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L’octroi d’une aide à l’investissement de 11,5 millions d’euros par la Région wallonne au parc Pairi Daiza pour la création de son centre aquatique

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 296 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 08/01/2026
    • de DURENNE Véronique
    • à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
    Il y a quelques jours, nous apprenions l'octroi d'une aide à l'investissement de 11,5 millions d'euros par la Wallonie au parc Pairi Daiza pour la création de son centre aquatique, ainsi qu'une exemption temporaire de précompte immobilier.
    À la suite de cette annonce, M. le Ministre a notamment eu l'occasion de rappeler que cette décision relevait de l'application du décret wallon de 2004 sur les aides à l'investissement et qu'elle répondait aux critères objectifs prévus pour les grandes entreprises.

    Afin d'éclairer pleinement le cadre de cette décision et d'en assurer une compréhension claire, M. le Ministre pourrait-il préciser la base légale exacte mobilisée et rappeler brièvement les critères essentiels prévus par ce décret pour l'analyse d'un projet de cette ampleur ?

    Je souhaiterais également comprendre comment l'aide de 11,5 millions d'euros sera concrètement ventilée, notamment en ce qui concerne les modalités de versement et les types de dépenses éligibles.

    M. le Ministre pourrait-il également apporter quelques précisions sur l'exemption de précompte immobilier, singulièrement sur le dispositif qui la permet et les objectifs qu'il poursuit ?

    Enfin, peut-il confirmer les principales retombées économiques attendues du projet, tant en matière d'emplois que d'impact sur l'activité locale et touristique ?
  • Réponse du 21/01/2026
    • de JEHOLET Pierre-Yves
    L’aide octroyée au projet d’investissement porté par Pairi Daiza repose intégralement sur le cadre légal établi pour soutenir les grandes entreprises créatrices d’emplois et d’activité en Wallonie. La base juridique mobilisée est le décret du 11 mars 2004 relatif aux incitants régionaux, ainsi que son arrêté d’exécution du 6 mai 2004, mis en conformité avec la réglementation européenne en 2015. C’est sur cette base que l’administration a instruit le dossier et que la prime a été accordée conformément aux articles 2 à 6 du décret et aux articles 2 et 7 de l’arrêté.

    L’analyse du projet s’est appuyée sur les critères prévus par la réglementation, appliqués via une grille de cotation validée par le Comité technique, l’Inspection des finances et par le Gouvernement wallon. Trois dimensions ont été déterminantes :
    - la création et la qualité de l’emploi, avec un engagement de 275 nouveaux postes ;
    - les retombées économiques, l’augmentation de l’emploi sur le site dépassant 46 % ;
    - l’intérêt stratégique du projet, notamment au regard des investissements innovants liés au nouveau centre aquatique.

    L’application de ces critères conduit à une intervention représentant 10,86 % des investissements admissibles, soit un montant par emploi créé largement inférieur au plafond fixé par le décret. L’entreprise devra atteindre un niveau d’emploi de 872,56 équivalents temps plein au troisième trimestre 2027 et le maintenir jusqu’en 2031. Les investissements devront être conservés au minimum cinq ans.

    Les modalités de versement sont strictement encadrées. Trois tranches sont prévues, chacune conditionnée à la réalisation effective des investissements, au respect des obligations fiscales, sociales et environnementales, à l’obtention des permis nécessaires et à la vérification par l’Inspection économique. La prime est ajustée si les investissements ou les engagements en matière d’emploi ne sont pas atteints.

    L’exonération temporaire de précompte immobilier découle également du décret de 2004. Ce mécanisme, qui existe de longue date dans notre législation économique, vise à encourager les investissements productifs en allégeant temporairement la charge fiscale liée aux nouvelles infrastructures. Dans ce dossier, l’exonération porte uniquement sur l’augmentation du précompte liée aux investissements subsidiés et est limitée à un an.

    Enfin, concernant les retombées économiques du parc, selon une étude indépendante réalisée par EKLO, SEGEFA-ULiège et HEC Consulting Group, l’activité de Pairi Daiza a généré en 2024 un impact total de plus de 145 millions d’euros et soutenu plus de 3 100 emplois directs, indirects et induits. Le développement du nouveau centre aquatique viendra encore renforcer cette dynamique, tant en matière d’emploi que d’attractivité touristique et de retombées pour les entreprises locales.

    L’intervention régionale respecte donc pleinement le cadre légal, les règles européennes et les exigences de contrôle. Elle poursuit un objectif clair : soutenir un investissement structurant, créateur d’emplois et porteur de retombées économiques significatives pour la Wallonie.