L'absence de vision stratégique pour les abattoirs et son impact pour l'élevage wallon
Session : 2025-2026
Année : 2025
N° : 154 (2025-2026) 1
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Question écrite du 25/11/2025
de FONTAINE Eddy
à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Les capacités d'abattage en Wallonie sont aujourd'hui surdimensionnées par rapport au cheptel actuel, qui a diminué d'environ 30 % depuis les années 1990.
Les outils d'abattage, pensés pour une activité plus soutenue, fonctionnent désormais de manière intermittente, souvent quelques jours par semaine, ce qui compromet leur rentabilité. Ce manque de rentabilité rend difficile tout investissement en modernisation, enfermant les opérateurs dans un cercle vicieux : des outils obsolètes, des coûts de production plus élevés, et une fragilisation croissante du secteur.
Si la majorité des abattoirs sont privés, plusieurs infrastructures communales subsistent encore (à Gedinne, Ath, Virton, Aubel…). Leur maintien est de plus en plus remis en question par les pouvoirs locaux, faute de vision stratégique régionale. Faute aussi au défaussement permanent sur les communes comme l'identifiait le journal Le Soir.
Alors qu'aucune stratégie wallonne structurée n'encadre aujourd'hui le maintien, la modernisation ou la rationalisation des capacités d'abattage, Mme la Ministre compte-t-elle lancer un travail en profondeur, avec les parties prenantes, pour définir une stratégie « Abattoirs » à l'échelle wallonne ?
Cette réflexion pourrait-elle porter sur le rôle respectif du public et du privé, sur la gouvernance des outils existants, ainsi que sur le maillage territorial nécessaire pour garantir aux éleveurs un service de proximité ?
Nous l'avions évoqué lors des débats budgétaires, y aura-t-il, en 2026, des moyens autres que ceux mobilisés à travers le Plan de relance pour soutenir cette activité ?
Réponse du 25/11/2025
de DALCQ Anne-Catherine
Tout d’abord, pour l’information de l’honorable membre, depuis le mois de septembre, l’abattoir d’Ath n’est plus un abattoir communal, car il a été repris par une coopérative privée.
En plus de l’impulsion donnée par le plan de relance, le soutien des activités des abattoirs est assuré via différents moyens :
Avec l’arrêté du 15 février 2024, les conditions d’octroi et le montant d’aide, pour les abattoirs publics, ont été élargis, tout en respectant la législation européenne relative aux aides d’état, afin de mieux répondre aux besoins du secteur.
À titre d’exemple, les communes de Aubel et de Virton ont remis des demandes de subventions à mon administration (l’une pour un montant de 40 000 euros, l’autre pour un montant de 56 195 euros). L’analyse de ces dossiers est en cours. Pour les abattoirs privés, plusieurs leviers peuvent être activés :
- les sociétés coopératives de transformation et/ou de commercialisation (SCTC) et les PME du secteur agroalimentaire peuvent rentrer un dossier de demande d’aide à l’investissement auprès du SPW ARNE, à la Direction des Structures agricoles de l’OPW. Des remarques m’ont été faites sur ce dispositif et je vais les analyser pour faciliter ces dispositions aux abattoirs ; - les abattoirs, en tant que PME, peuvent aussi faire une demande de subvention auprès du SPW Économie, Emploi et Recherche ; - enfin, Wallonie Entreprendre, organisme public de soutien aux entreprises, dispose de moyens pour participer au financement des investissements des structures privées liées au secteur de la viande.
La question de la stratégie et du maillage territorial n’est pas simple, l’honorable membre le sait. Mon prédécesseur s’est longuement penché sur la question. J’y travaille et j’ai prévu de réunir les acteurs de terrain fin de cette année ou début de l'année prochaine.