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La prime à l’intégration des personnes porteuses de handicaps pour les entreprises de travail intérimaire et le projet "hand in job"

  • Session : 2025-2026
  • Année : 2026
  • N° : 655 (2025-2026) 1

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  • Question écrite du 03/02/2026
    • de THORON Stéphanie
    • à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
    La prime à l'intégration pour les entreprises de travail intérimaire, gérées par l'AViQ, constitue une intervention financière destinée à encourager l'engagement ou la reprise du travail de personnes en situation de handicap, à hauteur de 25 % du coût salarial pendant un an maximum. Celle-ci est accessible, sous certaines conditions, aux entreprises de travail intérimaire, au même titre que les autres employeurs.

    En réponse à une collègue sur cette thématique M. le Ministre a, par ailleurs, mis en avant l'importance du projet « hand in job », fruit d'une collaboration entre l'AViQ et le Fonds de formation pour les intérimaires, qui propose des actions de sensibilisation au handicap pour les consultants ainsi que des moments de rencontre entre agences d'intérim et candidats en situation de handicap.

    Cette prime reste encore méconnue et sous-utilisée dans un contexte où l'intérim peut également être un levier concret de mise à l'emploi durable pour les personnes en situation de handicap.

    Dans une perspective où nous sommes soucieux de lutter contre le non-recours aux droits et où nous avons la volonté de soutenir l'inclusion professionnelle des personnes handicapées, il me paraît important de faire le point, sur l'état d'avancement du projet « hand in job », sur la mise en place d'indicateurs de suivi et sur la collaboration avec les organisations représentatives du secteur comme Federgon.

    Comment M. le Ministre évalue-t-il le projet et quelles sont les pistes concrètes pour améliorer le recours à ce droit pour les entreprises et qui serait favorable à l'inclusion professionnelle des personnes handicapées ?

    Il évoquait qu'il n'y avait pas d'indicateur de suivi : quelle en est la raison ?

    Ne serait-il pas possible d'en créer afin de pouvoir mieux monitorer tout en évitant des surcharges administratives excessives ?

    Il évoquait également l'importance de fluidifier les contacts avec le secteur : quelle collaboration ont été, pourraient être menée avec Federgon par exemple ?

    N'est-il pas possible d'améliorer la situation via ce canal ou M. le Ministre a-t-il pu identifier d'autres pistes concrètes ?
  • Réponse du 12/02/2026
    • de COPPIETERS Yves
    Le Fonds de Formation pour les Intérimaires (Travi) et l’AViQ collaborent depuis de nombreuses années. Conscients de l’importance de sensibiliser le secteur à l’inclusion des travailleurs en situation de handicap, ils ont notamment mis en place le projet « Hand in job » dont les objectifs sont de :
    - informer les consultants en intérim pour qu’ils se sentent plus à l’aise vis-à-vis du handicap ;
    - stimuler les employeurs à l’accueil de candidats dans leurs entreprises ;
    - diriger de façon appropriée les personnes en situation de handicap vers les consultants. Le site de l’AViQ renseigne sur la liste, tenue à jour par TRAVI, des consultants sensibilisés à ce public.

    En 2024, seules quelques primes à l’intégration ont été demandées par des agences intérimaires. L’extraction de chiffres, de la base de données informatisée des aides allouées par l’AViQ aux entreprises, est rendue difficile en raison du mécanisme qui régit l’activité intérimaire. En effet, durant la mission d’intérim accomplie auprès d’une société cliente de l’enseigne, l’employeur reste la société intérimaire. Les statistiques en possession de l’Agence en ce qui concerne la prime à l’intégration visent indistinctement les interventions accordées pour des travailleurs en situation de handicap employés par une société de travail intérimaire ou occupés dans le cadre d’une telle mission. Elles peuvent demander la prime pour leur propre personnel ou encore pour des travailleurs engagés dans le cadre du dispositif : titres-services.

    Un autre écueil tient au fait que l’octroi de la prime à l’intégration ne reflète pas réellement le travail effectué par le secteur.

    Pour rappel, cet incitant est octroyé uniquement aux personnes admissibles au bénéfice des interventions de l’AViQ qui, de surcroît, ont connu une période d’inactivité professionnelle d’au moins six mois au cours des neuf mois qui précèdent l’entrée (ou le retour) en service. Il est donc probable que des personnes en situation de handicap s’adressant aux agences d’intérim ne remplissent pas les conditions de la prime ou ne signalent simplement pas leurs difficultés de santé ou les aménagements qui leur seraient utiles pour travailler, parfois délibérément.

    Une des actions mises en place en 2025 porte sur un webinaire qui est toujours mis en ligne sur le site de Travi. Il permet à tout moment aux conseillers en intérim de s’informer sur la prime, mais également de prendre connaissance des questions à poser aux candidats et des arguments à faire valoir auprès des entreprises clientes : https://travi.be/fr/informations/webinaire-interim-et-emploi-des-personnes-handicapees

    Il est indéniable que des actions doivent continuer à se réfléchir afin de soutenir le recours à ces contrats de travail qui peuvent s’avérer des tremplins vers un emploi durable. Une meilleure articulation doit certainement être imaginée afin de soutenir le passage de relai et la pérennisation de l’emploi au sein des entreprises clientes des agences d’intérim. L’administration reprendra contact avec le secteur en ce sens.