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Le séminaire sur les métiers en pénurie

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 254 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 17/12/2025
    • de LAZARON Geneviève
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
    La question des métiers en pénurie et des freins à l'emploi revient régulièrement lors de nos travaux en Commission. Lors du séminaire organisé le 10 décembre à Charleroi sur ce thème, le chercheur Marc Zune (UCLouvain) a notamment souligné qu'il est impossible de comprendre pleinement les obstacles à l'emploi sans interroger directement les premiers concernés.

    Par ailleurs, plusieurs études récentes mettent en évidence les barrières à l'entrée en formation ainsi que les trajectoires de jeunes issus de filières qualifiantes menant à des métiers en pénurie, afin de mieux cerner les difficultés rencontrées.

    M. le Ministre a-t-il pris connaissance de ces travaux ?

    Quels enseignements pouvons-nous en tirer pour améliorer l'accompagnement des chercheurs d'emploi et pour nourrir la réforme de la formation et de l'insertion socioprofessionnelle ?

    Envisage-t-il de mettre en place une enquête spécifique auprès des chercheurs d'emploi afin d'identifier plus précisément les freins qu'ils rencontrent ?

    Une telle démarche permettrait également à l'Office wallon de la formation professionnelle et de l'emploi (FOREm) d'adapter au mieux ses dispositifs d'accompagnement.
  • Réponse du 14/01/2026
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    Le séminaire organisé le 10 décembre à Charleroi, ainsi que les études récentes sur les barrières à l’entrée en formation et sur les trajectoires de jeunes vers les métiers en pénurie, apportent un éclairage sur les perceptions, motivations et parcours des chercheurs d’emploi et des personnes en reconversion. L’enquête menée par l’UCLouvain sous la direction du professeur Marc Zune, commanditée par le FOREm, a permis de mieux comprendre les freins auxquels ces publics sont confrontés, ainsi que l’effet de l’accompagnement institutionnel sur leurs choix professionnels.

    Le FOREm réalise depuis plusieurs années un suivi systématique des stagiaires formés à une fonction critique ou à un métier en pénurie. Les dernières données disponibles montrent que le taux de mise à l’emploi à l’issue de la formation est de plus de 80 %, et que la majorité des personnes insérées occupent un emploi dans le métier pour lequel elles ont été formées, souvent en CDI ou après avoir utilisé l’intérim comme tremplin. Ces résultats confirment l’importance d’un accompagnement structuré et adapté aux besoins des publics, afin de faciliter une insertion durable.

    Ces enseignements confirment la pertinence de la réforme que nous mettons en œuvre au FOREm, qui prévoit une segmentation des publics selon leur niveau d’employabilité et l’identification des actions les plus efficientes selon les profils. L’objectif est d’assurer un accompagnement personnalisé, en lieu et place d’un dispositif uniforme pour tous.

    En matière de formation, il est crucial de mieux informer et orienter les chercheurs d’emploi. C’est dans cet esprit que nous avons récemment mis en place l’Orientascan, qui aide chacun à identifier ses compétences, ses aspirations et les opportunités réalistes. Les formations vers les métiers en pénurie doivent être attractives, déboucher sur de l’emploi et offrir de véritables perspectives d’évolution professionnelle.

    Enfin, si la réalisation d’enquêtes complémentaires auprès des chercheurs d’emploi pouvait permettre d’affiner encore notre compréhension des obstacles, la réforme actuelle du FOREm prévoit déjà de s’appuyer sur ces analyses et données concrètes pour adapter et réorienter les dispositifs d’accompagnement en fonction de ce qui produit réellement des résultats.