L’accessibilité des services d’urgence psychiatrique
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 563 (2025-2026) 1
2 élément(s) trouvé(s).
Question écrite du 15/01/2026
de DEVIN Laurent
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Récemment, j'interpellais M. le Ministre sur la situation des services d'urgence psychiatrique surpeuplés et qui éprouvent de grandes difficultés pour faire face à cette situation. Il évoquait alors l'envoi d'une circulaire à l'ensemble des services d'urgence spécialisés (SUS) afin de rappeler que l'agrément des services d'urgence est conditionné par la mise en place de gardes effectives pour les 11 spécialités, dont la psychiatrie. M. le Ministre annonçait également porter la problématique des urgences psychiatriques au niveau de la CIM Santé publique, mais aussi au sein des groupes de travail relatifs aux soins de santé mentale.
Quelques semaines plus tard, confirme-t-il avoir adressé une circulaire aux services concernés ? Quel en est le contenu ?
Le point a-t-il été inscrit à l'ordre du jour de la CIM Santé ? Si oui, que ressort-il des discussions et travaux au sein de la CIM sur cette problématique ?
Quelles sont les améliorations et avancées engrangées dans la gestion de cette problématique ?
Les groupes de travail relatifs aux soins de santé mentale lui ont-ils également soumis des pistes d'amélioration ?
Réponse du 12/02/2026
de COPPIETERS Yves
Cette question me permet de rappeler les exigences en matière d’organisation des soins urgents spécialisés, en particulier pour ce qui concerne la prise en charge des urgences psychiatriques. Cette problématique, essentielle pour garantir la continuité et la qualité de l’aide médicale urgente, s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance accrue quant au respect des conditions d’agrément des services hospitaliers et de réflexion globale sur l’organisation et l’accessibilité des soins en Wallonie.
Une circulaire a bien été adressée le 10 novembre 2025 à l’ensemble des hôpitaux généraux et universitaires disposant d’un agrément pour une fonction de soins urgents spécialisés (SUS). Cette circulaire a également été transmise, pour information, aux hôpitaux psychiatriques.
Par cette communication, l’AViQ a souhaité attirer l’attention des hôpitaux sur des dysfonctionnements constatés à la suite de plaintes et d’observations formulées lors de missions d’inspection. Il ressort en effet que, dans certains établissements, des médecins censés être rappelables dans le cadre des gardes ne le sont pas dans les faits, en particulier aux services d’urgence. Ces manquements désorganisent l’aide médicale urgente offerte à la population et compromettent la bonne orientation des ambulances du 112.
La circulaire rappelle dès lors que l’agrément des services de soins urgents spécialisés est conditionné à l’organisation de gardes effectives pour onze spécialités requises, parmi lesquelles figure la psychiatrie, puisqu’il s’agit de l’objet de la question. Ces spécialités doivent assurer une permanence réelle et être en mesure d’intervenir sur place dans les plus brefs délais.
La problématique des urgences psychiatriques a par ailleurs bien été portée au niveau des instances compétentes. Elle y fait l’objet de discussions et de travaux, plusieurs pistes d’amélioration étant actuellement à l’analyse. L’objectif poursuivi est de limiter autant que possible le recours aux services d’urgence en développant des réponses en amont et des alternatives adaptées. Dans cette optique, j’ai chargé l’AViQ de renforcer la communication et d’améliorer la lisibilité de l’offre en santé mentale. En effet, l’un des principaux freins à l’accès aux soins réside dans la méconnaissance des dispositifs existants ainsi que des modalités d’orientation et d’admission.
Par ailleurs, une réforme du paysage hospitalier est en cours. Un groupe d’experts a remis un premier rapport, et un groupe de travail spécifique a été constitué au sein du Conseil fédéral des établissements de soins afin de poursuivre la réflexion sur l’organisation des offres et leur complémentarité.
L’amélioration de l’accès aux soins ambulatoires constitue également une priorité majeure pour contribuer au désengorgement des services d’urgences hospitaliers. À cet égard, le Gouvernement wallon a approuvé, le 4 décembre 2025, les projets retenus dans le cadre de l’appel à projets relatif au développement de modèles d’organisation territoriale à l’échelle méso pour une approche intégrée de la santé, et en a informé les porteurs. Ces initiatives permettront la mise en place d’organisations locorégionales de santé, fondées sur une collaboration renforcée entre les acteurs de première ligne, y compris ceux de la santé mentale, afin d’améliorer l’orientation des patients, la continuité des soins et la pertinence des prises en charge.
Pour conclure, la circulaire adressée aux hôpitaux s’inscrit dans une démarche visant à garantir des gardes médicales effectives et une réponse adéquate aux besoins urgents de la population, notamment en matière de psychiatrie. Parallèlement à ce rappel réglementaire, la problématique des urgences psychiatriques fait l’objet de travaux approfondis aux niveaux régional et fédéral, dans une perspective de complémentarité des offres et de développement d’alternatives aux services d’urgence. Le renforcement de la lisibilité de l’offre en santé mentale, la réforme du paysage hospitalier et le soutien à la première ligne par la création des organisations locorégionales de santé constituent autant de leviers concrets pour améliorer l’orientation des patients, la continuité des soins et, à terme, le désengorgement des services d’urgence hospitaliers.