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L’agrivoltaïsme en Wallonie

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 43 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 19/09/2025
    • de BERNARD Alice
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Si, en France, l'intérêt de l'agrivoltaïsme pour la viticulture et la lutte contre le changement climatique semblent évidents, il suscite chez nous de nombreuses interrogations tant dans le monde agricole wallon qu'auprès des acteurs du secteur énergétique.

    Une première préoccupation est celle de la protection de la fonction première des terres agricoles. L'installation de panneaux pourrait exercer une pression supplémentaire sur les terres agricoles en les détournant de leur fonction première.

    Mme la Ministre peut-elle nous dire combien de permis ont été accordés à des projets portés par des agriculteurs exploitants actifs ?

    Peut-elle nous dire combien de permis ont été accordés à des promoteurs qui auraient acheté directement ou indirectement la terre en vue de l'utiliser uniquement pour l'implantation de panneaux photovoltaïques

    Peut-elle nous dire combien de projets existent à long terme entre les propriétaires, les exploitants et les développeurs d'installations agrivoltaïques, afin de sécuriser les revenus des agriculteurs et de garantir la pérennité des projets ?
  • Réponse du 05/11/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    À ce jour, aucun projet n’est réellement porté par des agriculteurs exploitants actifs. Le schéma dominant est celui de projets initiés, financés et maitrisés par des développeurs, souvent en partenariat avec les propriétaires fonciers.

    L’agriculteur, quant à lui, est un acteur secondaire, intégré à un stade ultérieur du projet, selon la localisation et la compatibilité de son activité.

    Dans ce modèle, les agriculteurs n’ont pas de pouvoir de décision ni de bénéfice garanti. Par ailleurs, les profils des agriculteurs associés sont très variés : jeunes installés ou producteur proche de la pension.

    Sur le plan foncier, la majorité des développeurs n’achètent pas les terres, mais concluent des contrats de mise à disposition à long terme avec les propriétaires. L’administration qui n’a rapporté qu’un seul développeur, à ce stade, aurait effectivement procédé à l’achat direct de terres agricoles pour un projet agrivoltaïque.

    Depuis 2018, environ 850 dossiers de permis ont été déposés, allant de petites installations à des centrales solaires au sol de grande ampleur. Pour cette dernière catégorie, trois permis ont déjà été octroyés.

    Les contrats actuels ne modifient pas les droits de propriétaires. Les contrats envisagés par les développeurs avec l’agriculteur qui réaliserait l’activité sur la parcelle seraient plutôt de l’ordre du commodat.

    Cette vision va à l’encontre d’une vision durable de l’agriculture et affaiblit encore davantage les exploitations familiales, déjà soumises à une forte pression foncière. Celle-ci s’exerce à la fois par la conversion de terres agricoles à des usages non agricoles et par la concurrence de propriétaires dont les revenus issus d’activités non agricoles leur permettent de proposer des prix plus élevés pour l’achat de terres.