La prévention et le dépistage du cancer du sein après 70 ans
Session : 2025-2026
Année : 2026
N° : 676 (2025-2026) 1
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Question écrite du 10/02/2026
de DURENNE Véronique
à COPPIETERS Yves, Ministre de la Santé, de l'Environnement, des Solidarités et de l'Economie sociale
Selon un article de presse récent relayant l'avis de spécialistes de la Clinique Saint-Luc de Bouge, le cancer du sein connaît un second pic d'incidence à partir de 70 ans. En Belgique, près d'un tiers des quelque 11 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année concerneraient des femmes de plus de 70 ans. Or, le dépistage organisé du cancer du sein (mammotest) est actuellement limité aux femmes âgées de 50 à 69 ans, ce qui peut renforcer l'idée erronée selon laquelle le risque diminuerait fortement au-delà de cet âge.
Les spécialistes interrogés soulignent pourtant que, compte tenu de l'allongement de l'espérance de vie et de l'état de santé parfois très satisfaisant de nombreuses femmes âgées, un dépistage après 70 ans peut rester pertinent, pour autant qu'il soit envisagé au cas par cas, en fonction de l'état de santé global, des comorbidités et de l'espérance de vie. Ils rappellent également que les cancers du sein survenant à un âge avancé ne sont pas nécessairement indolents et que ceux détectés en dehors de tout dépistage sont souvent diagnostiqués à un stade plus avancé.
Dans ce contexte, et au regard des compétences régionales en matière de prévention et de promotion de la santé, je souhaite interroger M. le Ministre sur les points suivants.
Quelle analyse fait-il concernant l'incidence du cancer du sein chez les femmes de plus de 70 ans et les enjeux spécifiques de prévention pour cette tranche d'âge ?
Des actions d'information ou de sensibilisation sont-elles menées ou envisagées afin de rappeler aux femmes de plus de 70 ans, ainsi qu'aux professionnels de première ligne, l'intérêt d'un dépistage individualisé lorsque l'état de santé le permet ?
Comment la Wallonie entend-elle favoriser l'accès équitable au dépistage individuel après 70 ans, notamment au regard du coût restant à charge pour les patientes en dehors du dépistage organisé ?
Une concertation est-elle en cours ou envisagée avec le niveau fédéral, l'Agence pour une vie de qualité (AViQ), le KCE ou les acteurs de terrain afin d'adapter les stratégies de prévention et de dépistage aux réalités démographiques et épidémiologiques actuelles ?
Réponse du 09/03/2026
de COPPIETERS Yves
Un programme de dépistage du cancer du sein existe en Belgique depuis juin 2001 (dépistage organisé - mammotest), établi dans le cadre d’un protocole d’accord entre l’État fédéral et les Communautés signé en novembre 2000. Ce programme est élaboré conformément aux recommandations du Conseil de l’Union européenne à la suite d’études qui ont démontré l'efficacité du dépistage du cancer du sein pour réduire la mortalité liée à cette affection dans la tranche d’âge de 50 à 69 ans. L'organisation et l'évaluation du programme sont définies dans les « European guidelines for quality assurance in breast cancer screening and diagnosis « et ses suppléments.
Actuellement, le dépistage organisé et gratuit du cancer du sein en Wallonie s'adresse donc aux femmes âgées de 50 à 69 ans. Néanmoins, le risque de cancer du sein ne diminue pas à partir de 70 ans. Des études sont menées pour évaluer l’intérêt d’étendre ce dépistage jusqu’à 74 ans. Nous attendons leur conclusion, mais en tout état de cause, cette décision est du ressort des autorités fédérales. La Belgique, comme 5 autres pays (Espagne, France, Israël, Italie et Royaume-Uni) participent également au projet MyPeBS (My Personal Breast Screening) financé par l’Union européenne. Cette étude clinique internationale unique a pour but de comparer une stratégie de dépistage personnalisée en fonction du risque (basée sur le risque individuel de chaque femme de développer un cancer du sein dans les années à venir) au dépistage standard en vigueur chez des femmes volontaires âgées de 40 à 70 ans recrutées dans les 6 pays enrôlés. Les résultats sont attendus pour fin 2027.
Pour autant à ce jour au-delà de 70 ans, le dépistage n’est ni systématique ni gratuit, bien qu’il reste partiellement remboursé en cas de symptômes ou de demande médicale. Dès lors, les recommandations en termes de surveillance restent valables : observation et autopalpation mammaire en plus des visites régulières et annuelles chez le médecin ou le gynécologue. Dès qu’une différence est observée et/ou sentie au niveau des seins, il est conseillé d’en parler avec le médecin et de se faire contrôler. Une masse dans un sein peut être bénigne, mais elle peut aussi être un des (premiers) symptômes de cancer du sein. Ces symptômes sont les suivants : une boule (nodule) indolore dans le sein (dans environ 80 % des cas) ; une fossette dans la peau (rétraction de la peau) ou un mamelon rétracté ; une altération de la peau à proximité du mamelon (ressemblant à un eczéma) ; une tumeur sous l'aisselle ; un écoulement du mamelon.
La communication déployée actuellement s’adresse principalement à la population cible. Différentes campagnes d’initiatives privées permettent de couvrir des pans de communication non couverts à ce jour et portent sur la sensibilisation des femmes de 65 ans et plus à l’importance de poursuivre l’autosurveillance mammaire et à la détection précoce du cancer du sein. Elles sont sources d’inspiration pour les futures campagnes de communication qui devront être réalisées pour parvenir à atteindre les objectifs de prévention et de lutte contre le cancer du sein.