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Les offres d’emploi non recensées par le FOREm

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 253 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 17/12/2025
    • de LAZARON Geneviève
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
    On évoque très régulièrement, en commission, la question du manque d'offres d'emploi ou de la difficulté à les identifier, alors même que certaines entreprises peinent à recruter. Dans ce contexte, l'exemple récent de Bruxelles mérite toute notre attention : en explorant les réseaux sociaux grâce à un algorithme, Beci et Partena Professional ont fait remonter près de 100 000 offres d'emploi à Bruxelles et dans les Brabants, majoritairement peu qualifiées, et souvent absentes des canaux traditionnels comme Actiris ou les agences d'intérim.

    Ce travail met en évidence une réalité importante : une part croissante des opportunités professionnelles circule désormais en dehors des circuits institutionnels, sous une forme dispersée et difficilement visible pour les chercheurs d'emploi.

    En Wallonie, l'Office wallon de la formation professionnelle et de l'emploi (FOREm) mène déjà une enquête sur les besoins en main-d'œuvre des entreprises, outil essentiel pour adapter nos politiques d'emploi et orienter efficacement les chercheurs d'emploi. Cependant, l'expérience bruxelloise et brabançonne suggère qu'une part significative des offres pourrait encore nous échapper.

    Le Gouvernement wallon a-t-il évalué l'existence d'un potentiel similaire en Wallonie, c'est-à-dire un volume important d'offres d'emploi circulant hors des canaux classiques ?

    Le FOREm envisage-t-il d'intégrer des méthodes complémentaires, telles que l'analyse automatisée des réseaux sociaux ou l'exploitation de nouveaux algorithmes, afin d'élargir la visibilité des offres disponibles et mieux capter les besoins réels du marché du travail ?

    Une collaboration avec des acteurs technologiques ou des initiatives similaires à celle menée à Bruxelles pourrait-elle être envisagée, afin de renforcer l'efficacité de l'enquête sur les besoins de main-d'œuvre et d'améliorer le matching entre demandeurs et employeurs ?

    Enfin, comment le Gouvernement wallon entend-il s'assurer que ces offres, souvent peu qualifiées et potentiellement porteuses pour un large public, soient rendues accessibles aux chercheurs d'emploi wallons, notamment ceux accompagnés par les CPAS ou confrontés à des difficultés de mobilité ?
  • Réponse du 12/01/2026
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    L’exemple récent de Bruxelles illustre de manière très claire que l’offre d’emploi existe en volume important, mais circule souvent en dehors des canaux institutionnels traditionnels, ce qui la rend difficilement visible pour les chercheurs d’emploi. La cartographie réalisée par BECI et Partena Professional a permis de recenser près de 100 000 offres en exploitant de manière innovante les réseaux sociaux grâce à des outils d’intelligence artificielle. Cette méthodologie, combinant collecte automatisée de données et analyse intelligente, a permis d’identifier des annonces souvent absentes des canaux classiques comme Actiris ou les agences d’intérim, révélant ainsi une partie du marché du travail jusqu’alors invisible.

    En Wallonie, les derniers résultats de l’enquête sur les postes vacants de Statbel montrent que près de six entreprises sur dix font appel au FOREm pour diffuser leurs offres. Cependant, les réseaux sociaux et les sites internet d’entreprises restent les canaux les plus utilisés, plaçant le FOREm en troisième position. Il est donc intéressant de comprendre pourquoi certaines entreprises n’utilisent pas le FOREm, afin de mieux adapter ses services et d’élargir sa portée.

    L’enquête « Besoins en main-d’œuvre » menée par le FOREm auprès de 80 000 entreprises wallonnes constitue un outil essentiel pour obtenir une vision prospective et opérationnelle des besoins en ressources humaines. Les résultats, attendus pour 2026, permettront de mettre à jour la liste des métiers en pénurie, de nourrir la réflexion sur les formations et l’accompagnement des chercheurs d’emploi, et de soutenir le FOREm dans son rôle d’appui aux entreprises. Sur la base de ces résultats, le FOREm sera en mesure d’identifier les actions les plus pertinentes à mener pour améliorer la collecte, la visibilité et la diffusion des offres, en tenant compte des pratiques réelles des entreprises et des canaux qu’elles privilégient.

    Dans ce cadre, il est tout à fait envisageable que le FOREm s’inspire de méthodologies innovantes similaires à celles utilisées à Bruxelles. Cela pourrait inclure des collaborations avec des acteurs technologiques ou des prestataires spécialisés en analyse de données et intelligence artificielle, afin d’explorer de manière systématique les informations publiées sur les réseaux sociaux et autres plateformes numériques. Une telle approche permettrait de compléter les canaux classiques et d’assurer que les chercheurs d’emploi, y compris ceux accompagnés par les CPAS ou confrontés à des difficultés de mobilité, aient accès aux opportunités qui leur correspondent. En renforçant la transparence et l’accessibilité du marché de l’emploi, cette démarche contribuerait à mieux aligner l’offre et la demande d’emploi en Wallonie, tout en s’appuyant sur des pratiques et des technologies éprouvées ailleurs.