à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
L'année 2026 approche à grands pas. Elle marquera un tournant majeur avec la mise en place de la limitation des allocations de chômage à deux ans. Cette réforme, certes nécessaire, entraînera des changements significatifs pour les personnes concernées. Il est donc essentiel de leur offrir un accompagnement structuré, reposant sur une procédure claire et des dispositifs adaptés pour favoriser leur retour à l'emploi.
Comme nous le savons, toute réforme d'envergure requiert une vision précise, un accompagnement au changement et des moyens adéquats pour atteindre les objectifs fixés. Or, dans le domaine de l'emploi et de la formation, plusieurs réformes importantes sont attendues au cours de cette législature.
Je souhaite interroger M. le Ministre sur ses ambitions pour 2026 et sur les moyens qui seront mobilisés pour les concrétiser.
Quelles sont les principales réformes que M. le Ministre envisage de mettre en œuvre dans les douze prochains mois ?
Comment compte-t-il concilier les contraintes budgétaires avec les ressources nécessaires à la réussite de ces réformes structurelles indispensables à la Wallonie ?
Réponse du 10/11/2025
de JEHOLET Pierre-Yves
Notre ambition pour les 12 prochains mois est claire : responsabilisation, mise à l’emploi et dynamisation du marché du travail.
Ces trois priorités guident l’ensemble des réformes que nous menons, avec un objectif constant : permettre à chaque Wallon et Wallonne de retrouver une place active dans la société, et donner à nos entreprises les compétences dont elles ont besoin.
Premièrement, le renforcement de l’accompagnement des chercheurs d’emploi. Les AGW relatifs à l’accompagnement et au contrôle, entrés en vigueur le 1er octobre dernier, constituent une première étape importante. Ils permettent au FOREm de se mettre rapidement en action pour mieux accompagner et orienter les chercheurs d’emploi.
Par ailleurs, le décret FOREm/CPAS renforcera la coordination entre les acteurs de l’emploi et de l’action sociale, afin d’éviter les ruptures de parcours.
Nous travaillons également à renforcer la mobilité vers la Flandre, à travers une coopération accrue entre le VDAB et le FOREm. L’emploi ne s’arrête pas aux frontières régionales, et il est de notre devoir de lever les freins à la mobilité professionnelle.
Sur le plan de la formation, nous alignons progressivement l’offre sur les métiers en pénurie, pour mieux répondre aux besoins concrets du tissu économique.
En parallèle, une réforme du paysage de l’insertion est en préparation afin d’assurer une meilleure articulation entre les acteurs publics et privés.
Nous mettrons également en place une évaluation systématique des dispositifs, avec un pilotage basé sur des indicateurs de performance clairs et mesurables, afin de garantir des résultats concrets et une gestion rigoureuse des moyens publics.
Un autre grand chantier à mener est celui de la réforme des aides à l’emploi.
Notre objectif est double : simplifier un système devenu trop complexe, et renforcer son efficacité en ciblant les aides vers les publics qui en ont le plus besoin. Cette réforme apportera, en outre, plus de lisibilité pour les employeurs.
Nous sommes pleinement conscients des contraintes budgétaires qui pèsent sur la Wallonie. C’est pourquoi nous privilégions une approche pragmatique et responsable, fondée sur deux grands principes :
La mutualisation des moyens existants : plutôt que de créer de nouveaux dispositifs, nous optimiserons ceux qui fonctionnent déjà, en rationalisant ce qui peut l’être et en évitant les redondances.
Le ciblage des investissements : les moyens seront concentrés sur les actions à fort impact sur l’emploi et la formation, celles qui apportent une réelle valeur ajoutée sur le terrain.