit. Un montant de 1 593 485,50 euros, correspondant à un budget annuel de 796 742,75 euros par an, a été réparti entre différents services Répit pour les années 2024 et 2025.

    Pour garantir une offre de répit et l’encadrement nécessaire aux personnes présentant un trouble grave du comportement, le Gouvernement wallon a décidé, en 2024, de valoriser les points de prestations de répit pour ce public.

    En ce qui concerne le suivi du plan Autisme 2023, outre les aspects évoqués à l’instant :
    - un nouveau centre de référence a été créé à Namur en 2023 par le CHU UCL Namur, en partenariat avec Vivalia. Il comprend une antenne à Libramont au sein du centre « La Porte Bleue » ;
    - l’AViQ a, en 2024, mis fin à la convention d’un centre de revalidation pédopsychiatrique à Charleroi. Un nouveau centre a été créé à Charleroi sous l’égide du Grand Hôpital de Charleroi dès avril 2024 ;
    - la Ligne d’écoute LEA a été lancée le 2 mai 2024. Elle offre un service gratuit, anonyme et accessible pour informer, orienter et écouter toute personne concernée par l’autisme ;
    - des moyens supplémentaires ont permis la création d’une unité de 5 places pour des jeunes TSA au sein du SRJ Les Anémones, la reconnaissance du service Armandia comme Service d’accueil spécialisé pour jeunes (SAS’J) pour accueillir en journée 8 jeunes autistes et le renforcement du service d’accompagnement du SUSA ;
    - un budget global de 5 000 000 d’euros a été dégagé pour permettre la création de places nominatives pour les personnes en situation de handicap prioritaires en état d’urgence.

    Enfin, en ce qui concerne les projets en infrastructure initiés dans le cadre du plan Autisme intrafrancophone, un double appel à projets avec création de places a été lancé en 2016. Il était dédié à l’autisme et au double diagnostic et ciblait l’accueil-hébergement, le répit et l’accueil de crise. Les projets sélectionnés devaient permettre la création de 167 places. Leur réalisation est aujourd’hui à des stades d’avancement différents.

    Sur les 21 dossiers retenus, 5 ont été abandonnés, 6 en sont à des stades divers en amont du chantier, 1 est en chantier et 9 sont terminés. 9 services sont ouverts, 1 va ouvrir en 2025, 3 en 2026, 1 en 2027 et 2 au-delà de 2027. Par ailleurs, à la suite de l’abandon de 29 places, 138 places restaient à créer dont : 68 ont déjà été créées, 10 le seront en 2025, 11 en 2026, 6 en 2027 et 14 au-delà de 2027.

    Enfin, j’ai souhaité une stratégie en matière d’autisme à l’échelle intrafrancophone. Celle-ci est, actuellement, travaillée avec l’AViQ et tout prochainement avec les associations actives en la matière telles que le SUSA, l’APEPA, le Collectif des parents autistes.