L'impact de l'alimentation ultratransformée sur la santé et la fertilité masculine
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 236 (2025-2026) 1
2 élément(s) trouvé(s).
Question écrite du 21/10/2025
de LAZARON Geneviève
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Plusieurs études récentes, dont une publiée dans la revue Cell Metabolism, confirment les effets préoccupants d'une consommation excessive d'aliments ultra-transformés sur la santé humaine.
Ces travaux montrent qu'indépendamment du nombre de calories consommées, ces produits entraînent une altération du métabolisme, une prise de poids rapide, et, chez les hommes, une diminution de la testostérone et du nombre de spermatozoïdes.
Ces effets seraient liés non seulement à la composition même de ces aliments, mais aussi à la présence de perturbateurs endocriniens, tels que les phtalates, souvent issus des emballages plastiques.
Au-delà de la fertilité, l'ensemble de la littérature scientifique pointe une corrélation entre la consommation d'aliments ultra-transformés et une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, métaboliques, mentales, voire de certains cancers.
Cette réalité appelle une réflexion globale sur nos habitudes alimentaires, l'information du public et la prévention en matière de santé.
Quelle lecture M. le Ministre fait-il de ces résultats et de leur portée en matière de santé publique en Wallonie ?
Le Gouvernement wallon envisage-t-il de renforcer ses campagnes de prévention et d'information, notamment à destination des jeunes et du grand public, sur les risques liés à l'alimentation ultra-transformée ?
Des collaborations sont-elles prévues avec les acteurs de la santé, de la recherche et de l'éducation pour renforcer cette sensibilisation ?
Enfin, un travail est-il envisagé sur la question des perturbateurs endocriniens présents dans certains emballages alimentaires ?
Réponse du 22/10/2025
de COPPIETERS Yves
Le marketing alimentaire, la publicité et la fiscalité relatifs aux denrées alimentaires sont des compétences fédérales. Quant à l’étiquetage alimentaire, il relève d’une règlementation européenne.
Concernant les aliments ultra-transformés, dans les recommandations alimentaires pour la population belge de 2025, le Conseil supérieur de la santé préconise de les limiter autant que possible et préférer les aliments peu ou non transformés. En outre, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail française, un nombre croissant de publications scientifiques rapportent une association entre la consommation de produits dits ultra-transformés et le risque de maladies chroniques non transmissibles.
En Wallonie, dans le but de mettre en place un nouveau cadre de soutien à la transition de la restauration collective saine et durable à l’horizon 2030, une stratégie alimentaire wallonne transversale a été lancée avec une vision systémique autour de cinq leviers : la restauration collective, la grande distribution, la lutte contre le gaspillage, les aides alimentaires et l’animation territoriale. Cette stratégie vise à rendre l’alimentation saine, accessible, durable (notamment via le local et le bio), culturellement adaptée et équitable. Elle répond ainsi non seulement à des objectifs de santé publique, mais aussi à des impératifs environnementaux et sociaux.
La Région wallonne se donne pour objectif d’agir sur l’alimentation, les modes de vie et les déterminants environnementaux, en lien avec la prévention des maladies chroniques. La Programmation 2023–2027 place l’alimentation équilibrée et durable comme un axe prioritaire, avec des objectifs de gouvernance, d’accès à une offre de qualité et d’actions de promotion et d’éducation pour la population (dont les jeunes). Ils prévoient explicitement des actions d’information et d’outillage des professionnels.