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La faillite des magasins Cora et les conséquences pour les travailleurs

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2025
  • N° : 270 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 18/12/2025
    • de DEVIN Laurent
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
    Quelques mois après l'annonce fracassante de la fermeture de l'enseigne Cora, nous voici désormais à quelques semaines à peine de cette fermeture.

    Lors de notre échange de juillet 2025, M. le Ministre confirmait le calendrier des départs échelonnés jusqu'au 31 janvier 2026, la mise en place de cellules de reconversion pilotées par l'Office wallon de la formation professionnelle et de l'emploi (FOREm) pour les travailleurs wallons, ainsi que l'absence, à ce stade, de chiffres précis concernant les montants individuels dédiés à la reconversion.

    Plusieurs mois plus tard, peut-il nous dresser un état des lieux actualisé du nombre de travailleurs concernés par les départs volontaires et les licenciements en Wallonie, et confirmer le calendrier des prochaines vagues ?

    Peut-il également nous préciser les montants aujourd'hui actés en matière d'indemnités de reclassement, d'indemnités de fermeture et de soutien financier à la reconversion ?

    Enfin, peut-il faire le point sur le fonctionnement concret des cellules de reconversion, notamment en région du Centre et à La Louvière, ainsi que sur l'avancement du plan d'urgence social et de la demande d'intervention du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation ?

    Peut-il également nous communiquer également le nombre de travailleurs du Cora qui ont déjà retrouvé un emploi à l'heure actuelle ?
  • Réponse du 14/01/2026
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    Sur la base des informations communiquées par la direction de CORA, l’entreprise compte 1 521 travailleurs répartis au sein de ses sept hypermarchés et de ses services centraux. Parmi ceux-ci, 1 106 sont domiciliés en Wallonie, 168 à Bruxelles, 159 en Flandre et 88 en France, ce qui illustre l’impact territorial étendu de la situation sociale que traverse l’enseigne.

    Les licenciements s’inscrivent dans un phasage progressif, visant à encadrer au mieux les départs et à permettre la mise en œuvre de mesures d’accompagnement adaptées. Les premiers licenciements ont débuté le 1er septembre 2025. Ils ne concernaient que les travailleurs optant pour un départ « volontaire » de l’entreprise. Plusieurs vagues de licenciements ont ensuite été programmées.

    Ainsi, 47 travailleurs sont concernés au 1er septembre 2025, 202 au 30 septembre 2025, 127 au 31 octobre 2025, 113 au 30 novembre 2025 et 82 au 31 décembre 2025, ce dernier chiffre demeurant susceptible d’évolution. Le solde des licenciements interviendra au 31 janvier 2026. À partir de février 2026, seuls quelques départs résiduels sont attendus jusqu’à la fermeture définitive de l’entreprise.

    Les trajectoires de reclassement varient en fonction des profils et des projets professionnels, mais le mode de fonctionnement entre chaque cellule de reconversion est identique :
    - pour les travailleurs disposant de compétences transférables et recherchées sur le marché de l’emploi, l’action du FOREm se concentre sur une intermédiation active avec les entreprises, la recherche d’un nouvel emploi étant engagée dès les premières étapes de l’accompagnement ;
    - pour ceux dont l’employabilité nécessite un renforcement, l’accompagnement vise l’actualisation et le développement des compétences, en lien avec les besoins du marché du travail. Des parcours de formation qualifiants et ciblés sont proposés, et font l’objet d’une information continue à destination des travailleurs ;
    - enfin, certains travailleurs s’inscrivent dans une démarche de reconversion professionnelle, afin d’accéder à un emploi dans un secteur porteur et offrant des perspectives durables. Cette démarche repose sur un accompagnement structuré, comprenant notamment un bilan de compétences, la définition d’un projet professionnel, l’analyse des opportunités du marché de l’emploi, ainsi que l’accès à des formations menant vers des métiers en pénurie.

    Le premier Comité d’accompagnement de la Cellule pour l’emploi CORA s’est tenu le 13 novembre 2025. A cette date, les données chiffrées sont les suivantes :
    - 284 travailleurs sont concernés par la cellule de reconversion :
    Parmi ceux-ci, on compte : 80 personnes à l’emploi, 169 chercheurs d’emploi dont 9 sont impliqués dans un processus de formation, 19 résidents français, 11 personnes en incapacité de travail et 5 personnes qui seront prochainement en pension anticipée ou pension ;
    - 82 travailleurs sont concernés par Travvant :

    Parmi ceux-ci, on compte : 29 personnes à l’emploi, 49 chercheurs d’emploi (dont 2 sont impliqués dans un processus de formation) et 4 en incapacité de travail.

    L'indemnité de reclassement correspond au salaire en cours et aux avantages acquis en vertu du contrat de travail, et les détails de celle-ci varient donc d’un travailleur à l’autre.

    D’autre part, dans le cadre de l’accord conclu entre l’entreprise et les organisations syndicales, il a été convenu que les coûts de formations payantes seraient pris en charge par l’entreprise sur la base du projet professionnel, à hauteur de 2 000 euros HTVA par travailleur inscrit à la Cellule pour l’emploi et accompagné par la cellule de reconversion et de 200 euros HTVA par travailleur inscrit à la Cellule pour l’emploi et accompagné par Travvant.

    Le plan d’urgence sociale prévoit la demande de financement auprès du Fonds européen pour la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés. Cette demande est en cours de finalisation par les services du FOREm, pour une introduction prévue en mars 2026.