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La place de la Wallonie dans la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC)

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 152 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 25/11/2025
    • de FONTAINE Eddy
    • à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
    Au cœur de l'été, à la faveur de l'annulation des 35 derniers kilomètres d'une étape du Tour de France, j'apprenais l'existence d'une nouvelle maladie pour nos troupeaux : la dermatose nodulaire contagieuse. Dans la foulée, j’adressais à Mme la Ministre une question écrite.

    Le 7 novembre dernier, à la faveur d'une conférence organisée par le Président de l'UPV, je rencontrais le docteur Bertollet, vétérinaire français qui était au cœur de la lutte contre la DNC ces derniers mois en Savoie.

    La DNC est désormais aux portes de la Belgique. Cette maladie virale du bétail, catégorisée « A » par l'Union européenne, impose en cas d'introduction des mesures immédiates et drastiques d'éradication, visant à protéger l'ensemble du cheptel européen. La France est touchée.

    Si la gestion sanitaire stricte relève du niveau fédéral et du cadre européen, il n'en va pas de même pour certaines conséquences concrètes. La réglementation européenne impose, en cas d'épidémie, une gestion rigoureuse des déchets biologiques : cadavres, lait cru, effluents d'élevage… autant d'éléments considérés comme des déchets relevant de la compétence régionale.

    Dès lors, la Région wallonne est-elle prête à gérer une telle crise ? Un plan d'urgence logistique a-t-il été élaboré en matière de collecte, traitement et stockage de ces déchets ? Quelles mesures ont été prises pour garantir l'accès aux infrastructures et aux filières de traitement ? Nos services et administrations sont-ils suffisamment préparés ?

    En outre, la DNC pourrait engendrer des pertes économiques massives pour les éleveurs. Si les indemnités sanitaires relèvent du Fédéral, les pertes de revenus, la reconstruction des cheptels ou encore les impacts collatéraux sur les circuits courts et la filière locale relèvent de la Wallonie. Un dispositif d'aide économique complémentaire est-il à l'étude ? Des contacts ont-ils été pris avec le secteur pour préparer ces mesures?

    La Wallonie entend-elle pleinement jouer son rôle dans ce dossier ?
  • Réponse du 25/11/2025
    • de DALCQ Anne-Catherine
    L’honorable membre a raison de souligner la gravité de la dermatose nodulaire contagieuse, maladie virale classée en catégorie « A » par l’Union européenne.

    Concrètement, la répartition des compétences est claire : le fédéral, via l’AFSCA, gère la police sanitaire - abattage, vaccination, restrictions de mouvements - et indemnise les pertes directes lorsque des ordres d’abattage sont signifiés. La Région, elle, est responsable de la gestion des déchets biologiques - cadavres, lait cru, effluents -, de l’accès aux infrastructures de traitement et du soutien économique complémentaire pour les pertes de revenus et la reconstitution des cheptels. Nous avons des plans d’urgence généraux et des dispositifs spécifiques qui permettent une coordination rapide avec la protection civile. La gestion des sous-produits animaux relève cependant de la compétence de M. Coppieters, ministre de l’Environnement.

    Actuellement la vaccination est interdite en Belgique, car le pays est indemne de la maladie. Sur base de la réglementation européenne, la vaccination ne peut pas être systématique. Sur les animaux vaccinés, la maladie ne peut plus être détectée. En cas de cas confirmé, la vaccination est obligatoire dans un rayon déterminé autour du foyer infectieux. Lorsque la vaccination est réalisée, les bovins sont immobilisés dans l'exploitation durant plusieurs semaines et les bovins vaccinés ne peuvent être exportés.

    L’AFSCA a établi un plan d'urgence spécifique à la dermatose nodulaire contagieuse.

    Enfin, il faut rappeler que la DNC est une maladie saisonnière favorisée par les insectes vecteurs au printemps et en été. Il est donc clair que les conditions hivernales que nous connaissons actuellement enrayent la circulation du virus. Ceci nous donne donc une fenêtre d'opportunité pour encore renforcer la prévention et la préparation. L’AFSCA surveille la situation de très près et si nécessaire nous activerons sans délai les dispositifs nécessaires pour protéger le cheptel.

    Je suis en contact avec le ministre Clarinval régulièrement et je vais prendre contact avec lui pour relayer les inquiétudes, de plus en plus fortes et légitimes, du monde agricole wallon.