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Les aidants proches

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 611 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 26/01/2026
    • de AIT ALOUHA Rachida
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    La réforme du chômage décidée au niveau fédéral, et notamment les mesures d'exclusion du droit aux allocations, suscite de vives inquiétudes quant à ses conséquences pour les aidants proches en Wallonie.

    Lors des échanges récents en commission du Parlement wallon, M. le Ministre a indiqué qu'un plan global en faveur des aidants proches était en préparation, dont le calendrier budgétaire serait celui de l'ajustement au printemps prochain. Il a également rappelé que la Wallonie compte plus de 700 000 aidants proches, dont environ 220 000 jeunes, et que ces aidants assument des tâches essentielles équivalentes à 2,5 % du PIB belge, soit plus de 15 milliards d'euros selon une étude européenne.

    Par ailleurs, une pétition portée notamment par la Ligue des Familles réclame la suspension en urgence de l'exclusion du chômage pour les parents d'enfants en situation de handicap, soulignant la grande précarité financière à laquelle sont exposés de nombreux aidants proches. Ceux-ci doivent souvent réduire ou interrompre leur activité professionnelle, sans disposer d'un soutien financier suffisant ni de garanties réelles en matière de répit ou de remplacement.

    Dans ce contexte, je souhaiterais interroger M. le Ministre sur les points suivants.

    M. le Ministre envisage-t-il de compenser la perte salariale des aidants proches, en particulier sur les parents d'enfants en situation de handicap et sur les aidants contraints de réduire ou d'abandonner leur emploi ?

    Dans le cadre du plan global en préparation, entend-il renforcer le droit au répit (« droit au souffle ») des aidants proches, notamment par un accès effectif, suffisant et financièrement abordable à des solutions de répit ?

    Quelles dispositions sont envisagées pour garantir la possibilité réelle pour les aidants proches d'être remplacés, temporairement ou ponctuellement, par des professionnels formés, afin de préserver leur santé physique, mentale et leur vie sociale ?

    Enfin, comment la Wallonie entend-elle articuler ses actions avec le niveau fédéral et les autres entités fédérées, afin d'assurer une approche cohérente, durable et respectueuse des droits sociaux et économiques des aidants proches ?
  • Réponse du 17/02/2026
    • de COPPIETERS Yves
    La question des aidants proches est une problématique de société cruciale qui est amenée à grandir de façon exponentielle dans les prochaines années et qui va de pair avec d’autres enjeux sociétaux tels que le vieillissement de la population, l’accès aux hébergements spécialisés, notamment dans le cadre du handicap, la diminution de la durée des hospitalisations et surtout la liberté de choix notamment au regard de la désinstitutionalisation.

    Je confirme la nécessité d’analyser les besoins spécifiques des aidants proches, ces acteurs de l’ombre dont le nombre est estimé à 700 000 personnes en Wallonie, afin de leur proposer une réponse coordonnée. En effet, chacun d’entre nous est susceptible de jouer ce rôle d’aidant proche à un moment donné de la vie via l’accompagnement et le soutien à un proche fragilisé par un déficit d’autonomie physique ou psychique, qu’il soit dû à l’âge, la maladie ou le handicap.

    Conscient de cette importante nécessité, le Gouvernement wallon s’est engagé, dans sa Déclaration de politique régionale, à œuvrer pour une reconnaissance plus juste, un meilleur soutien et un accompagnement renforcé des aidants proches, quel que soit leur statut socioprofessionnel.

    À mon niveau, un plan global en Wallonie est donc en préparation comprenant notamment :
    - la pérennisation de l’ASBL Aidants Proches ;
    - le développement de mesures d’information, de sensibilisation, de formation et de soutien des aidants proches ;
    - un potentiel projet interfédéral en coordination avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour les jeunes aidants.

    Ce plan d’action traduit la volonté du Gouvernement de renforcer le rôle de l’ASBL Aidants Proches.

    Les actions prévues dans le cadre de ce plan global s’inscrivent dans le respect des principes suivants :
    - approche coordonnée de la matière impliquant d’autres niveaux de pouvoir ou partenaires ;
    - appui sur l’expertise des opérateurs existants ;
    - concertation avec les représentants de ces opérateurs.

    En ce qui concerne les services de répit, à l’heure actuelle, leur subventionnement structurel est pleinement maintenu.

    De plus, l’AViQ a proposé, dans le cadre de la programmation FSE+ « 2021-2027 », de renforcer les services de Répit par l’intermédiaire du projet « A000779 - Soutien de l'aidant proche et offre de répit » financé par le fonds social européen (FSE). Celui-ci a été approuvé par l’Agence FSE en 2023. Un montant de 796 742,75 euros par an est ainsi réparti entre divers services organisant du Répit pour les années 2024 à 2027.

    Enfin, au niveau des prérogatives fédérales, un travail soutenu auprès des partenaires de la majorité a permis de réaliser des avancées sur le sujet des aidants proches exclus du chômage et nous continuons sans relâche de chercher des solutions acceptables pour ces citoyens impactés, dans le respect de la répartition des compétences et des complémentarités.