La Wallonie face aux recommandations du Conseil central de l'économie (CCE) en matière de rénovation énergétique
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 218 (2025-2026) 1
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Question écrite du 04/02/2026
de DEVIN Laurent
à NEVEN Cécile, Ministre de l'Energie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports
Le Conseil central de l'économie (CCE) est clair : réussir la rénovation énergétique du parc résidentiel nécessitera près de 100 milliards d'euros d'aides publiques d'ici 2050. Il alerte surtout sur un point central : sans aides publiques massives et directes, la transition énergétique aggravera les inégalités sociales, dès lors qu'environ un tiers des propriétaires n'a pas accès au crédit à long terme.
Depuis l’entrée en fonction de Mme la Ministre, la Wallonie a réduit les primes à la rénovation d'environ 60 % et annoncé une réforme orientée vers le recours accru à l'emprunt, alors même que le CCE recommande, au contraire, des subventions directes et préfinancées, couvrant une part substantielle des travaux pour les ménages les plus précaires.
À combien estime-t-elle le budget annuel nécessaire pour assurer la rénovation du bâti résidentiel wallon, en cohérence avec les objectifs climatiques et sociaux ?
Quel effort budgétaire public annuel la Wallonie est-elle concrètement prête à engager pour se conformer aux recommandations chiffrées du CCE ?
Quel budget annuel compte-t-elle effectivement débloquer d'ici 2029 pour la rénovation énergétique des logements ?
Quelle part de cet effort prendra la forme de subventions directes et préfinancées, afin de tenir compte des recommandations du CCE et d'éviter que le risque financier de la transition ne soit transféré sur les ménages les plus fragiles ?
Réponse du 12/02/2026
de NEVEN Cécile
Effectivement, cet avis souligne l’ampleur des investissements nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques.
Il est cependant évident que ces investissements ne doivent pas être entièrement supportés par les moyens publics.
Les dispositifs précédents le démontrent : malgré les moyens colossaux qui leur ont été dédiés, le taux de rénovation n’a pas pu atteindre un niveau suffisant pour placer le bâti résidentiel wallon sur une trajectoire de rénovation satisfaisante. Ils ont généré des effets d’aubaine et entrainé des dérives budgétaires majeures.
C’est la raison pour laquelle le nouveau système global de soutien à la rénovation qui entrera en vigueur le 1er octobre 2026 a pour ambition de placer la Wallonie sur une trajectoire de rénovation permettant d’atteindre les objectifs européens tout en restant financièrement soutenable pour la Wallonie et en donnant la priorité aux ménages les plus précarisés ainsi qu’aux bâtiments les plus énergivores.
Dès lors, comme déjà indiqué, le nouveau système s’appuiera sur 3 axes : la mise en œuvre d’un calendrier de rénovation, un mécanisme de soutien calibré pour aider ceux qui en ont réellement besoin, en tenant compte à la fois des capacités de remboursement des ménages et du label énergétique du logement avant travaux, et un accompagnement des citoyens.
Quant aux ménages sans ou avec trop peu de capacité de remboursement, d’autres mécanismes de soutien sont actuellement à l’étude tels que le Prêt avance-Rénovation, le tiers-investissement, le prêt à remboursement différé… Ces mécanismes sont repris dans le rapport du CEHD et HCS relatif aux orientations pour la mise en place d’un régime global de rénovation du bâti résidentiel.
Les aspects budgétaires de la réforme feront l’objet de précisions lors du dépôt de la réforme au Gouvernement.
Quant à la recommandation visant l’octroi d’aides directes et préfinancées, c’est l’objectif du conditionnement des aides à la réalisation d’un Rénopack ou Rénoprêt ou le candidat rénovateur ne devra pas préfinancer les aides comme c’est le cas actuellement.