L'impact de la réforme des allocations de chômage sur les femmes
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 19 (2025-2026) 1
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Question écrite du 11/09/2025
de FONTAINE Eddy
à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
La réforme fédérale, qui limite désormais le droit aux allocations de chômage à deux ans maximum, inquiète fortement les acteurs de terrain. L'étude récente de la Ligue des familles estime qu'au moins 114 000 chercheurs d'emploi de longue durée perdront leur allocation dès les trois premières phases d'application. Parmi eux, les femmes apparaissent comme les grandes perdantes : mères seules, cohabitantes ou encore travailleuses à temps partiel ayant réduit leur activité pour des raisons familiales.
L'étude souligne que ces profils basculeront très vite sous le seuil de pauvreté : par exemple, une maman solo avec un enfant y tombe dès la fin de la première année de chômage, malgré les allocations familiales. Elle rappelle aussi que la pénurie de places en crèche, les horaires scolaires rigides et les contraintes imposées par l'ONEM rendent de nombreuses offres d'emploi inaccessibles, surtout pour les mères qui assument encore majoritairement la charge parentale.
Face à ces constats alarmants, comment le Gouvernement évalue-t-il l'impact différencié de cette réforme sur les femmes ?
Et surtout, quelles initiatives M. le Ministre entend-il mettre en place pour éviter qu'elles ne soient, avec leurs enfants, les premières victimes d'un appauvrissement accru lié à l'exclusion du chômage ?
Réponse du 29/09/2025
de JEHOLET Pierre-Yves
Je souhaite rappeler que la réforme des allocations de chômage n’a pas pour objectif de précariser les chercheurs d’emploi et en particulier les femmes, mais bien de soutenir leur insertion sur le marché du travail. Il ne s’agit donc pas d’exposer plus particulièrement au risque d’appauvrissement certains profils féminins comme les mères seules, les cohabitantes ou travailleuses à temps partiel.
En anticipation de ces fins de droit, j’ai demandé au FOREm, dès le mois de mai, de mettre en place sans tarder un plan d’action spécifique d’urgence. L’objectif est de garantir à chaque chercheur d’emploi concerné par cette réforme de bénéficier d’un accompagnement et une formation personnalisés en vue de favoriser son insertion. Celui-ci vise près de 74 000 personnes en Wallonie au premier semestre 2026, dont 55 400 entre janvier et avril. Cette dynamique de renforcement de l’accompagnement est d’ores et déjà initiée, laquelle vise : - une identification des publics et une cartographie territoriale des publics, afin d’adapter les réponses aux réalités locales et aux profils des chercheurs d’emploi ; - une mobilisation des publics qui ne sont pas en cours d’accompagnement via notamment des séances collectives de remobilisation suivies d’entretiens individuels pour bâtir un plan d’action personnalisé ; - un flux automatisé de données ONEM-FOREm pour identifier en amont les personnes en fin de droit et cibler les interventions ; - une orientation accélérée vers la formation, notamment dans les métiers en pénurie et/ou porteurs d’emploi (construction, soins aux personnes, logistique et transports, numérique, HORECA …) ; - des concertations territoriales élargies avec les CPAS, missions régionales, opérateurs et entreprises, pour fluidifier les parcours d’insertion ; - et, enfin, l’amélioration des outils de matching pour accroître la pertinence des opportunités d’insertion proposées aux chercheurs d’emploi.
Ce plan d’action d’urgence fera l’objet d’un suivi mensuel des mesures mises en place, accompagné d’un monitoring des indicateurs clés et fondé sur une logique de résultats. J’ai demandé au FOREm de me transmettre les premiers résultats sans tarder.