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La note politique du Département d'économie appliquée de l'ULB (DULBEA) sur les barrières à l'accès en formation à l'emploi

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 200 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 14/11/2025
    • de LAZARON Geneviève
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
    Le Dulbea a publié une note politique (« policy brief ») à la suite d'un séminaire, dont certains éléments ont particulièrement retenu mon attention.

    Crépon et al ont mené une enquête auprès de plus de 20 000 CE en France. Celle-ci révèle que 42 % des répondants identifient au moins une barrière externe à l'entrée en formation (coûts réels ou perçus, manque d'information, inadéquation de l'offre), et 34 % au moins une barrière interne (manque de confiance en soi, faible estime de soi, difficultés d'organisation, procrastination).

    Parmi les freins externes, le coût perçu des formations apparaît comme le principal obstacle : bien que l'ensemble des formations reprises au catalogue de Pôle emploi soient gratuites, plus de la moitié des répondants pensent que moins de la moitié d'entre elles le sont.

    Plusieurs études se penchent sur l'impact de l'information dans la décision d'entrer en formation. Ainsi, une étude expérimentale récente de Leduc et Tojerow (2025) montre que de simples interventions d'information, peu coûteuses, peuvent renforcer l'intention des chercheurs d'emploi de s'inscrire en formation, notamment dans les métiers en pénurie.

    Il existe une réelle asymétrie d'information au sein de la population. Les freins, qu'ils soient internes ou externes, doivent être pleinement pris en compte dans l'accompagnement des chercheurs d'emploi.

    Il est essentiel de prendre le temps d'expliquer ce qui peut sembler évident (par exemple rappeler que la formation est gratuite) et de créer un climat valorisant, où chacun se sent reconnu et légitime. Le travail représente pour beaucoup de Belges une source de fierté, et il exerce un impact positif sur la santé et la longévité en bonne santé. La remise à l'emploi doit ainsi être abordée comme un nouveau départ et une réelle opportunité.

    Quelle est l’analyse de M. le Ministre de ces études ?

    Quelles bonnes pratiques ont été mises en place pour lever ces freins à la formation et à la réinsertion professionnelle ?
  • Réponse du 04/12/2025
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    Les études auxquelles l’honorable membre fait référence sont intéressantes à plusieurs égards et soulignent que la mobilisation des chercheurs d’emploi peu qualifiés vers la formation professionnelle demeure un défi majeur.

    Je constate en effet que les résultats des actions menées dans le cadre de ces études sont globalement mitigés au regard de leur impact sur l’inscription à une formation.

    Cela étant dit, ces analyses confirment que les mesures que j’ai adoptées et que je suis en train de mettre en œuvre vont dans la bonne direction. Parmi celles-ci, figurent :
    - un accompagnement plus rapide et plus intensif des chercheurs d’emploi dès leur inscription afin d’identifier au plus vite leurs besoins et d’y apporter la réponse adéquate, y compris en termes de formation ;
    - le développement d’un outil performant de matching des compétences ;
    - le renforcement des Cités des Métiers afin de garantir à chaque citoyen une offre d’orientation objective tout au long de ses parcours scolaire et professionnel.

    Il est aussi crucial de prévenir le décrochage en cours de formation. À cet égard, les centres de formation du FOREm et de l’IFAPME sont encouragés à renforcer leurs actions contre l’absentéisme.