Le soutien aux formations qualifiantes accessibles aux personnes sans diplôme
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 303 (2025-2026) 1
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Question écrite du 15/01/2026
de DEVIN Laurent
à JEHOLET Pierre-Yves, Ministre de l'Economie, de l'Industrie, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation
Plusieurs acteurs de la formation et de l'insertion socioprofessionnelle font état de tensions croissantes au sein des centres de formation et d'aide à la réinsertion, dans un contexte marqué notamment par les projets de réforme touchant les centres d'insertion socioprofessionnelle (CISP). Ces inquiétudes interrogent quant à la capacité du système à continuer à remplir pleinement ses missions auprès des publics les plus éloignés de l'emploi.
Il convient pourtant de rappeler le rôle essentiel que jouent ces opérateurs dans l'accès à l'emploi de personnes sans diplôme ou faiblement qualifiées. Les formations qualifiantes qu'ils proposent constituent, pour de nombreux chercheurs d'emploi, un véritable tremplin vers une insertion professionnelle durable, en leur permettant d'acquérir des compétences directement mobilisables sur le marché du travail.
Dans un contexte où la Wallonie fait face à une pénurie de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs et où l'augmentation du taux d'emploi constitue un objectif prioritaire, le maintien et le renforcement de ces parcours de formation apparaissent comme un enjeu stratégique.
Dans le contexte actuel de tensions sur le marché du travail, M. le Ministre envisage-t-il un renforcement ou une adaptation du soutien public à ces formations, afin d'en accroître l'accessibilité et la capacité d'accueil ?
Comment le Gouvernement wallon évalue-t-il l'efficacité de ces formations en termes d'accès à l'emploi et de durabilité des parcours professionnels pour les publics concernés ?
Plus largement, comment le Gouvernement wallon entend-il garantir que les évolutions en cours n'affaiblissent pas l'offre de formation destinée aux personnes les plus éloignées de l'emploi ?
Réponse du 05/02/2026
de JEHOLET Pierre-Yves
Le Gouvernement wallon est pleinement conscient du rôle essentiel que jouent les formations qualifiantes dans l'accès à l'emploi de personnes sans diplôme ou faiblement qualifiées. Les centres d’insertion socioprofessionnelle constituent à cet égard un maillon de la politique régionale de formation et d’insertion.
Dans un contexte budgétaire exigeant, le Gouvernement n’a pas opté pour un renforcement automatique des moyens, mais pour une amélioration qualitative des dispositifs de formation, visant à accroître l’impact réel des formations proposées sur les parcours des stagiaires.
En effet, trop longtemps en Wallonie, l’action publique a reposé sur la conviction que l’augmentation des moyens financiers suffisait à garantir des résultats tangibles. Cette approche a relégué au second plan l’évaluation rigoureuse des politiques mises en œuvre.
Or, l’expérience montre que la performance ne dépend pas seulement des budgets engagés, mais aussi de la capacité à mesurer l’efficacité des dispositifs, à corriger les trajectoires et à privilégier ce qui fonctionne réellement.
Ainsi, sur la base de la Synthèse des rapports d’activité annuels des centres agréés relative à l’année 2024, les résultats en matière d’insertion à l’emploi et en formation qualifiante des CISP se situent aux alentours de 13,3 %. 98 filières, soit 22,9 %, présentent cependant un taux d’insertion inférieur à 5 %.
Ces résultats imposent une réflexion sur l’efficacité de l’utilisation des moyens publics engagés. C’est la raison pour laquelle le décret programme budgétaire récemment adopté prévoit des mesures concernant les filières présentant un taux d’insertion nul. J’ai également proposé au Gouvernement de renforcer l’objectivité et l’harmonisation de l’évaluation menée, notamment en formalisant les notions d’insertion à l’emploi et d’insertion dans une formation qualifiante.
Les adaptations en cours n’ont pas pour objectif d’affaiblir l’offre de formation destinée aux personnes les plus éloignées de l’emploi. Le Gouvernement a veillé à tenir compte de la diversité des missions confiées aux centres, notamment en prévoyant des mécanismes d’exemption pour certaines filières telles que l’alphabétisation, le français langue étrangère, l’orientation ou les formations organisées en milieu carcéral.
Le Gouvernement wallon entend garantir le maintien d’une offre de formation adaptée aux publics les plus fragilisés, renforcer l’accessibilité des parcours et leur efficacité en matière d’insertion, tout en assurant une gestion responsable et efficiente des fonds publics, dans l’intérêt des stagiaires comme de la collectivité.