L’accompagnement des communes dans l’entretien "zéro phyto"
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 145 (2025-2026) 1
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Question écrite du 03/10/2025
de DEVIN Laurent
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Depuis le 1er juin 2019, il est interdit d'utiliser des produits phytosanitaires dans les espaces publics. Cette interdiction est à mettre en lien avec les impacts des pesticides sur la santé et l'environnement et nous ne la remettons, bien entendu, pas en question.
Néanmoins, sur le terrain, il est extrêmement compliqué de maintenir une « netteté » constante au sein des villes et communes, sans l'utilisation de ceux-ci. Cela entraîne régulièrement des plaintes de la part des riverains, souvent à l'encontre des dirigeants communaux.
Les cimetières sont particulièrement emblématiques de cette problématique. Les « mauvaises herbes » sont souvent assimilées par les citoyens, par un manque de respect du fait de la charge émotionnelle de ces endroits de recueillement.
Ces lieux représentent pour certaines communes un gouffre financier en matière d'entretien zéro phyto. Cette difficulté d'entretien entrainant des plaintes citoyennes concerne aussi les abords des voies publiques, certains bâtiments patrimoniaux, etc.
Quel accompagnement est mis en place pour les communes depuis l'interdiction ?
Depuis sa mise en œuvre en 2019, cette mesure a-t-elle fait l'objet d'une évaluation ?
En quelle proportion a-t-elle permis de réduire l'utilisation de pesticides sur le territoire wallon ?
Réponse du 20/10/2025
de COPPIETERS Yves
Depuis 2014, et à la suite de l’entrée en vigueur des premières mesures visant à réduire l’utilisation des pesticides en Wallonie, un accompagnement spécifique a été mis en place à destination des communes. Cet accompagnement s’est concrétisé par l’engagement de deux facilitateurs « zéro pesticide », intégrés au sein du Pôle de gestion différenciée, devenu Adalia 2.0 en 2018.
Ces conseillers techniques, toujours actifs au sein d’Adalia 2.0, poursuivent leur mission d’accompagnement des communes dans la gestion des espaces publics sans pesticide. Leur rôle consiste à : - fournir des conseils pratiques et personnalisés sur les alternatives aux pesticides (machines de désherbage, de fauchage, mesures préventives visant à empêcher la venue des adventices comme le paillage, la mise en place de plantes couvre-sols, le choix de revêtements spécifiques, et cetera) ; - donner des formations sur diverses thématiques de la gestion des espaces verts ; - organiser des événements en lien avec la gestion écologique des espaces verts : matinées d’échanges, démonstrations de machines, visites de lieux exemplaires, organisation de tables rondes, événements pour les élus, et cetera.
Concernant les cimetières, plus d’un tiers des communes wallonnes ont d’ores et déjà franchi le pas vers la végétalisation, ce qui représente plus de 200 cimetières verdurisés ! La végétalisation limite ainsi les opérations d’entretien à la tonte. Parmi celles-ci, on peut notamment citer Namur, Les Honnelles, Dour, Liège, Andenne, Hastière, Lasne, Jodoigne, Beauvechain et bien d’autres.
En parallèle, Adalia 2.0 propose également une aide à la communication afin de soutenir les communes dans la sensibilisation de leurs citoyens. Il peut s’agir de panneaux de communication ou encore de supports clé en main comme les kits de communication. Ceux-ci comprenant des articles, des publications pour les réseaux sociaux … c’est-à-dire ces contenus réutilisables dans les bulletins communaux, sur les réseaux sociaux ou sur les sites internet des communes.
Voici quelques chiffres des actions réalisées par Adalia 2.0 en 2024 pour les communes : - 85 panneaux réalisés en 2024 ; - 6 kits bulletins communaux ; - 71 formations réalisées : * 1150 participants ; - 3 démonstrations de machines : * 615 participants ; - 5 événements dont 2 matinées d’échanges sur la gestion des cimetières.
La mise en place du « zéro phyto » dans les espaces publics, en général, et dans les cimetières, en particulier, a permis de diminuer considérablement les risques pour la santé et l’environnement liés à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (PPP) sur des surfaces imperméables ou peu perméables qui ne retiennent pas les substances appliquées.
Parler de quantités de PPP n’a pas vraiment de sens par rapport aux quantités importantes utilisées dans d’autres secteurs comme l’agriculture, mais en termes de risque, l’impact du « zéro phyto » est beaucoup plus important vu le type de surfaces traitées.
La gestion et l’entretien des espaces publics ont changé de paradigme depuis 2019. Penser qu’on va pouvoir faire « comme avant », mais sans les PPP est une utopie. Il faut revoir en profondeur la manière d’entretenir ces espaces et le soutien des conseillers d’ADALIA 2.0 est essentiel pour cela. Sans une communication adaptée vers le citoyen pour expliquer pourquoi et comment on entretient différemment l’espace (surtout pour les cimetières), l’honorable membre n’aura que des plaintes et du ressentiment. Les Anglo-saxons ont des cimetières végétalisés depuis des décennies et personne ne s’en plaint.