à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
Lors de la conférence de presse du Gouvernement wallon sur le budget 2026, il a été déclaré que « le projet de création de l'Agence wallonne de l'Habitation, et de ses pôles locaux du logement, vise à rendre la politique régionale du logement plus efficiente. (…) Sa finalité est d'offrir un service de qualité à tous les usagers grâce à une meilleure lisibilité du paysage du logement, une centralisation des missions et de l'expertise, et une utilisation optimale des moyens ».
Pour un tel projet, une évaluation préalable a-t-elle été réalisée afin d'en établir les avantages et les inconvénients ?
Mme la Ministre peut-elle nous indiquer le coût déjà engagé à ce jour pour les démarches, l'initiative et la mise en place de cette fusion et de cette réorganisation ?
Que signifie concrètement « utilisation optimale des moyens » ?
Quels moyens financiers, humains, informatiques sont et seront mobilisés et comment Mme la Ministre mesurera-t-elle l'efficience de ces moyens ?
Enfin, peut-elle préciser le calendrier de mise en œuvre depuis l'approbation de la note d'orientation, le 24 avril 2025, jusqu'à l'intégration complète prévue en janvier 2028 ?
Réponse du 30/12/2025
de NEVEN Cécile
Le projet de création de l’Agence wallonne de l’habitation et de rationalisation du secteur du logement visé par la DPR est ambitieux, mais il est surtout essentiel dans le contexte actuel.
Il est grand temps de rendre la politique régionale du logement plus efficiente, à la hauteur des enjeux colossaux du secteur, en gardant bien à l’esprit que l’objectif est d’offrir un service de qualité à tous nos usagers, en prêtant une attention particulière aux publics vulnérables, via une meilleure lisibilité du paysage du logement et une redéfinition claire des missions de chacun, repensée globalement.
Les constats étayés, détaillés dans la note d’orientation approuvée par le Gouvernement wallon le 24 avril dernier brossent un tableau clair du paysage du logement, de ses forces et faiblesses, des chevauchements constatés, de la marge d’optimisation ambitionnée. Ils reflètent les avantages que permettra la mise en place de cette Agence.
Depuis le 12 mai dernier, le Comité stratégique se réunit régulièrement et met tout en œuvre pour atteindre l’objectif, à savoir la mise en œuvre de l’Agence wallonne de l’Habitation pour le 1er janvier 2028, tout en veillant à identifier et à surmonter les obstacles dès qu’ils se présentent. S’agissant d’un projet d’ampleur avec un degré certain de complexité, il bénéficie de l’aide de consultants.
À ce jour, un montant de 131 000 euros a été engagé pour que le prestataire « CMS DeBacker » fasse une proposition de structure juridique et organisationnelle de l’Agence ainsi qu’une proposition du « statut » du personnel sur base de l’analyse des entités à regrouper au sein de l’Agence. Le résultat de cette analyse est attendu pour début 2026.
Pour ce qui est du calendrier, il ne me paraît pas nécessaire de s’enfermer dans un échéancier strict d’ici le 1er janvier 2028. Je tiens en effet à assurer le bon déroulement des travaux dans un esprit de sérénité. Le COSTRA et les équipes de chaque entité poursuivent le travail sur ce projet d’ampleur qui constitue une de mes priorités. Ils sont bien conscients de l’échéance.
Quant à la mobilisation des moyens, étant donné le contexte budgétaire auquel nous sommes tous confrontés, je recherche le meilleur équilibre entre la mise à disposition des ressources internes des organismes, la continuité du service public et le recours à des consultants externes. À ce stade du projet, il est encore trop tôt pour détailler ces moyens et la manière d’évaluer l’efficience de ceux-ci. Ce sera l’objet des travaux à venir.
Après une phase d’investissement nécessaire à la construction de l’Agence, nous escomptons à l’avenir une diminution des coûts consécutive à la rationalisation des structures regroupées, une amélioration de la qualité de service rendu (à chiffrer en bénéfices indirects) et une meilleure lisibilité de la politique du logement au sens large.
Comme je l’ai déjà indiqué, il ne s’agit pas ici de rassembler pour rassembler, mais de rassembler les compétences et les forces pour mieux collaborer, éviter les doublons, et offrir une meilleure réponse aux besoins en logement, au sens large, des citoyens. C’est cela qui recouvre « l’utilisation optimale des moyens ».