L’accessibilité aux institutions culturelles wallonnes pour les personnes porteuses de handicap
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 546 (2025-2026) 1
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Question écrite du 08/01/2026
de SOUPART Guillaume
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Un rapport de l'Observatoire des politiques culturelles est récemment paru. Celui-ci nous donne un aperçu pertinent de l'état de l'accueil des personnes porteuses d'un handicap au sein des musées et institutions culturelles.
Bien qu'une amélioration ait été constatée concernant les infrastructures destinées à leur accueil au cours des dernières années, il reste encore un certain nombre de choses à faire pour permettre un accès optimal à l'ensemble de la population.
Toutefois, il convient de rappeler que beaucoup de bâtiments font face à des contraintes importantes, par exemple en raison de leur ancienneté. Ceci augmente donc considérablement les besoins financiers pour réaliser les travaux nécessaires afin de garantir un accès optimal et garantissant leur parfaite inclusivité.
Comment travaille M. le Ministre avec la Communauté française afin de garantir un accès optimal au sein des musées se trouvant sur le territoire wallon ?
Comment compte-t-il améliorer l'inclusivité et l'accueil des personnes porteuses d'un handicap dans ces infrastructures ?
L'Agence pour une vie de qualité travaille-t-elle sur ce sujet ?
Quels sont les subsides qui permettent de rénover ces sites pour leur permettre un meilleur accueil ?
Réponse du 04/02/2026
de COPPIETERS Yves
L’enquête sur le secteur muséal, à laquelle l’honorable membre fait référence, tire des constats encourageants, ainsi que des marges de progression considérables, et appuie la politique de promotion et de soutien aux opérateurs menée depuis plusieurs années. Les évolutions positives observées dans les aménagements et la formation du personnel témoignent d’une dynamique d’engagement du secteur en faveur d’une culture accessible et inclusive.
Les bénéfices de la culture sur la santé et le bien-être sont aujourd’hui largement démontrés. De plus, l’accès, sur base d’égalité avec les autres, aux lieux d'activités culturelles, est un droit reconnu par la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la Belgique en 2009, est aujourd’hui largement démontré.
La nécessité d’une prise en compte transversale de l’accessibilité induit une collaboration entre les différentes parties prenantes afin de mener une réelle politique d’inclusion.
D’une part, depuis plus de 10 ans, l’AViQ collabore avec Tourisme Wallonie pour soutenir Access-i, acteur incontournable de la certification et de référencement des sites et événements accessibles, y compris les musées et autres activités culturelles. À ce jour, un peu plus de 300 offres certifiées sont présentées sur leur plateforme. L’accompagnement des opérateurs est au cœur de la démarche pour insuffler une dynamique d’amélioration de l’accessibilité et celle-ci est bien considérée de manière plurielle en prenant en compte les aménagements de l’infrastructure, les canaux d’informations et de communication ainsi que la sensibilisation des opérateurs en vue d’assurer un accueil adapté.
Notons qu’Access-i travaille en étroite collaboration avec les services conseils en accessibilité, eux aussi financés par l’AViQ, et dispose d’une quinzaine d’auditeurs formés. Afin de stabiliser ces services essentiels à la croissance et la diversification de l’offre adaptée, je souhaite les stabiliser réglementairement et leur assurer une reconnaissance officielle par la Région wallonne. L’arrêté est en voie de finalisation.
Mes services ont également soutenu Access-i pour le développement de leur nouvelle plateforme afin d’y mettre en lumière les informations utiles à la préparation d’une visite, en présentant les données sur le niveau d’accessibilité de manière plus détaillée et accessible numériquement à l’ensemble des personnes à besoins spécifiques.
Si le soutien financier aux opérateurs culturels désireux d’améliorer leur accueil aux publics à besoins spécifiques ne relève pas de mes compétences, notons que, selon la province dans laquelle ils sont situés, ils peuvent s’adresser à la fédération du tourisme pour une aide à la réalisation d’un audit Access-i. D’autre part, le Code wallon du tourisme prévoit un taux de subvention majoré pour les travaux relatifs à l’accessibilité.
D’autre part, et en complément à ces dispositifs, le Gouvernement wallon s’est engagé, le 10 juillet dernier, à mettre en œuvre une stratégie accessibilité intégrant les différentes composantes de la vie publique. La collaboration entre les différents acteurs des politiques publiques, dont la Fédération Wallonie Bruxelles, est cruciale pour garantir la cohérence des actions menées.
L’ambition est en effet de défendre une prise en compte de l’accessibilité universelle tout au long du parcours de vie. Elle s’appuie notamment sur un décret-cadre sur l’accessibilité, primordial pour garantir un accès équitable aux services publics et aux lieux ouverts au public. Ce décret définira des normes couvrant l’information et la communication, les événements, ainsi que les bâtiments nouveaux et existants, avec un horizon d’adaptation fixé à 15 ans.
Ce travail s’élabore en s’appuyant sur l’expertise des acteurs spécialisés, en particulier le Collectif Accessibilité Wallonie-Bruxelles, ainsi que sur les bonnes pratiques et législations développées à l’étranger.