à DALCQ Anne-Catherine, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité
Ces dernières semaines, plusieurs citoyens m'ont interpellée au sujet d'une augmentation notable de la présence de rats, tant en zones urbaines qu'en milieu rural. Cette prolifération suscite des nuisances et des inquiétudes croissantes au sein de la population.
Il apparaît par ailleurs que les rodenticides accessibles au grand public sont aujourd'hui moins efficaces, notamment en raison du développement de résistances, et plus strictement réglementés, ce qui limite leur disponibilité. De nombreux citoyens se retrouvent dès lors démunis et s'interrogent sur les actions concrètes qu'ils peuvent mettre en œuvre pour prévenir ou limiter ces infestations.
Dans ce contexte, je souhaiterais savoir si le Gouvernement wallon dispose de données actualisées sur l'évolution des populations de rats en Wallonie et sur les facteurs susceptibles d'expliquer leur prolifération.
Mme la Ministre peut-elle m'indiquer quels sont les outils, conseils ou recommandations que la Région wallonne met à disposition des citoyens pour prévenir l'installation de ces rongeurs, ainsi que les méthodes de lutte réellement efficaces et autorisées aujourd'hui pour les particuliers ?
Enfin, peut-elle également m'indiquer si des actions de communication ou d'accompagnement spécifiques sont envisagées pour soutenir les communes et les citoyens dans la gestion de cette problématique ?
Réponse du 22/01/2026
de DALCQ Anne-Catherine
La Région wallonne dispose de compétences uniquement en ce qui concerne la lutte contre le rat musqué (Ondatra zibethicus), une espèce invasive de rongeur originaire d’Amérique du Nord.
Les propriétaires ou locataires ont l'obligation légale de procéder à la lutte contre le rat musqué dès qu’ils en constatent la présence ou que celle-ci leur est signalée.
Ils peuvent faire appel à la cellule de piégeage du SPW ARNE chargée de la lutte contre les rats musqués. Précisons que ce service a abandonné depuis plusieurs années le piégeage utilisant des appâts additionnés de raticides chimiques. Seuls les moyens de neutralisation mécaniques (pièges et cages) sont actuellement utilisés.
Les pouvoirs publics régionaux ne sont tenus d’assurer la lutte contre le rat commun (Rattus rattus et Rattus norvegicus) que sur leur domaine de gestion (routes, cours d’eau…). Au-delà d’aides ponctuelles, la Région n’organise pas de monitoring des populations de rats d’égout ni ne subventionne de manière régulière les politiques de lutte contre ceux-ci.
La lutte contre l'insalubrité publique étant du ressort des communes, celles-ci procèdent selon leurs moyens. En tant que responsables de la salubrité publique, les bourgmestres sensibilisent les résidents et peuvent faire appel à des services de dératisation selon les besoins. Pour les résidents, plusieurs méthodes de prévention sont recommandées : - boucher les trous à l'intérieur et à l'extérieur des maisons pour empêcher l'entrée des rongeurs ; - piéger les rongeurs autour des maisons pour réduire leur population, en veillant à ce que les dispositifs soient hors de portée des enfants et des autres animaux. À noter que l’utilisation des poisons n’est pas recommandée et présente le risque de conduire à des empoisonnements non souhaités ; - retirer les objets qui pourraient servir d'abri aux rongeurs ; - prendre des précautions lors du nettoyage des zones souillées par l'urine des rongeurs, en portant des gants et un masque ; - éliminer les sources de nourriture potentielles pour les rongeurs en conservant les aliments dans des récipients hermétiques et en jetant régulièrement les ordures dans des poubelles munies de couvercles étanches.
Les méthodes classiques de dératisation, souvent chimiques, suscitent des critiques pour leur impact environnemental et leur efficacité en baisse face à la résistance croissante des rats. D’où l’intérêt grandissant pour des méthodes non létales comme la contraception.
Une gestion efficace repose sur une approche intégrée : dératisation, contraception, surveillance, gestion des déchets, aménagements urbains adaptés, et sensibilisation des citoyens. Les rats jouent aussi un rôle écologique en décomposant les déchets organiques, contribuant à l’équilibre des écosystèmes urbains. Les pouvoirs locaux jouent un rôle clé dans la prévention et la réduction des infestations.